ACTE II, SCÈNE VII
ciété ; et ne leur offre tout au plus qu'un repos passager à des ambitions plus dignes de les émouvoir. . . est-ce assez pour une femme, Diana? Et ne puis je regretter de n'avoir pas confié le soin de mon honneur à quelque esprit plus humble, et moins préoccupé du bonheur de tous?
DIANA
Prends garde , tu te condamnes en avouant que la foi manque à ton cœur... Ah! Marguerite!... la résignation est la plus grande vertu des femmes; c'est l'amour d'elles-mêmes qui les perd plus souvent encore que l'autre amour, et ceux qui les séduisent ne sont que les complices de leur orgueil. Il en est tant parmi nous qui trouveraient ta position digne d'envie ! Ce repos dans le devoir, cet honneur dans le sacrifice , n'est-ce pas la vraie couronne que Dieu réserve à notre carrière ! . . . Mais il y a des fronts qu'il a jugés indignes de la porter jamais!
MARGUERITE
On vient, Diana... rentrons.
LE MARÉCHAL
Mesdames, le prince est descendu dans les jardins, et s'étonnait tout à l'heure de ne point vous y rencontrer.
Il sort.
m LÉO BURCKART.
MARGUERITE
Nous sommes aux ordres de son altesse.
DIANA
Je l'aperçois qui passe dans cette allée... Ecoutemoi, Marguerite : j'ai besoin de parler au prince un instant; assieds -toi là , près de ces fleurs ; je te rejoins et te présenterai ensuite.
MARGUERITE
Tu vas me laisser seule?...
DIANA
Quelques minutes au plus; écoute, cela est grave, vraiment : mon frère est disgracié , et c'est ton mari qui lui a fait perdre ses emplois. . . Je vais parler au prince en sa faveur. Mais, tiens, voilà notre ami Frantz Lewald, qui voudra bien t'accompagner pour rentrer au palais.
Elle sort.
MARGUERITE
Un seul mot, madame, au nom de notre ancienne amitié.