‹ Léo (volume 2)Chapitre 109 sur 174 · LE DUEL · texte numérisé non relu

LE DUEL

— J'ai mes raisons pour l'être. Ce dénouement est excusé par une loi générale : la nécessité , et il est plus innocent je le répète que la moitié des luttes qui honorent deux rivaux ordinaires .

— Et vous auriez, dit le comte , des témoins, des sabres, des pistolets ?

— Des témoins ! à quoi bon? Les témoins sont invoqués comme une garantie de la bonne foi des adversaires ; mais ici c'est une précaution superflue . Mes témoins sont les peines que j'ai endurées, c'est la loyauté de ma cause. Vos seconds sont les accusations d'infamie que vous avez laissées planer sur ma tête. Quant aux armes dont vous parlez, elles sont ordinairement inégales . N'avez-vous pas remarqué qu'il y a toujours un des champions dont l'habileté froide ou le lâche sang-froid met le péril d'un seul côté? Moi, j'invoquerai des chances plus généreuses et plus décisives. Une épée peut blesser sans rien conclure, une balle défigurer sans apporter un dénouement : je ne veux point courir ce risque stérile

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