PROLOGUE, SCÈNE IL
MARGUERITE
Diana ! que tu es bonne d'être venue ! . . . Monsieur. . .
DIANA, à Frantz.
Quand je disais que vous auriez peine à vous reconnaître.
MARGUERITE
Frantz Lewald !
FRANTZ
Mademoiselle . . . madam e . . .
DIANA
Ne vois-tu pas que monsieur porte les cheveux longs, la barbe , tout le costume romanesque des frères de la Jeune Allemagne.
MARGUERITE
En effet; cela vous change beaucoup , monsieur Lewald. Mon Dieu, que mon père sera heureux de vous revoir , et combien mon mari nous remerciera de vous présenter à lui... Oh! il vous connaît par vos lettres déjà ! Il vous a jugé , monsieur. . .
FRANTZ
Vraiment?
58 LEO BURCKAKT .
Et je ne vous cacherai pas que c'est un juge sévère; mais sa sympathie vous est acquise d'avance. Léo est un homme grave, un esprit sérieux , qui aime l'enthousiasme dans les jeunes âmes, comme nous aimons, nous, la folle gaieté des enfants.
FRANTZ
Allons, vous allez me le faire trop vieux ; et me supposer trop jeune.
MARGUERITE
Je ne dis pas cela. Il a peu d'années de plus que vous ; mais c'est un philosophe , un politique profond; bien des gens ici l'admirent, moi, je Faime, voilà tout... Mais je ne vous parle que de moi, que de lui : pardon ; c'est aux voyageurs qu'il faut demander compte de leur vie, de leurs espérances, et surtout de leur oubli !
DIANA
Et pourtant nous voici près de toi. Mais n'est-ce que le temps et l'éloignement qui séparent les cœurs? nous sommes libres encore , et tu ne l'es plus : je ne puis me faire à cette pensée !
FRANTZ
Ah ! vous serez toujours son amie la plus chère ;