‹ Léo BurckartChapitre 45 sur 179 · ACTE I, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE

DIEGO

Enfin , tu sers la tyrannie.

LE CHEVALIER

N'est-ce pas un de nos règlements? ne devonsnous pas accepter les places qui nous sont offertes, afin d'aider au besoin nos amis , et de nous... retourner dans l'occasion ?

DIEGO

C'est possible ; mais moi , ce n'est pas ma manière devoir. Je suis un pauvre diable; j'ai usé mes souliers et mes pieds encore plus souvent sur tous les chemins de la terre ; voyageur de la liberté ! . . . depuis deux ans seulement , j'ai couru toutes les universités d'Allemagne } pour transmettre la lumière de l'une à l'autre.... Mais, à chacun sa spécialité.... C'est bien.

LE CHEVALIER

Et aujourd'hui, tu te remets en route?

DIEGO

Non. Cette fois, je suis comme cet homme des légendes , derrière lequel marchait toute une forêt. L'Université vient ici en masse.

LE CHEVALIER

Àh ! ah ! c'est une révolte !

DIEGO

Non. C'est une folie , une équipée d'enfants ; l'avenir seul peut en faire quelque chose de présentable. Nous mettons la ville en rumeur pour venger la mort d'un chien , comme dans les Brigands, de Schiller , pure imitation ; mais pour des têtes allemandes...

LE CHEVALIER

Dis-moi tout.

DIEGO

Un jour...

LE CHEVALIER

Cela commence comme un conte.

DIEGO

Et cela deviendra peut-être de l'histoire , et de l'histoire sanglante.

J'écoute.

DIEGO

Tu sais que dans chaque université les étudiants élisent un roi.

LE CHEVALIER, avec affectation.

Partout de la servitude.

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