ACTE V, SCÈNE IV
LÉO
Son nom ?
MARGUERITE
Ce n'est pas lui, soyez-en sûr... car il faut tout vous dire, n'est-ce pas ?
LÉO
Vous ne me direz pas son nom ? Tenez , peu m'importe à présent ! . . . un homme m'a volé chez moi ; un homme entre chez moi comme il veut... Retirezvous, madame! que cet homme puisse approcher ! . . .
MARGUERITE
Àhî monsieur! je me disais coupable; mais, si vous me comprenez ainsi, je vais vous jurer que je suis innocente... devant vous et devant Dieu.
LÉO
Mais vous ne voulez pas répondre î . . . J'ai vu un masque, et non un visage... j'ai entendu parler mon assassin , mais je ne sais pas son nom ; il me l'apprendra sans doute en me frappant ! . . . Qu'importe cela? (// se promène.) Faites-moi l'histoire de votre liaison avec cet homme ; un charmant jeune homme, n'est-ce pas?...
MARGUERITE
Léo , mon Dieu î
Vous n'êtes pas coupable... vous vous aimiez platoniquement. . . des vers , des billets , quelques phrases... un baiser bien fraternel! c'est tout, n'est-ce pas ? Oh ! ce n'est rien !
MARGUERITE
Assez, vous me tuez! Léo, ma tête s'égare! Je vais faire une chose odieuse, peut-être ! mais je vous aime... oh ! oui, je suis toujours votre femme pure et fidèle. Léo! l'homme qui est entré ici... c'était M. Frantz Lewald. . ,
LÉO
Je m'en doutais; ce Frantz s'est battu pour vous; il a été blessé pour vous.., dans ce duel... où j'ai fait, moi, arrêter votre champion...
MARGUERITE
Vous savez ? . . .
LÉO
Tout! une blessure, c'est intéressant, je conçois...
MARGUERITE
Léo ! plus un mot de cette affreuse raillerie , ou je meurs à vos yeux. Je vous parle fièrement, à présent!... Ecoutez-moi; depuis ce duel, j'ai revu