ACTE V, SCENE ï
LEO
Je suis encore ministre, je puis rester ministre si je veux ; mais, quoi que je fasse demain, ma signature de cette nuit est toujours une signature ministérielle. Voici un bon de 20,000 florins sur le trésor : c'est une fortune. J'en devrai parler au prince; son consentement n'est pas douteux. Vous avez rendu un immense service à l'état , quels qu'aient été les moyens employés. Je vous donne ce bon de 20,000 florins.
LE CHEVALIER
Quelle est la condition ?
LÉO
La voici. Quand les arrestations seront faites, vous aurez à faire, ainsi que moi, votre déclaration ou procès-verbal au cbef de la police du royaume touchant les crimes ou projets dont vous avez connaissance...
LE CHEVALIER
Oui, monseigneur.
Bien. Vous ne parlerez ni de ma présence à cette réunion, ni du projet d'attentat, qui ne concerne que moi.
LEO BURCKAHT.
LE CHEVALIER
? Monseigneur...
LÉO
Vous ferez ainsi. .. ni des papiers surpris chez moi. Vous laisserez tomber tout ce côté de la conspiration.
LE CHEVALIER
Vous le voulez...
LÉO
Je pense avoir ce droit. Si le prince trouvait la somme trop forte, ce billet sera une traite sur ma propre fortune*
LE CHEVALIER
Vous avez ma parole , monseigneur.
LÉO
Je n'ai pas fini. Je vais rentrer dans l'obscurité 7 monsieur; mais un homme qui a passé par le ministère, et qui le quitte comme je le fais, est toujours un homme puissant. Un homme de cœur qui résout une chose, et qui la veut jusqu'à la mort, peut toujours tout sur un autre homme, qui n'est pas le dernier des lâches. Eh bien! souvenez-vous qu'aucun des conspirateurs qui n'étaient pas masqués ne doit