DIANA, MARGUERITE
MARGUERITE
Diana ! je tremble; tout ce qu'il nous a dit m'étonne et me consterne à la fois. Mon Dieu ! quel est donc ce souffle de révolte et de colère qui ébranle tous les esprits comme un vent d'orage?... Tiens ; pendant qu'il nous parlait , sa pensée s'unissait dans mon esprit à celle de mon mari , de Léo. Il a de même de certains moments d'exaltation qui m'effraient , des idées non moins étranges 1 Hélas ! qu'allons-nous devenir , nous autres pauvres femmes , qui ne comprenons rien à tout cela , au milieu de ces hommes préoccupés si tristement, à un âge où leurs pères ne pensaient qu'à l'amour et au bonheur?
DIANA
Rassure-toi , ma bonne Marguerite; Frantz est un enthousiaste , tu le sais bien. Ces sociétés dont il parle sont d'autant moins dangereuses, que presque tous les Allemands en font partie 5 car on ne sort pas d'une université sans avoir fait quelque