PROLOGUE, SCÈNE VIII
FRANTZ
Marguerite !
MARGUERITE
Entre votre venue et votre retour, il s'est passé des choses bien tristes!...
FRANTZ
Oui!
MARGUERITE
Vous savez...
FRANTZ
Je viens d'un lieu où des hommes du peuple se réunissent, mais où l'on sait tout en même temps qu'aux palais des princes. Votre mari, Léo Burckart, est le même homme que le publiciste Cornélius.
MARGUERITE
N'est-ce pas une chose dangereuse à dire ?
Tout le monde le sait aujourd'hui. Votre mari est condamné à vingt mille florins d'amende , à cinq années de prison.
MARGUERITE
Non, ce n'est pas lui qui est condamné, c'est le propriétaire du journal où il écrivait.
FRANTZ
J'ai bien dit : car votre mari est un honnête homme , et son devoir était tracé. Quand partezvous?
MARGUERITE
Je ne sais... demain..
FRANTZ
Sa marche sera un triomphe ; et le pays sera sou* levé peut-être avant son arrivée.
MARGUERITE
Que dites-vous ?
FRANTZ
Je dis... que cet homme est grand; ou du moins que le ciel lui a donné l'occasion de le paraître !
MARGUERITE
Oh! ce que vous m'apprenez là , Frantz, m'effraie... plus encore que tout le reste!
FRANTZ
Dites-lui...
Voulez-vous le voir lui-même?