‹ LéoChapitre 72 sur 157 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

miné toujours par sa politesse et son respect envers les dames.

— En ce cas , vous allez vous établir à Longpont pour la saison , Monsieur : chez madame Rolland, sans doute ? Je serais charmée que vous voulussiez bien venir nous montrer vos ouvrages. Je me déciderai peutêtre à faire faire mon portrait. Vous avez l'air valétudinaire , Monsieur : la campagne vour fera du bien, pourvu que vous trouviez quel ques soins dans votre petite pension bourgeoise. Monsieur, dans vos promenades n'oubliez pas, je vous prie, la Maison rouge ; nous aimons et nous protégeons les arts. La Maison rouge est là-bas cachée derrière ces peupliers suisses ; mais tout le monde vous l'indiquera. Tenez , ce bon homme particulièrement qui vient souvent se poser sous cette croix. C'est le mendiant de la contrée, vous le trouverez partout dans le pays.

Un soldat aveugle s'était assis en effet à quelques pas d'Arnold, ayant entre ses genoux un caniche tacheté, qui portait dans ses dents

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une écuelle de bois. Loi squ'eii s'éloignant la vieille dame passa devant le pauvre, le groom qui la suivait jeta un caillou dans la sébile.

— Je ne vous remercie pas ! dit en souriant l'ancien troupier dont l'oreille était fine et exercée.

Arnold fut choqué de cette espièglerie : elle lui fit préjuger mal de la Maison rouge. Il approcha du pauvre et remplaça la pierre par une assez généreuse aumône. Cette déception offerte à un malheureux avait fait pour lui allusion à son sort. Lui aussi avait espéré le bien, avait ouvert son ame à la confiance , et au lieu d'un trésor on lui avait jeté la dérision.

— Quelle est donc cette personne? demanda Arnold à son résigné voisin.

— Je la connais à peine, mon jeune monsieur, et je n'ai jamais bien retenu son nom de ci-devant, dit le bon homme; mais je sais que c'est la belle-mère à Giraud.

— Quel Giraud ? continua Arnold un peu surpris de la vulgarité de ce nom opposé à

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