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V. plus haut note

l'Allemagne sous forme d’annales (1); mais, comme c'était là un dessein long et difficile, le mieux était pour la nouvelle société d’imiter celle des Curieux de la Nature de Nuremberg (2), qui élaborait des systèmes et rassemblait des observations éparses. On pourrait, de même, soit écrire l’histoire d’une province ou d’un siècle, soit en réunir les matériaux, dont celui qui les recueille ne voit pas toujours toute la valeur. La seule chose à craindre était Île retard des communications par la haine ou la jalousie: c’est pourquoi on aurait besoin de l'autorité da l’Empereur et de la faveur des princes; mais il faudrait agir délibérément et négocier délicatement avec les cours, les villes, les églises et les monastères. Il serait bon aussi de publier la liste des futurs membres et des ouvrages qu'ils proposaient. Leibniz était prêt à contribuer à la fondation du Collège, en fournissant des documents inédits, mais s’en remettait à Ludolf pour l'exécution du projet (3). Un peu

1. « Mitto novam Propositionem Collegii Historici....Agnosces in ea prudentissiümum tuum consilium, ut quidem primarius hujus, collegii Annales Germanici essent ». Lettre de Ludolf (corr., fol., 3), 14/24 septembre 1688.

2. Naturæ Curiosorum Soctetas. V. son jugement sur elle dans Kzopp, t. Ï, p.141-2. Leibniz, qui l’avait probablement visitée pendant ses séjours à Nuremberg en 1666-1667 et 1687, y alla sûrement en 1700. V. plus loin, chap. VI. BarTHOLOMESs, Histoire philosophique de l Académie de Prusse depuis Leibniz, Paris 1850, a dit, t. I, p. xxr1-111, peut-être d’après Leibniz, que la société de Berlin la regarde « comme sa principale devancière ».

&. « ltaque repeto quod dixr, doctissimos naturæ curiosos, in parte imitandos videri. Duplex illis institutum fuit, condere elaborata systemata vel opera, et tamen præclaras quoque observationes interim miscellaneis voluminibus dare. Varia illi naturæ effecta speciesque inter collegas distribuerunt..…. Interim ne præclaræ multæ notitiæ perirent, quæ systemata hæc non commodè ingredi vel exspectare posse videbantur, placuit illis Ephemerides dare,;omnium frugi rerum Capaces. Quid vetat idem in historia institutum servari? Diuturnæ et morosæ operæ est, provinciæ alicujus aut sæculi historiam perfectam dare. Dum igitur collegæ in his erunt, liceat quotidie materiam publicare, ipsismet collegis, in progressu, totique reipublicae profuturam. Erunt enim quibus diplomata et chronica et fragmenta sint ad manus, quae aliis collegis lucem accendere possint; sed hoc non agnoscent semper, qui habent : ignari consequentiarum, quas alius instituere potest in argumento versatior, nec licet circummissitare ad omnes, nisi typorum beneficio. Mihi certè non raro contigit cognoscere in diplomatibus, quæ alit me oculatiores illic non viderunt. Unum vereor, ne publicato collegio, extranei sive invidia, sive suspicione quodam et morositate in communicandis monumentis tardiores fiant. ltaque Cæsaris auctoritate, fateor, et principum favore opus foret. Denique multa adhuc delibe-

plus tard, il demandait dans quelle ville siégerait le Collège (1).

Le plan de Leibniz était sage: malheureusement d’autres membres de la future société, Paullini en tête, s’empressèrent de recommander le nouveau collège à l'Empereur et de lui demander une subvention, qui fut naturellement refusée (2). Ludolf, sans l'avis duquel ils avaient agi, essaya de tout réparer par Leibniz, qu’il chargea de présenter à Léopold un nouveau projet de collège historique (3). La société aurait à sa tête un président et des directeurs, à raison d’un par cercle de l’Empire: on y écrirait en latin une histoire d'Allemagne sous forme d’annales, depuis l’origine des Germains jusqu’à l’époque contemporaine : les différents membres se partageraient la tâche, se critiqueraient et s’entr’aideraient mutuellement.On deman-

* dait pour elle le patronage de l'Empereur (4). Leibniz pria le bibliothécaire Nessel de soumettre ce

ratione opus est, ne. quemadmodum corvus Æsopicus cantando prædam amittamus. Velim igitur eos, qui hæc moliuntur, tuis omnia consiliis agere neque quidquam præcipitare, ubi cum delicatis hominibus in aulis, in rebuspublicis, in ecclesiis et monasteriis negotium est. Nec inutile erit discere, qui jam nomina dare sint parati; quae ab iis spes, qui apparatus. Ego libenter symbolum conferam. Habeo enim monumenta inedita non pauca. Erunt alii me instructiores. Sed consilia conferri, et plura quäm edita scheda comprehendi fas erat, de instituto bene animatis opus erit, quo intelligant, an in eo jam res sit, ut solida tanti ædificii fundamenta jaci possint. Itaque antequam certi quid concludatur, rogandi sunt, qui nomen dare volent, ut circa propositas leges conditionesque monita cogitataque scripto communicare velint. » Lettre à Ludolf,s. d. (fin 1688). Durews, t. VI, p. 90-91 (Foucer De CAREIL, EVIL: D479-88)

1. « Pervelin nosse, quo sit loco collegium Imperiale historicum. » Lettre au même, 30 août 1688. In., p. 13 (Durens, p. 92).

2. Lettre à Nessel, s. d. (après la lettre du 14/24 septembre 1688 citée plus haut). Kzopp, t. VI, p. 8.

3. « Interim de collegio hoc bene merendi nunc optimum occasionem habes, si Viennae non tantum judicia doctorum exquireres, sed et patronos ei acquireres. Im si vel ipse si vel etiam per alios intelligentes et auctoritate præditos Sacræ Majestati aperire et commendare velles, rem facturus esses cum summa gratiarum actione memorandum denique ubi ipse arbitraberis, quid è re collegi facturum sit, dum Viennæ adhuc subsisteres ». Lettre à Ludolf citée.

4. Propositio Imperialis Collegii Historici qua omnes sinceri et eruditi Germant, quorum id talentum est, ad conscribendos Patriæ annales, a primordio. gentis inter Collegas distribuendos officiose et amice rogantur et ineitantur. » Kzopp, t. V, p. 4-9.

nouveau plan à Léopold (1). II demanda le même sérvice au comte de Koœænigseck, prochancelier, en lui envoyant, pour attirer son attention sur l’usage secret qu’on pouvait faire du collège, un mémoire qui montre et sa souplesse diplomatique et les rapports qu’il établissait entre lhistoire et la politique. Guidé par des vues purement scientifiques, il avait donné le premier pas aux annales historiques d'Allemagne, qu’il voulait voir composer avec des fragments de textes contemporains, à la façon de Baronius (2), et Ludolf avait admis ce principe; dans son mémoire, au contraire, il s’attachait à montrer que la véritable importance du Collège historique consistait à rassembler des documents pour établir les droits de l'Empire (3). Il rappelait à la cour de Vienne, comme il avait fait jadis à celle de Hanovre, les recherches faites en France sur les droits de la couronne (4) et déclarait que, dans ses voyages, il avait toujours pris soin de réunir ce qui concernait les droits de l'Empire et de la maison d'Autriche (5). Il reprenait des idées déjà émises à Mayence à propos des Semestria (6), et, pour flatter l'Empereur, parlait d’une histoire de Léopold à écrire en latin, afin de la rendre immortelle (7). En même temps, il entretenait le comte de Strattmann, chancelier impérial, du soin qu'il avait mis en France à rassembler des documents sur les droits de l'Empire (8), de l’histoire

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