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CHAPITRE IZ

1" octobre.

A présent il est bien sûr que je vais être mère.

Si le comte ne m'épouse pas... il y aura entre nous un crime de plus.

8 octobre, à minuit.

La noce a été splendide ! nous avons été mariés à Saint-Thomas d'Aquin, et le roi a signé mon contrat de mariage.

Que d'équipages, de bruit, de monde et de faste : Quel raout! Je ne pourrai pas dormir, recueillons-nous : ma pauvre tête éclate de chagrins, et des accords de toute cette musique de bal.

La riche corbeille que j'ai là sous les yeux ! quel trousseau magnifique ! Je dis corbeille, c'est une locution vieillie el «in usage passé.

Les principales choses sont contenues dans un coffre de palissandre porté sur une longue table carrée. J'aurai plaisir à détailler tout cela à l'une de mes amies de pension , à ma meilleure camarade : elle en crèvera de dépit. Oh ! je lui en ferai la plus folle et la plus exacte description ; ce sera tout un inventaire et une lettre de dix pages ! Il ne faudra oublier ni tant de lingeries élégantes, ni les mouchoirs brodés, et des chemises tellement riches qu'aucune étoffe ne paraît digne de les couvrir. J'ai des velours, des moires, de transparentes baptistes, des taffetas à raies ombrées et chinées , des mantilles , une écharpe andalouse ; j'ai des corsets à la Josselin, gros denaples blanc piqué en soie amarante. J'ai des robes en foulard de toute espèce, des satins à larges reflets, des mousselines aériennes, des damas Louis XIV; cinq cachemires dont un noir est à palmes arlequines , un autre bleu de ciel à pagodes riches entrelacées d'oiseaux avec bouquets de fleurs aux quatre coins. J'ai un schall

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