CHAPITRE VIII
eux de la corruption à long tenue. La misère des basses classes, ajoutent ces malveillans, est un résultat de l'hérédité ! Enfin cette magistrature paraît antipathique à l'esprit dit national , pour avoir épargné son altesse le prince de Polignac, et fait justice autrefois de je ne sais quel rebelle, appelé...
— Le maréchal Ney, dit le confesseur.
— Peut-être.
— Mais la monarchie ne saurait se passeide vous, Messeigneurs. La pairie est sa sœur et son appui. Les mêmes conditions sont indispensables à toutes deux. Il faut bien couper court aux ambitions qui troubleraient l'État pour atteindre au sénat par l'élection, comme on a écarté tout prétendant à la couronne en cimentant la royauté dans une famille unique.
— Dieu veuille que vous ayez raison, fûtce un peu plus tard! dit l'ex-muet impérial. Je sais un député de la Gironde, M' G. (Gi-acchus ou Gracculus) qui prépare un amendement subtil pour rétablir les choses quand ils croiront les avoir détruites, en votant sur
l'ensemble de la loi. Nous reprendrons nos positions ébranlées, mon père. L'aristocratie continuera d'étayer l'Église, et...
— ... et vice versa, dit le prêtre.
— Nous transmettrons, acheva le comte dans l'élan d'un confiant enthousiasme, notre fortune et nos honneurs à nos chers enfans !
— A nos chers neveux , confirma le curé.
Mais une femme entrait alors dans le petit salon du presbytère.
— Daniel est enlevé ! mon fils est perdu ! On vole l'unique héritier de votre noblesse , et vous perdez la nuit à vous confesser?.
— Comment, volé? — ^Cela ne se peut pas Cela n'est pas possible. — Qui? Par où? — Pour quoi faire? — On n'oserait! — Qui commettrait ce sacrilège?
— Il est commis. Courez et envoyez courir sur toutes les routes; écrivez aux ministres, adressez-vous au roi et faites battre la caisse. Promettez cent mille écus de récompense !
— Ce serait le plus sûr , pensa le saint administrateur de la fabrique.