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CONCLUSION

du xvine siècle et l’on peut s'étonner qu’il ait été si peu GOnnu Comme historien de ses Gontemporains et même de ses 6OMpatriotes en général. Il n’a attaché son nom, en dehors de ses grandes collections, ni à une rénovation de la méthode historique, ni à une application de cette méthode à une période donnée, ni à un ouvrage particulier d'histoire, ni même à une théorie historique, en dehors de l’origine des ducs. Il n'a pas fondé en histoire, comme en philosophie, une école. La faute en est à la fois à son temps, à la nature de son génie et à l'étendue de son œuvre inédite.

AU XVIIIe siècle, l'Allemagne parait avoir été incapable d’études historiques : c’est une époque de raison pure, qui se complait dans la philosophie de l’histoire, mais n’a pas laissé dans l’histoire proprement dite une œuvre véritable: D'ailleurs Leibniz, dont l'essence est en quelque sorte la généralité philosophique, devait, dans son siècle, influer Surtout par sa philosophie, dont son diseiple Wolf exagéra l'élément rationaliste. Il fut ainsi considéré, en bloe, comme un philosophe, et jusqu’à Kant resta pour l’Allemagne le philosophe par excellence : on oublia vite que, par profession, il avait été historien. Il a, de plus, porté la peine de son esprit encyclopédique : pour n'avoir pas su ou voulu appliquer la division du travail dans le domaine de la pensée, il s’est condamné à paraître mutilé devant la postérité (1). Enfin, la quantité d'ouvrages inédits qu’il a laissés rendait cette mutilation fatale. C’est en histoire s:wtout qu'il aurait pu dire qu’on ne pouvait le connaître par ceux de 5es ouvrages qui avaient paru (2), puisque les Annales Imperit devaient rester manuserites pendant plus d’un siècle : au moment où elles furent éditées, le mouvement historique auquel Leibniz eût pu présider était déjà trop avancé pour qu'il exerçât sur lui une influence considérable.

L'histoire des ouvrages historiques de Leibniz n’en est

1. LÉvy-BrünL, p. 26, a relevé de même que l’échec des tentatives politiques de Leibniz s’explique par le fait qu’il n’y a pas appliqué la loi de continuité.

2. Il écrivait : « Qui me non nisi editis novit, non novit ».

pas moins intéressante pour l’historiographie et l'étude des procédés qu'il y emploie utile pour la méthode historique. Si la philosophie peut vivifier L'histoire, peut-être l’application de la loi de continuité peut-elle servir la méthode historique, principalement dans l'étude des origines, dans la liaison des faits et dans l’établissement des hypothèses nécessaires pour les prolonger et les relier dans le temps et dans l’espace (1). Comme le disait le philosophe français qui s’est le plus réclamé de lui et de sa méthode, « Leibniz est un maitre que les plus indépendants peuvent avouer. Placé au sein de la révolution cartésienne, Leibniz domine et résume le passé, dont il possédait une connaissance et une intelligence profondes. C’est l’incarnation la plus complète qui ait encore paru sur la terre du génie de la spéculation et du génie de l’histoire (2). »

4. Nous en avons tenté une application dans la Mote rectificative et complémentaire sur l'origine de l’église et du village d’Arnaville. Bull. de la soc. d'archéolog. larraine, décembre 1906, p. 291-5.

9. V. Cousin, De la Métaphysique d’ Aristote. Paris, 1838, p. 115, cité par NourRISSON, p. 499.

Vu, le 28 Mars 1905, Le Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris, A. CROISET.

Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l'Académie de Parts, L, Lrarp.

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