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LE VOYAGE HISTORIQUE DE LEIBNIZ

Leibniz paraît s'être préparé à ce voyage par des recherches dans différentes archives (1) que nous ne pouvons spécifier; nous savons seulement qu’il alla à Hambourg pour y voir les manuscrits de logicien Jung (2). Il y revit ‘sans doute Gudius, à qui il promit d’envoyer des inscriptions par un abbé d'Italie (3); peut-être dans ce voyage alla-t-il à Lunebourg avec un peintre de Haelmstædt,; qui l’'accompagna aussi à Wolfenbûttel, pour prendre les dessins de tableaux historiques destinés à son ouvrage (4).

Il aurait désiré faire un voyage fort étendu (5);

1. « Je suis à present fort occupé à l'Histoire de la S®e Maison de Bronsvic j'ay và plusieurs Archifs cet esté et je vay faire un tour dans la haute Allemagne pour y chercher quelques monumens ». Lettre à Arnauld,' 9 octobre 1687. GExr., Phil.,t. VII, p. 128.

2 « Si fortè proxima æstate Hamburgum... excurrere vacabit, postero vestra venia.. apographa quædam Jungiana inspicere ». Lettre à Vagetius, 10 janvier 1687. Sylloge, t. III, p. 79 (Durews, t. VI, p. 37). « J’ay esté à Hambourg, il y a quelques semaines ». Lettre à Fhévenot (corr., fol.19-20) s.d., mais de 1687, car Leibniz y parle de son prochain voyage en haute Allemagne.

3. Lettre à Placcius, s. d. (début de 1687). Sylloge, p. 80 (Durexs, p. 37).

4. «Il faudra bien des tailles douces pour l'ouvrage historique. Je m'imagine que les tableaux de la grande salle du chasteau seront aussi fort avancés. Le peintre de Helmstat qui avoit esté avec moy à Wolfenbuttel et Lunebourg, me satisfait fort ». Lettre à Platen s. d. (12 avril 1688). KLorp, t. V, p. 377. Sur son voyage à Wolfenbüttel, v. plus haut, p. 39, n. 1.

5. « J’aurois souhaité de pouvoir aller premierement par la Hollande et la France et puis retourner par Strasbourg et par la Souabe, Baviere, Autriche,

mais comme ce voyage était fait sur les ordres (1) et aux frais d’Ernest-Auguste et de George-Guillaume (2), qui ne paraissent pas avoir voulu y mettre une grossesomme (3), il dut se restreindre. L’instruction qu'avait reçue Leibniz se bornait, semble-t-il, à la haute Allemagne, où il devait rechercher des documents surtout sur l’histoire des Guelfes (4); peut-être s’étendait-elle jusqu’à la Bohême dont il aurait été voir les mines (5). Pour l’Autriche où il pensait faire des recherches à la bibliothèque impériale de Vienne (6), Leibniz comptait obtenir en route l’autorisation de s’y rendre (7). Comme il désirait beaucoup revoir la France, il espérait y passer en revenant (8) et faire accepter le fait accompli. En somme, il trouvait l’occa-

Boheme et Saxe, mais mon instruction ne me l’a point permis. » Letlre à Foucher, s.d.(1688). Ip., p. 492 et GEur., Phil.,t. 1, p.396(Foucnerpe CAREIL, Lettres, p. 63.)

1. « Car on m'en a donné l’ordre». Lettre à Thévenot citée plus haut, p. 62, 2. 2. Cf. plus haut, p. 43, n. 5.

2. C’est ce qui ressort, non seulement du fait que Leibniz était historio— graphe des deux princes, mais encore de la lettre à Bernstorff, ministre de la cour de Celle, citée plus loin. Cf. Mure, t. VII, p. 156-7.

3. « Or comme j’avois déjà receu 300 écus avant que de partir. » Lettre à un ministre, s. d. (après juin 169)). D&BNER, p. 173.

4. Lettre à Thévenot citée note 1. « Je suis maintenant sur le point de faire un voyage dans l’Allemawne supérieure qui m’occupera tout cet esté pour chercher des monumens servant à l’histoire de la sérénissime maison ». Lettre à Foucher, s. d. (milleu de 1687). FoucHer DE Careiz, t. V, p. 69, note; « In Germanicam superiorem abituro felix iter… apprecor. » Lettre de Pap-broch (corr., fol. 9-10). :

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