Unvorgr. Ged., $ 104. Durens, t. VI, part. 2, p
6. « On est redevable à la France d’avoir conservé la liberté de} Eglise contre l'infaillibilité des papes ; et sans cula je crois que la plus grande partie de l’Occident auroit déja subi le joug: mais elle achevera'd’obliger l’Eglise catholique en continuant dans cette fermeté necessaire contre les surprises ultramontaines qu’elle a montrée autrefois en s’opposant à la reception du concile de Trente... Elle est la plus propre à estre en cecy la mediatrice des nations et de concilier l'Italie avec l'Allemagne». Lettre à Mme de Brinon, 16 juillet 1696, KLor, t. VIT, p. 121-2. Cf. sa correspondance avec Bossuet.
ss PFLEIDERER, Leibniz als Verfasser, p.128-31 ; Leibniz als Patriot, passim, PAULSEN , t. I, p. 489-91.
Louis XIV (1); même, elle a pour elle l'avenir, puisqu’elle possède la prépondérance maritime (2). Bien plus, il est permis de penser que l'Allemagne, 6e pays aux nombreuses grandes villes libres (3), aux mœurs si honnêtes, dont la langue même se refuse à exprimer le mensonge (4) et dont la patience et la ténacité n’a d’égale que la bonne foi (5), sortira de sa torpeur ; déjà la Prusse a reçu la royauté (6). D'autre part les pays du Nord s'ouvrent à Ia civilisation : si la Suède tombe en décadence avee Charles XII (7), la Russié, avec Pierre le Grand, fait des progrès de géant (8); elle devient formidable. Toutefois il ne faudrait pas trop préjuger des défaites de la France, tant elle a pour elle de ressources (9) !
Que peut-on augurer de l’avenir? Il est difficile de le dégager. On peut bien augurer du xvrre siècle, où les progrès de la philosophie vont, se répandant dans tous les domaines (10), mais c’est là un avenir encore éloigné. A l’au-
4. Voir pl. haut, p. 701, n. 1. — Cependant Leibniz ne paraît pas avoir compris la portée de la Révolution de 1688; pour lui l’Angleterre a « de mauvaises loix ». Kzopp,t. VII, p. 121; cf. pl. haut, p. 468, n. 4.
2, Consil. Ægypt., passage cité et traduit par BARUZI, p. 37, n. 3.
3. « Galliam magna sui, imo maxima parte in Lutetia esse, Angliam in Londinis, in Germania tot liberis urbibus distincta, tot ditionum discriminibus intersecta, nusquàm omnia in unum velut alveum corrivari. » Boinebourg à Lambeck (brouillon de Leibniz corrigé par Boinebourg), 18 novembre 1669. Kzopp, t. I, p. 94%. Cf. pl. haut, p. 730, n. 10, pour les libertés germaniques.
4. Sur les aptitudes positives, scientifiques et philosophiques de la langue allemande, v. Destilo Nizolu, $ xitr. DUTENS, t. IV, p. 48; Plan zu tiner deutschliebenden Genossenschaft. Foucxer De Careiz, t. VII, p.389-92; Unvorgr. Ged., $ 9 et 11. Durens, t. VI, part. 2, p. 9 et 11. Leibniz avait coutume de dire que l'allemand «est la pierre de touche des vérités philosophiques ». Lettre à Chauvin, s. d. (avril-mai 1696). Srein, p. 340. Cf. Lévy-Brüuz, p. 24 et GRUGKER, p. 299-300.
5. Leibniz reconnaissait aux Allemands comme qualité principale l’application au travail, /aboriositas, Fleiss. BARTHOLOMESS, t, I, p. 62 et BLONNEL, Rev. untte de l’enseignt, 1891, t. I, p. 46.