V. pl. haut, p. 538-539, à propos des miracles
5. « Natura nihil facit frustra, natura agit per vias brevissimas, modo sint regulares. » BODEMANN, Handschriften, p. 89. Cf. pl. haut, p. 701-702.
6. Il écrivait, à propos de Mue d’Assebourg : « Or quoyque je croye que les visions qu’elle a, viennent de causes naturelles. cela n'empêche pas que Dieu ne se puisse servir de grâces et de bonnes pensées ». Lettre au landgrave Ernest. Rommez, t. II, p. 342. A propos de croix prodigieuses apparues sur des
vêtements, il écrit: « Non dubium est, hæc naturalibus causis contingere,
ut eclipses et cometas et quicquid prodigiorum miramur, neque minus recte tamen inde pii admonentur suspicere rerum autorem,qui cuncta ab æterno coordinavit, ut causæ naturales simul essent signa voluntatis suæ, neque enim quicquam temere fit, sed cuncta ad fines certos diriguntur ». Ann. Imp. 958, $ 8, t. III, p. 27.
7. CI s’ensuit de la perfection suprême de Dieu, qu’en produisant l'Univers il a choisi le meilleur plan possible, où il y ait la plus grande variété, avec
le plus grand ordre : le terrain, le lieu, le tems les mieux ménagés : le plus d’ef-.
fet produit par les voyes les plus simples : le plus de puissance, le plus de connoissance, le plus de bonheur et de bonté dans les créatures, que l'Univers en pouvoit admettre. Car tous les possibles tendant à l'existence dans l’en-
tendement de Dieu, à proportion de leurs perfections, le résultat de toutes |
ces prétentions doit être le Monde actuel le plus parfait qui soit possible. Et sans cela il ne seroit
allées plutôt ainsi qu’autrement. » Prince. de La nature ei de la grâce, $ 10. Du-
TENS, t. II, p. 36.
pas possible de rendre raison, pourquoi les choses sont
+ nie
de raison, elle a peut-être, comme la loi de continuité à laquelle elle est étroitement liée (1), une origine mathématique et logique, « la perfection du monde ayant (du moins à l’origine) un caractère purement intellectuel et rationnel (2) ». Peut-être s’est-elle développée chez Leibniz, sous l’influenee de son ami van Helmont (3). Par son caractère, il était, d’ailleurs, porté à tout prendre par le bon eôté (4) et cette attitude lui paraissait, non seulement la plus heureuse, mais encore la plus convenable (5). Pour sa part il édictait des règles de résignation et d’endurance (6), qu’il était sans doute le premier à suivre, dans une longue vie où il fut loin d’avoir une situation à la hauteur de son génie et des suceès conformes à ses espérances. Son optimisme est, d’ailleurs, en théorie complet et sans exception, et l'existence du mal n’y contredit point mais le renforce en quelque sorte (7). Adam et le péché
1. Sur leurs rapports, v. FOUCHER DE Careiz, Mém., t. I, p. 247-8.
2. Coururar, p. 131 et 237. Cf. « Possibilia sunt quæ non implicant contradictionem. Actualia sunt nihil aliud quam possibilia (omnibus comparatis) optima ». Lettre à Bernouilli, 14 janvier 1699. Com. ep. Bern., t. I, p. 438 (Geur., Math., t. III2, p. 574).