Consil. Ægypt., $ ir. Foucner pg Carnets, t. V, p
sirent encore par les croisades, expéditions qui s’accomplivent facilement parce qu’elles se firent par mer, comme la plupart des grandes chevauchées du moyen âge, notamment celles des Normands en Angleterre et en Sicile (1), mais qui échouèrent parce qu’elles ne visèrent pas assez tôt à la conquête de l'Egypte, la elé de l'Orient, et qui cesserent dès que saint Louis l’eut tenté (2).
Les croisades avaient été organisées par les Papes, « qui passoient pour les Chefs spirituels et les Empereurs ou Rois des Romains pour les chefs temporels » de la République chrétienne, « et les Empereurs en devoient estre comme les Generaux nés. C'était comme un droit des gens entre les Chrétiens latins durant quelques siècles, et les jurisconsultes raisonnoient sur ce pied là (3)».Ce droit provenait en particulier des Papes qui, dès le 1xe siècle, avec Nicolas Ier, réclamaient le droit de juger les rois et les Empereurs. « Grégoire VIT prétendit hautement un droit semblable et même plus grand sur l'Empereur Henri IV»: après lui Urbain IT « exerça celui de Directeur même du Temporel de l’Église universelle, quoique indirectement, en établissant les Expeditions d’outre-mer contre les infidèles(4) » et Innocent III plus encore, puisqu'il disposa en quelque sorte de la couronne impériale et qu’il se fit obéir du roi de France, le plus puissant de l’Europe (5).
Mais, depuis Grégoire VII, la lutte était engagée entre le Sacerdoce et l’Empire: ellese termina par la chute de celui-ci. Déjà, la condamnation de Henri le Lion avait amené le démembrement des Etats de l’Allemagne (6);
pendant le grand interrègne, « la nécessité obligea quelques