‹ Léo BurckartChapitre 87 sur 179 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

DIEGO

Qui m'a donné cela? celui qui veille pendant que le maître est endormi. En voilà, en voilà encore.

LE CHEVALIER

Mais tu as une somme. . .

DIEGO

Il y a là de quoi faire sauter la banque. . . si le jeu n'était pas défendu ! Infâmes tyrans , qui ont défendu le jeu : mais dans trois mois il n'y en aura plus de tyrans, je les abolis ! . . . j'ai là leur condamnation. Adieu , Paul us , il faut que je parte demain matin au point du jour!

LE CHEVALIER

Hé bien ! tu as le temps : écoute-moi ; à ta place r avant de supprimer les tyrans , je voudrais les voir de près. Veux-tu que je te présente aux tyrans?

DIEGO

Oui , pour les frapper dans leur fête !

LE CHEVALIER

Non, pour manger leurs glaces \ boire leur vin et gagner leur argent.

DIEGO

Gagner leur argent! On joue donc à la cour?

On ne joue plus que là , puisque le jeu est défendu ailleurs.

DIEGO

Oh! les despotes! Eh bien, oui, je veux gagner leur argent ; oui, je veux boire leur vin; oui, je veux manger leurs glaces ! Conduis-moi à eux.

LE CHEVALIER

Un instant. Diable, il faut changer de costume; viens chez moi, jeté prêterai un de mes habits. Tu ne parleras qu'espagnol ; mais tu mangeras , tu boiras et tu joueras comme un Allemand. Cela te convient-il?

DIEGO

Si cela me convient, pardieu!

LE CHEVALIER

Silence, quelqu'un s'approche, c'est le grandmaréchal; partons , qu'il ne te voie pas sous ce costume. Viens chez moi.

DIEGO

Tu es mon sauveur ! tu sers la liberté à ta manière , c'est bien...

Ite sortent.

Page 1