‹ Léo (volume 2)Chapitre 174 sur 174 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

vertu, et vous les subissez . Si je vivais, vous me reprocheriez...

— Jamais ! Périsse qui ne sait rien oublier. Le repentir vous rachète.

— Vous souffririez donc , et je vous verrais souffrir.

— Je vous estimerai, je vous aimerai , je vous aime.

Les assistans pleuraient . Ce poison, qui n'avait jamais pardonné , il torturait les entrailles de cette femme et lui livrait ses derniers assauts. Elle le secondait par des vœux. Je suis lente à mourir ! se reprochait -elle . Mais ne me plaignez point. Pourquoi rester sur votre terre quand on n'a plus rien à y demander ? Dieu est bon , il n'a fait qu'une consolation possible au malheur de n'être pas aimé : et il me l'envoie .

— Mais je t'aime , répétait Arnold avec des sanglots .

— Ma mère ! s'écria Léo, restez ; restez avec nous , toujours .

Eve entendit ce cri , ce vœu d'innocence angélique. Elle sentit que l'époux inspirait

382 LE MOHT aEMÈVRE.

l'enfant , et elle accueillit ces accens comme le gage d'une rémission éternelle. Rendre à la coupable en effet cette appellation si longtemps refusée , n'était-ce pas prononcer l'absoute? N'était-ce pas dire : Je te bénis ; mon cœur se voue à ta mémoire?

Alors elle chercha les mains inégales encore une fois , les réunit dans les siennes, et sa bouche s'illumina d'une douce expression de joie. ' '■ > ' •

— Il y ëur^ifri long instant de silence., et puis le prêtre :

— Allons ! dit-il en relevant Arnold : L'étrangère est partie , partez ! Son dernier sourire répondait au ciel entrouvert . Il vous reste à accomplir une tâche plus pénible : Allez vivre et souffrir.

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