‹ Léo BurckartChapitre 132 sur 179 · ACTE III, SCÈNE ÎX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE ÎX

LÉO

Moi } ne plus t'aimer ; moi à qui tu viens de rendre le seul bonheur que j'aie eu depuis six mois : tiens, tous les rêves des hommes sont insensés... il n'y a que l'amour sur la terre , et Dieu dans le ciel !

MARGUERITE

Mais 3 qu'ai-je donc fait , pour mériter un pareil bonheur, juste en ce moment, juste à cette heure même? Mon Dieu, mon Dieu, je vous remercie! mon Dieu , vous avez eu pitié de moi ; m'ayant vue faible et chancelante , vous m'avez tendu la main et vous m'avez relevée!... Je suis à toi, Léo... Oh! je t'aime ! je t'aime ! . . .

Elle le serre dans ses bras. — On entend un chœur lointain. LÉO.

Écoute; n'as-tu pas entendu?...

Quoi?

LÉO

Une chanson lointaine... un chœur d'étudiants.

MARGUERITE

Qu'importe?

LÉO

Il faut que je te quitte, Marguerite.

MARGUERITE

Pour longtemps?

LÉO

Pour quelques heures seulement, je l'espère..

MARGUERITE

Où vas-tu ?

LÉO

Je ne sais pas... On me conduit.

MARGUERITE

Et qui cela ?

LÉO

Le chevalier Paulus , qui doit m'attendre.

Et tu ne peux te dispenser de sortir à cette heure ?

LÉO

Impossible.

MARGUERITE

Oh ! je t'accompagnerai...

LÉO

Oui, jusqu'à la porte du jardin.

II sonne ; un domestique entre.

MARGUERITE

Que veux-tu ?

Page 1