V. pl. haut, p
Le berceau de la race humaine est unique (1) : il paraît avoir été en Asie occidentale, sinon la Chaldée, du moins l’Arménie, ou la Colchide (2). De là les hommes se sont répandus sur toutes les parties du globe, principalement au centre de l’Asie (3) et leurs migrations ont dès lors eu lieu de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud (4), c’est-à-dire dans la direction et dans le voisinage du soleil : elles se sont faites d'abord par terre (5). Sorties de la grande Seythie, les races
40 pl haut p 74170.
2. « Huetius edidit libellum De vero situ Paradisi Terrestris, in quo satis probabiliter evincitsitum ejus fuisse paulo infra confluentem Tigris et Euphrates, et paulo supra novum communis alvei discidium, in duos ingentes ramos mare petentes, quorum unus sit Pison, alter Gihon, multaque pro more suo erudita inspergit. » Lettre à Magliabechi, 15 février 1692. Epistolæ, p. 36 (Durens, t.V, p. 97). Huet écrivait à Nicaise, le 12septembre 1692, qu’il avait envoyé son livre à Leibniz. Gxn., t. III, p. 5 note. « Je trouve … fort considérable... que la langue Arménienne, si différente de l’ Hébreu et de l’Arabe, est la langue du pays où sans doute Moyse a placé le Paradis terrestre; ce que j’ay conçu longtemps avant que Mr. Reland ait publié ce sentiment. Les gens du pays le Soutenaient déjà, au rapport des voyageurs; et rien, n’est si naturel que de dire que Pison et Phasis, tous deux aurifères, sont la même rivière ; et il est sûr que Gihon est un nom appellatif, attribué à plusieurs fleuves aux environs de la mer Caspienne, comme Araxe aussi dans d’autres langues. Si nous voulons faire Hebraïque la langue du lieu du Paradis terrestre, repeuplé par Noé, il faudra dire, que les peuples (Scythes peut-être) en ont chassé les Habitans ». Lettre à la Croze, 29 avril 1715. Korru., t. I, p. 437 (Dutens, t. V, p. 510). Sur les difficultés des origines bibliques, v. lettre à Ludolf, avril 1699 (Du- TENS, t. IV, part. 2, p. 210 et t. VI, part. 2, p. 80 et ci-dessous.
3. « De connexionibus populorum cum posteris Noachi, in sacra Scriptura memoratis, obscurior mihi disquisitio videtur, nec tamen aspernanda. Viciniores gentes Mosi potissimum ante oculos fuisse, etiam Bochartus agnovit. Girca fontes Tigridis,Euphratis, Phasis €t Araxis sacer Geneseos autor loca-: vit Caput rerum, unde in omnia propago regimenque. Hoc posito principio non abnuo, à septentrionali latere ex Mesopotamia in Scythiam, ex Scythia in Germaniam et Celtas, ducendam esse lineam coloniarum : dum alia nationum, ut sic dicam, arbor per Arabiam, Syriam et Ægyptum ramos extendit: Unde Phœnicii Ægyptiique maritima secuti, navigationibusquein ulteriora delati, tandem in Asia minore, Græcia et Italia, Scythis et Celtis terra interim diffusis, rursus occurrerunt. Ex quo jam mistura linguarum gentiumque in Latinis et Græcis; ubi non minûs Scythismus quàm Phœnicissatio apparet». Considerations sur la lettre de Pezron. Durens, t. VI, part. 2, p. 86.
4. « Vielen migrationes ex Septentrione in Asiam et Europam gangen.» Mémoire s.d. (1703 env.). Foucxer De Cargis, t. VII, p. 402. «In massen bekand und theils die heilige Scihrift, theils die histori und der augen— schein bezeiget, dass die meisten Migrationes von Osten nach Westen und von Norden nach Süden gangen ». Mémoire de 1713. In., p. 527-8 (Guer- RIER, Pp. 2492).
9. « Si ponamus, habitatores Europæ ex Oriente venisse, et primas migra-
du Nord ont peuplé la Germanie et la Grèce, la Gaule et l'Italie (1), puis les îles et presqu'iles du Nord (2), dont les dernières, comme l'Est de l'Europe, étaient déjà occupées par des peuples sortis directement de l’Asie, mais assez différents des premiers (3). En même temps, d’autres races d'hommes sortis du Sud se répandaient sur le pourtour occidental de l’Océan Indien, de la Mer Rouge et de la Méditerranée orientale (4), et y développaient la première elvilisation connue.
Celle-ci s’est, en effet, répandue d’abord de l'Est à l'Ouest (5). Sans parler des Chinois, qui forment un véritable monde à part (6), ce sont probablement les Indiens qui ont, les premiers, professé la doctrine de l’immortalité de l’âme et l’ont transmise ensuite aux Mages et £ux Egyptiens (7). Si les Sabéens, peuple de l'Arabie heureuse, sont les pères de l'astronomie (8), ils l'ont sans doute fait connaitre aux Chaldéens (9). Ceux-ci connaissaient l'écriture,
tiones terra juisse factas, credibile est primos Græciæ et Germaniæ habitatores ex Scythia venisse, et Gallos esse propaginem Germanorum. » Observations sur la lettre de Gehr. Meier du 5 février 1698. Dutens, p. VI, part. 2, p. 149. Cf. lettres à Chamberlayne, s. d. (avant 1715) et à Ludolf, 25 juillet 1692. Kp = D'M05 etipart 1, 0p- 1417