Rirren, t. II, p
4. V. pl. haut, p. 518, n. 4-5 et 627. Cf. : «je ne puis songer à vous sans me representer votre bonne humeur et les raisonnements qui vous la procurent ». Lettre de Louise de Zollern, 29 octobre 1705. FEDER, p. 475.
5. « Ceux qui sont d’humeur où se louer de la nature et de la fortune,et non pas à s’en plaindre, quand même ils ne seraient pas le mieux partagés, me paraissent préférables aux autres. Car, outre que ces plaintes sont mal fondées, c’est murmurer en effet contre les ordres de la Providence. Il ne faut pas estre facilement du nombre des mécontents, dans la république où l’on est,etilne le faut point être du tout dans la cité de Dieu, où l’onnele peutêtre qu'avec injustice ». Théodicée, $ 14. Geur., t. VI, p. 110. Cf. pl. bas, p. 708, n. 7. «Il est bon qu’on soit toujours de bonne humeur, et que la joye, plutôt que le chagrin, paroisse dans nos discours et dans nos ouvrages ». Lettre à Coste sur les œuvres du comte de Shaftesbury, 30 mai 1712, appendice. Ip., t. III, p. 433 (Durens, t. V, p. 40).
G. De la Vie heureuse, fin. In., t. VII, p. 81. FOUCHER DE CanreiL, Lettres, p. 242. Cf. « Le grand secret est de penser le moins qu’il est possible aux choses fâcheuses, en donnant d’autres occupations à son esprit». Lettre à Th. Burnet, 8/18 mai 4698. Ip.,t. III, p. 200 (DUTENS, LV, p'2#9).
7. « Il est seur que Dieu a fait le meilleur. Les petites raisons à l’encontre n’entrent point en ligne de compte quand il s’agit de l'harmonie universelle. Sans le péché, nous mêmes ne serions point. Il y aurait d’autres créatures... La perfection consiste dans l'harmonie, et souvent il faut "eculer pour mieux sauter; il faut aussi considerer que le mal n’est pas mal absolument, c’ost-
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originel font partie d’une série d'événements réalisant le meilleur des mondes possibles (1); les souffrances et les monstres même sont dans l’ordre (2). Leibniz à développé ces idées tout au long dans sa Théodicée, justification de Dieu contre Bayle, qui avait opposé l’existence du mal et de la souffrance à sa Providence et à sa toute-puissance (3) et l’on en trouve de nombreuses applications dans sa correspondance (4). En somme, suivant une formule répétée souvent dans un sens ironique, « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (5) ».
On trouve cependant plus d’un correctif à cet optimisme (6) et il est,en pratique, assez relatif. Tout en
à-dire à Diou ct à l'univers, mais à celuy qui le fait. » Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle, art. Pauliciens. Foucurr pe CaREtL, Lettres, p. 480: « Je tiens que lès mauxsont tousjours pour un plus grand bien et qu’on a toujours sujet d’applaudir au gouvernement du monde, quand on ale bonheur de bien comprendre ses mysteres ». Lettre à Sophie-Charlotte, 28 octobre 1699. Kcopp, t. X, p. 55; « Hominum errores divina providentia reguntur, ita ut sæpe mala jacta bene cadant ». Lettre à Rechenberg, 1708. Ip., t. I, DL.
1. « Tollantur.. difficultates de Prædestinatione et de Causa Mali, intelligi enim potést Deum non decernere, utrum Adamus peccaie debcat, sed utrum illa series rerum, cui inest Adamus, Cujus perfeéta notio individualis peccatum involvit, sit aliis nihilominus præferenda. » Specimien inventorum dé admirandis naturæ Generalis arcanis. GEur., t. VII, p. 311.
2. V. pl. haut, p. 676, n. 1 et De rerum originatione radieali, 23 novembre 1697. T4, p 306-7.
3. V. sur elle Rosser, p. 427-8: Dusoys-Remon», p. 387-8 de l’art. cité; Decvozvé, p. 333-5,
4. P. ex. il espérait qu'il sortirait du bien des querelles de Mabillon et del’abbé de Rancé (passages cités pl. haut, p. 643, n. 8),de Papebroch ct des Carmes (lettre à Chauvin), s. d. (avril-mai 1696). Srpin, p. 337.
5. VorraiRe, dans Candide ou l’optimisme. = Déjà Mme de Sévigné avait fait les mêmes oppositions à l’optimisme de Malebranche. SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. V, p. 371-2.
6. Dans la lettre à Jean Bernouillt du 24 mars 1699, il dit, non plus que le mal ést toujours un plus grand bien, mais : « Vulgatum illud, Non esse facienda mala, ut eveniant bona, falsum est, si nimis genéraliter accipias, Sæpe mala, sel damnosa, et facére ét pati ôpoñtet, Majort bont obtinendi vel mali vitandi causa». Com. Ep. Bern., t. I, p. 442 (GEHR., Math., t. IIL2, p. 575). Déjà, il avait dit dans le De rerum originatione radicali : « Hæc auterr quod de parte dximus quæ turbato esse possit salva harmonis in toto, non ita accipien- . dum est, ac si nulla partium ratio habeatur, aut quasi sufficeret, totum Mun- ” dum satis numeris esse absolutum, etsi fieri possit ut gcnus humanum miserum sit, nullaque in universo Justitiæ cura sit aut nostra ratio habeatur, quemadmodum quidam non satis recte de rerum sumtma judicantes opinantur. Nam sciendum est, uti in optime constituta republica curatur, ut singulis quapote bonum sit, ita nec universum satis perfectum fore nisi quantum, licet salva harmonia universali, singulis consulatur….. Atque hoc est
Groyant les hommes plutôt bons que mauvais, Leibniz reconnaît qu'ils sont au fond égoistes et jaloux les uns des autres (1). Aïlleurs, il est plus significatif encore. Il déclare très nettement que les hommes ne sont, en général, ni bons, ni mauvais: c’est ce qu'explique le petit nombre des grandes actions (2), comme des forfaits. À Bayle, qui prétendait « que l’homme est méchant et malheureux; qu’il y a partout des prisons et des hôpitaux; que l’histoire n’est qu'un recueil des erimes et des infortunes du genre humain», Leibniz répond qu’il y aincomparablement plus de bien que de mal dans la vie des hommes, comme il y a incomparablement plus de maisons que de prisons. A l'égard de la vertu et du vice il y règne une certaine médiocrité» et il ajoute que l’histoire doit faire estimer la veriu et fuir le vice (3). Nous l'avons déjà vu, dans les jugements, rejeter
de quo diceres retrocedi ut majore nisu facias in anteriora (qu’on recule pour mieux sauter). » GEuR., t. MEL p.307;
1. «Je crois que la plupart des hommessont plustôt bons que mauvais; mais qu'il y en’ a qui n’ont pas assez de lumieres, d’autres qui n’ont pas assez d’application ni de vigueur pour prendre des résolutions fermes, et ce qui est le pis, c’est qu'il y a si peu d'union et d'intelligence même entre les bien intentionnés, que l’un détruit ce que l’autre édifie. C’est une ambition secrète, voilée d’un: apparence de pieté, qui veut que chacun pretend ‘d’être seul eclairé, et par consequent veut maîtriser les autres. Nous ferions de plus grands progrès, si nous témoignions un peu pius de condescendance et de charité les uns pour les autres ». Suite de la lettre citée pl haut, p. 628, n. 2, à propos d’Antoinette Bourignon. Dans le Jugement cité pl haut, p. 705, n. 5, Leibniz remarque «qu'une amitié à l’épreuve est bien rare: et qu’elle doit être l’eff5t ou d’une grande et belle pession, ou d’une grande vertu, qui se rencontre en même temps en deux personnes…la veritable vertu doit être désintéressée, c'est-à-dire. qu’on doit être porté à trouver du plaisir dans l'exercice de la vertu et du dégoût dans celui du vice; et cela devrait êtrele but de l'éducation »: Durens, t. V, p. 40. Leibniz connaît et déplore les jalousies des savants. Lettre à Nicaise, 7 septembre 1696. GEun., t III, p. 558-9. — De même Fustel de Coulanges, si Optimiste en histoire (v. pl. haut, P. 518, n. 6), croit les hommes uniquement conduits par Pintérêt. GuirauD, art. cité, p. 107-8.
2. «On peut dire que les hommes ordinairement ne sont ni assez méchants, ni assez bons; et Machiavel a bien remarqué, que les deux extrémités sont également rares, ce qui fait que les grandes actions le sont aussi ». Plus loin il dit des Iroquois et des Hurons. « Ils ont montré par une conduite surprenante, que des Peuples entiers peuvent être sans Magistrats et sans querelles, et que par consequent les homme ne sont ni assez portés par leur bon naturel, ni assez forcés par leur méchanceté, à se pourvoir d’un Gouvernement et à renoncer à leur liberté ». Jugement cité ci-dessus. Cf. les textes donnés par Baruz p. 50-51, note 3 et ci-dessous, p. 711, n. 5.
3. Théodicée, $ 148. Geur., t. VI, p. 198. Après ce passage, vient: « Machiavel a déjà remarqué qu’il y a peu d'hommes fort méchants et fort bons, et
les extrêmes, l’adulation comme la satire (1); partout il essaie de donner un jugement moyen, éonforme à la raison et à la condition même de l’humanité (2).
De l’optimisme résulte la croyance au progrès (3). Le progrès est une conséquence de la loi de continuité et de la théorie de l’évolution (4). Leibniz a eu l’idée très nette « de progrès ou de réalisation d’un ordre moral par les voies mêmes de la nature (5) » Le bonheur, pour lui, « est une hiérarchie rationnelle des plaisirs (6)» ; il consiste dans un progrès continu (7). Ce progrès
que cela fait manquer bien de grandes entreprises. Je trouve que c’est un défaut des historiens qui s’attachent plus au mal qu’au bien ». Suit le passage cité pl. haut, p. 367, n. 7. — « Le mal n’est pas même si grand dans les hommes qu’on le débite : il n’y a que les gens d’un naturel malin, ou des gens devenus un peu misanthropes par les malheurs. qui trouvent de la méchanceté partout, et qui empoisonnent les meilleures actions par les interprétations qu’ils leur en donnent : je parle de ceux qui le font tout de bon, pour en tirer de mauvaises consequences, dont leur pratique est infectée; car il y en a qui ne le font que pour montrer leur pénétration. On a critiqué cela dans Tacite et c’est encore ce que M. Descartes... trouve à redire au livre de M. Hobbes de Cive ». Théod., $ 220. Gexr., t. VI, p. 229. Fénelon écrivait aussi à propos de Tacite : « Presque tous les hommes sont mediocres et superficiels pour le mal comme pour le bien. » Lettre à l’Académie, chap. vint.