V. pl. haut, p. 643, n.8 ebI6EG en
10. « Germani, gens retinentissima libertatis, in humani oris Speciem assimilari deos, non ex Mmagnitudine cœlestium arbitrabantur. » « Observatu di- Snum est, et ex genio gentium, quod patres Nicæenses argumento ab imaginibus imperatorum utuntur, quas civitatibus et provineiis appropinquantes obvii
Cum luminibus et odoribus Populi, projectis corporibus, venerabantur. » Ann. Imp. 794, $ 39 et 40, t. I, p. 176-7.
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Ce sont les superstitions dont il était chargé, en même temps que les persécutions religieuses et l’absence de traduction arabe de la Bible qui ont permis à Mahomet de faire tant d’adeptes : l’islamisme est une sorte de réaction contre la Corruption du christianisme en Orient, son intolérance et son peu de fixité. S'il a, ailleurs, pris un développement si rapide et si considérable, e’est que c'était un déisme apparenté au judaïsme et au christianisme : il a pu ainsi triompher facilement du paganisme et maintenir les dogmes essentiels de la théologie en Asie et en Afrique où n'avait pu pénétrer le christianisme (1).
L'extension de l'empire arabe sur ces deux parties du monde montre toute la force que la religion peut inspirer aux âmes (2); cependant les califes électifs n’y commandèrent pas plus longtemps aux soldats que les prêtres des autres nations (3). Après la défaite de Poitiers, la puissance des Arabes ne cessa de décliner (4) et les chrétiens la rédui-
1. À propos du concile de Francfort, qui s’élève contre le culte des images, Leibniz écrit à Bossuet, le 29 mars 1693 : « Si on l’avoit fait de bonne heure, le Christianisme ne seroit point devenu méprisable dans l'Orient, où Mahomet n’auroit point prevalu. » Durens, t. I, p. 550. Cf. Baruzi, p. 323, note 2. «Je crains. que les persécutions horribles qu’on exerçoit contre les Chrétiens dans l’Empire Romain... n’ayent contribué beaucoup à peupler l’Arabie, et plus encor à affoiblir le Christianisme et à le rendre odieux dans les pays Orientaux; outre qu’il étoit déjà chargé de beaucoup de superstitions, et donnoït prise sur lui en bien des matieres, lors que Mahomet s’éleva pour établir une Religion qui approchoit assez de la Juive et ne s’éloignoit pas entiérement de quelques sectes Chrétiennes, ce qui lui fit avoir bientôt un grand nombre de sectateurs.... le Christianisme n’avoit peut être pas pris assez racine dans l’Arabie en ce tems-là parce qu’il n’y avoit point alors apparemment de traduction de la sainte Écriture en Arabe. » Lettre à la Croze, 2 décembre 1706. Korrx., t. I, p. 379-814 (Durens, t. V, p. 479-80). A la suite du passage sur Jésus-Christ cité pl. haut, p. 727, n.2, Leibniz dit : «Mahomet, depuis ne s’écarta point de ces grands dogmes de la théologie naturelle : ses sectateurs les répandirent même parmi les nations les plus reculées de l’Asie et de l’Afrique, où le christianisme n’avoit point été porté; et ils abolirent en bien des pays les superstitions païennes, contraires à la véritable doctrine de l’unité de Dieu, et de l’immortalité des âmes. »
2. « Neque unquam manifestius apperuit, quantum religio roboris animis inspirare possit. » Ann. Imp., 778, $ 2, t. I, p. 69.
3. « Vana spe posse effici, ut principes et homines militares sacerdotum aut togatorum imperio contineri se diu paterentur; quod nec magi Persarum, nec califæ Arabum, nec dairi Japonensium consequi potuere. » /d. 875,$ 18, Cp 20)