‹ Léo BurckartChapitre 78 sur 179 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

FLAMING

À quel ordre appartiens-tu, philosophe?

ROLLER

De quel titre faut-il te saluer , républicain ?

FRANTZ

Mon ordre , celui des frères de la liberté ; et mon nom est Frantz Lewald , toujours le même. Eh ! mon Dieu, pourquoi tant de surprise? n'est-ce pas une chose bien singulière que de me voir ici ! On m'a invité au palais , comme tout le monde , comme tout bourgeois honorable a droit de l'être . Fais demander un billet à ton oncle , Flaming; va mettre un habit, Roller; revenez tous deux, et le maître des cérémonies vous accueillera comme il va m'accueillir.

FLAMING

Frantz, nous te plaignons sincèrement. Au lieu d'aller avec eux, viens avec nous, je te le conseille. Au lieu de nous exciter à revêtir une livrée, quitte la tienne ! à moins qu'elle ne serve à cacher une résolution glorieuse, à moins que le bouffon ne recouvre le Brutus.

Adieu, frère. Je ne suis pas Romain, mais Aile-

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mand ; je n'étudie pas la liberté dans les livres , mais dans les faits. Les époques ne sont jamais semblables, et les moyens diffèrent aussi. Quand tout sera prêt, appelez-moi, faites-moi un signe, et vous me retrouverez courageux et fidèle. En attendant, laissez -moi marcher dans mes plaisirs et dans mes peines; je hais cet esprit de liberté farouche, qui méprise toute fantaisie , toute gaieté 9 tout amour!... qui foule aux pieds les fleurs, et qui se défend de toutes joies , comme s'il n'était pas impie de repousser les dons du ciel!... Ah! donnez-moi l'occasion de servir enfin notre patrie; mais délivrez-moi du tourment de haïr , de méditer des plans funestes ! faites qu'il n'y ait un jour qu'un bras à joindre aux vôtres 3 un grand coup à frapper au péril de ma vie , et si c'est aujourd'hui, si c'est tout à l'heure , eh bien , dites-le-moi, pour que je dépouille cet habit, et que je me mette à l'œuvre, le front levé et les mains nues!

FLAM1NG.

Non , Frantz ! non ! tu peux baisser le front encore en passant devant les altesses; tu peux offrir ta main gantée au maître des cérémonies, et tu n'en seras pas moins le bienvenu >urtant à faucher bientôt la moisson que nous avons semée. Nous lisons dans ton cœur, Frantz Lewald; ton cœur est

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