ACTE V, SCÈNE IV
M. Frantz, pour la première fois, à ce bal de la cour, où vous étiez... J'avais le cœur brisé de votre oubli, saignant de votre indifférence! Il m'a avoué, je crois , qu'il m'aimait; je n'ai pas bien entendu ; je ne sais ce que je lui ai dit... vous m'aviez blessée. . . je l'ai plaint , je crois. . . Frantz , un ancien ami. .. il courait à la mort; il m'a demandé une dernière entrevue dans mon oratoire, devant Dieu! Je pressentais un grand danger pour lui . . . comme pour vous... il devait m'expliquer tout...
LÉO
Eh bien! vous l'avez vu.
MARGUERITE
Un instant; vous veniez de partir... il m'a dit deux mots qui m'ont froissée. Oh! que je vous aimais en ce moment ; allez , mes pleurs étaient sincères. Il a fui, je n'ai pas compris... en me criant qu'il allait revenir.
LÉO
Cette nuit?
MARGUERITE
Oui , je crois. . . Léo ! je ne vous quitte pas. . . mais ne craignez rien. . . cela , c'est impossible.
LÉO
Qui vous dit que je craigne?... C'est bien... je
crois tout ce que vous me dites , c'est bien; je vous demande pardon de vous avoir si mal jugée... Non , il n'y a nul danger ; et puis , croyez- vous que je ne défendrais pas ma vie?... si; je vous aime assez pour cela... Non, M. Lewald n'est pas celui que nous soupçonnons... toutes ces coïncidences sont des hasards... rentrez... laissez-moi... tout est bien fermé ; et puis, je vous le dis, j'ai des armes.
MARGUERITE
Je veux rester!
Qui vous retient?
MARGUERITE , avec effusion.
Une insurmontable terreur !
LÉO. -
Rentrez chez vous... Ah! tu es pâle, tu chancèles... Pauvre femme! je t'ai bien fait du mal, j'ai été cruel. Tiens, tu te défendais, et j'étais le coupable!... Si longtemps seule... jamais un mot du cœur. . . sombre , préoccupé , je te cachais parfois ma présence ou mon retour... Oh! pardonnemoi, pauvre affligée, tout cela va changer...
MARGUERITE
Léo ! . . . tenez , je tremble. Cette politique qui vous éloignait de moi...