ACTE IV, SCÈNE V
PREMIER PARRAIN, le frappant du poignard.
Voilà pour le lâche!
Waldeck pousse un cri.
UN AUTRE , l'étranglant.
Voilà pour le traître !
Waldeck pousse un second cri et tombe.
TOUS
Vive l'Allemagne !
Les étudiants , qui étaient vêtus en soldats , se mêlent à cette acclamation : et serrent les mains de leurs camarades.
LE PRÉSIDENT
Prions Dieu !
Tous s'agenouillent. LE CHEVALIER, bas à Léo.
Vous voyez... c'était une épreuve.
LÉO, se levant.
De par le Ciel ! . . .
LE CHEVALIER , bas.
Arrêtez !
LÉO
Laissez-moi , cela ne peut se supporter.
LE CHEVALIER
Vous allez nous perdre.
LÉO
Un meurtre, monsieur ; un meurtre devant moi î . . .
LE CHEVALIER
Taisez-vous. Ici nous sommes égaux; si vous dites un mot de plus , je vous livre.
LÉO
Peu m'importe...
LE CHEVALIER
Et le prince est perdu.
LÉO
Je suis ici pour ou contre vous , à mon gré : silencieux, vous me trouverez fidèle; imprudent, non-seulement je vous abandonne, mais encore je vous dénonce, et je déclare à tous que je vous ai attiré ici dans un piège. Ah ! vous voyez bien que vous vous trompiez... ce ne sont point ici des jeux d'enfants !
LE PRÉSIDENT , enfonçant le poignard dans la table.
Devant ce poignard teint du sang du parjure \ et devant la croix dont il est l'image. . . jurons qu'ainsi mourra tout transfuge et tout lâche ; et remercions le ciel de nous avoir permis de donner cet exemple.
TOUS
Nous le jurons !
LE PRÉSIDENT
Et maintenant, qu'on porte ce corps sanglant