DIANA, MARGUERITE
DIANA
Eh bien! toujours triste?
MARGUERITE
Oh 1 ne comprends-tu pas , Diana , que cette vie m'est insupportable; constamment séparée de Léo , réduite à regretter le temps où je me plaignais de le
voir à peine ! Depuis trois mois , c'est au plus s'il m'a donné quelques jours, et le voilà absent encore depuis six semaines... Forcée de venir à ce bal, je fais ce que je puis pour remplir en tout mon devoir. Ma vie est attachée à des conventions que je respecte... et je regrette de n'avoir pas assez de religion pour les supporter sans souffrir !
DIANA
Mais ton mari revient, tu le sais; les conférences de Carlsbad sont achevées... tu vas le revoir tout glorieux de son triomphe.
Eh bien! sa présence, vois-tu, m'est souvent plus douloureuse encore que son éloignement ! . . . Àh! j'ai le cœur plein d'amertume et d'ennui!... Etais-je née pour devenir l'épouse d'un ministre? moi, pauvre femme, élevée dans la classe bourgeoise, et à qui l'on ne craint pas de le rappeler souvent!
DIANA
Que veux-tu dire? n'aimes-tu pas ton mari?... Je pensais que vous vous étiez unis par amour...
MARGUERITE
Ah ! Diana ! l'amour pour de telles natures n'est rien qu'un caprice , une fantaisie. . . Le mariage n'est que l'accomplissement d'un devoir envers la so-