ACTE V, SCÈNE V
donne l'exemple,. alors il me dégage de tout devoir envers lui.
LÉO
Et alors?
FRANTZ
Et alors, monsieur... eh bien! c'est encore un duel , et un duel pour lequel il faut plus de courage que pour tout autre, croyez-moi; car, si l'on a devant soi un homme sans armes... on a derrière soi le bourreau , qui est armé !
LÉO
Eh bien ! moi, monsieur, je ne vous ferai pas arrêter, et je ne me battrai pas avec vous... Je ne vous ferai pas arrêter, parce que j'ai contre vous des motifs de haine personnelle... et je ne me battrai pas avec vous, parce que je ne me bats pas avec un homme qui est sorti d'ici comme un voleur , et qui y rentre comme un assassin !
FRANTZ
Monsieur 1 je vous ai dit que j'avais toujours un moyen de vous forcer à vous battre... eh bien! que ce ne soit plus un duel entre conspirateur et un homme d'état : un homme d'état ne se bat pas , je lésais... et la preuve, c'est qu'un jour la femme
d'un de ces hommes a été insultée, et que je me suis battu pour elle.
LEO
Vous voulez dire que je vous redois un duel. . .
À peu près.
LÉO
C'est juste; demain à midi, monsieur, je suis à vos ordres.
FRANTZ
>'on- maintenant...
LÉO
Je choisis l'heure et je suis dans mon droit. . . d'ici la t je ne m'appartiens pas , monsieur.
FRA3TZ
Vous voulez dire qu'il vous faut tout ce temps pour faire arrêter mes amis, pour vendre notre vie à vos confrères de Carlsbad... non! tout s'achèvera ici... voici un pistolet, tenez.
LÉO
Nous sommes seuls... ce n'est pas un duel, cela.
FRANTZ
C'est un combat ! . . . Moi , pour mon parti . vous, pour le vôtre ï