‹ Léo BurckartChapitre 10 sur 179 · PROLOGUE, SCÈNE I · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE I

DIANA

Homme injuste! Croyez-moi, les femmes n'oublient que ce qu'elles ont besoin d'oublier ! Depuis une semaine que je suis à Francfort, j'ai vu Marguerite tous les jours \ je l'ai retrouvée ce qu'elle était, ma meilleure amie; et quant à vous , qui avez les mêmes titres que moi à son affection , des souvenirs communs, des relations de famille plus rapprochées encore... je pense que vous ne lui avez donné nulle raison de réserve ou de froideur?. . .

FRANTZ

Oh ! jamais.

DIANA

Je viens de passer quatre ans en Angleterre , et depuis trois ans vous avez parcouru l'Italie 3 mais vous êtes resté à Francfort une année entière après mon départ... Vous vous êtes quittés sans regrets, sans larmes?...

FRANTZ

Sans larmes , mais non sans regrets ! J'avais le cœur serré, madame, je vous jure; et son père pleurait en embrassant un élève chéri , qu'il n'espérait plus revoir! Mais elle, pourquoi eût- elle versé des larmes? nous étions presque enfants tous les

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deux... et notre attachement n'était que de l'habitude. . *

DIANA

Mais Marguerite est bien changée, je vous en préviens ; à son âge , ces transformations-là se font vite ; ce n'est plus la même femme , en vérité : et moi-même , à la soirée d'un sénateur où nous nous sommes retrouvées d'abord, je ne l'ai reconnue que la dernière; et je me demandais un moment avant quelle était donc cette belle personne qui venait à moi. D'ailleurs, si votre cœur est paisible, je réponds aujourd'hui du sien. Celui qu'elle a épousé est un homme fort distingué ; noble de cœur, sinon de naissance , jeune encore , et qu'elle paraît aimer beaucoup. Quant à la position qu'il occupe dans le monde...

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