‹ Léon BloyChapitre 17 sur 24 · a petite ville habit an i Danemark · texte numérisé non relu

a petite ville habit an i Danemark

la lettre à ' .

gue et Bloy a tout

eette Finlan- miniature qu'elle

merveilleuse. Il put i ipler la merveille d

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étudiait ; iiement à cette époque.

sans danois qui 'entendaient, l'av. i mé

<< le pr« >fesseur de chant

\ cinquante ir l'habi-

tation, il y avait une petite cabane à demi cachée par les branche» où, dés que vinrent les be.v jours. Léon Bloy s'installa pour travailler et ce fut dans ce pavillon rustique qu'il écrivit les premiers ehapitn

Le voisinage de Copenhague, on l'a vu. allait permettre à l'écrivain de devenir contérenc

Léon Bloy s'y prépara, dès le lendemain de son arrivée et le mois suivant, le 20 mars, une séance préliminaire intitulée Les funérailles du naturalisme, fut donnée au Sprogforening.

Bloy parla, le premier soir, devant un public assez nombreux, mais sa voix non assouplie et un peu trop grave, ne porta pas suffisamment. Il s'en rendit compte et rectifia sa manière, de telle sorte qu'il se fit applaudir aux conférences suivantes. Il y en eut deux autres, une sur Villiers de l'Isle- Adam et une sur Baudelaire.

De tout cela, il ne nous reste que le texte de la première publiée à Copenhague, à la librairie G. E. C. Gad. Elle forme une brochure de vingtquatre pages en comptant le titre — simple curiosité bibliographique amusante parce que le Léon Bloy deviné là est imprévu. On ne se figure pas aisément le mendiant ingrat prononçant des phrases comme celle-ci :

« ... Je tiens avant tout à vous remercier, à vous rendre grâces du fond du cœur, pour la peine que vous avez prise de venir en aussi grand nombre... »

Ou encore : « ... Les Danois ont en Europe, une excellente renommée. On vante, à peu près partout, leur douceur, leur politesse extrême et surtout l'étonnante culture de leur esprit... »

Mme Bloy n'ayant pas assisté à ces soirées littéraires, il est malheureusement impossible de reconstituer les deux conférences restées inédites.

En dehors de ses voyages à Copenhague, Léon Bloy se permit plusieurs excursions et l'une d'elles mérite d'être relatée.

Le prétexte de la promenade que firent, ce jour- là, Mme Bloy et son mari, était une visite à une parente, une cousine des Molbech, qui vivait avec sa fille d'adoption dans le coin retiré d'un bois.

Le mari de cette dame, artiste peintre, était mort depuis quelques années, non pas fou, mais

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du \ isiteur, in puits sans

margelle, un horrible trou n béant qui

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A l'intérieur de l'haï n, une salle a-

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un nombre incalculable jusqu'au plafond < laient •

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invariablement bleues, d'un ble

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mot, c'était une peinture de cauchemar qui augmentait l'impressi< m d'abattement ble qu'avait d< -nuée le j sa

femme reçurent, d'ailletu leur parente, un

accueil o»rdial ; la vieille dame leur expliqua comment elle vivait d'un petit emmerce de photogra; vint alors d'avoir rem

que on >n . un cadre rempli de

portraits sur la façade même de l'étrange demeure.

Quand, le soir de cette visite, Léon Bl encore bouleversé par ce qu'il avait vu, voulut, dans sa petite hutte, sous les sapins, le consigner dans son journal, il écrivit une pag :ite

qui devint bientôt un conte intitulé « La Maison du diable

Et lorsque, deux ans plus tard, il dut fournir au Gil Blas. régulièrement, des chroniques sur la

guerre de 1870-71, il n'eut qu'à situer son histoire dans le Maine et qu'à y ajouter trois uhlans pour en faire l'une des plus captivantes de Sueur de Sang. Pour ce qui est de l'exactitude de la description, il n'est pas impossible, aujourd'hui encore, de la vérifier. La maison du diable existe telle qu'elle était et son puits sans margelle et terrifiant achève toujours d'épouvanter de la brusquerie de son apparition, les promeneurs que les tristes bois ont antérieurement oppressés.

On voit sur la muraille extérieure de la bâtisse, des portraits-réclames, comme autrefois, car l'habitante du lieu continue le commerce de sa mère adoptive. Et il est probable que les murs de la salle à manger sont, comme jadis, garnis des effroyables toiles bleues du peintre inconnu, qui n'a, sans doute, autant produit d'horreurs que pour donner à l'auteur de Sueur de Sang l'occasion d'un chef-d'œuvre de plus.

La première fois que je vis Léon Bloy. ce fut à la gare de Lagny, en 1901.

Nous étions, depuis quelques mois, en correspondance suivie. J'habitais Tours; il demeurait à Lagny. Je l'avais prévenu de mon intention d'aller passer une journée avec lui. Il m'avait répondu comme il suit :

Cher ami,

Nous voilà tout joyeux, ma femme et moi, de votre promesse de venir. Car nous voulons que ce soit une promesse et nous vous attendons avec impatience.

Je serai à la gare. Vous me reconnaîtrez à ceci que j'aurai un livre rouge à la main...

A la gare de Lagny, Léon Bloy fut exact. Il était vêtu de gris, coiffé d'un feutre marron très dur qu'il avait beaucoup de mal à maintenir sur sa tête si absolument ronde qu'elle faisait inutile l'expérience du con formateur. Bloy avait dans sa main droite un livre de prière relié en chagrin rouge qu'il maintenait visible comme il était convenu.

Je l'abordai : <( Léon Bloy ? »

Il répondit : « René Martineau ? » Puis il

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augmentée par Barbey d'Aurevilly que cette • beaucoup.

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plus, je le ; -Irai. Mais si vous jue

huit ou dix. je SUIS tranquilR

Léon Bloy m'a race»: - choses longtemps

après n^tre première entrevue à Lagny. Ce jour- Là. il était plutôt taciturne.

Durant le trajet assez long, car il demeurait

(li Léon Bloy habitait, ainsi que Bar^ rue Rousselet.

loin de la gare, j'essayais de pénétrer ses pensées intimes. La lecture de ses livres et nos récentes correspondances m'y aidaient.

Evidemment Léon Bloy se disait: « En voilà encore un qui vient à moi! J'ai grande envie de lui donner mon cœur, mais j'ai tellement souffert de l'abandon d'un tas d'amis, que je n'ose et voudrais l'éprouver. Que pourrais-je d'ailleurs lui dire, sinon que je suis très malheureux!... »

Cependant, nous avions passé le pont sur la Marne et traversé la petite vallée qui sépare Pompone de Lagny, paysage laid et fade comme presque tous les paysages des environs de Paris.

Nous arrivâmes rue St-Laurent, rue banale s'il en fut; Léon Bloy demeurait au n° 9.

Il était le voisin d'un serrurier et une grosse clef dorée surmontait la porte du couloir qui servait de commune entrée à la maison.

L'appartement était petit, mais soigné. De la fenêtre d'une pièce qui lui servait de cabinet de travail, l'artiste pouvait apercevoir les arbres qui lui furent toute sa vie indispensables : « Sans la vue d'un jardin, me disait-il, mon âme périrait d'horreur », ou encore : (( J'ai deux passions, les arbres et l'imparfait du subjonctif. »

L'accueil que me fit Mme Bloy, rue Saint- Laurent, fut extrêmement cordial et Léon Bloy, à son foyer, devint plus expansif ; il me présenta ses enfants et, pendant le déjeuner, cet homme qu'on a si souvent accusé de sentiments exclusivement haineux me parla de quelques amis qu'il avait, avec tendresse et bonhomie. Le nom d'Alfred Vallette revint souvent sur ses lèvres à propos d'un prochain livre, V Exégèse des Lieux communs, qu'il disait devoir lui assurer un succès

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Léon Bloy, en me parlant de cette /:.. qui lui c<»ûta tant de travail, nomma quelq autour- qu'il admirait et je vi ur. ce

que j'ai si souvent constaté depuis, que l'homme était, chez Léon Bloy, infiniment moi: que l'écrivain.

Il me parla de Yilliers de l'Isle-Adam et d'Edgar Poë, avec enthousiasme.

Le premier de ces deux poètes lui était particulièrement cher et de tous les gens de lettres qu'il fréquenta aucun ne lui fut plus sympa-

thique. Léon Bloy a parlé de Villiers très souvent. D'abord dans les Histoires désobligeantes, où Lazare n'est autre que Villiers ; puis, dans La Femme pauvre où se trouve l'admirable portrait de Bohémond de l'Isle-de-France que Bloy peignit avec amour. Comme je lui disais mon admiration pour ce morceau capital : « Cela me fait beaucoup de plaisir, me répondit-il, que vous ayez vu cela. Pauvre Villiers ! Je l'avais si bien dans l'œil. »

La conversation de Léon Bloy était d'ailleurs exempte de banalités et de grossièretés. Toutes les petites histoires de clocher, tous les démêlés avec le propriétaire, l'épicier, le boulanger ou le curé qui occupaient une large place dans le journal de Léon Bloy au moment où je le vis à Lagny, en 1901, ne se pouvaient soupçonner en l'écoutant causer et, jusqu'au moment où parut Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne, j'ignorai tout de Mme Tuparle et de l'abbé Vignoble.

L'après-midi, Léon Bloy me lut quelques-uns de ses Lieux communs, puis me fit faire une promenade sur les bords de la Marne.

Sorti de chez lui, le réfractaire apparaissait de nouveau ; la laideur des villas aperçues sur notre chemin lui causait un écœurement contre lequel il ne réagissait pas. La contrainte lui devenait impossible devant toutes les expressions du goût moderne et, comme on était aux débuts de l'automobilisme, la rencontre d'une machine hideuse et bruyante l'exaspérait. Tantôt il baissait les yeux vers la terre et disait : « Ah ! mon Dieu ! » Tantôt il désignait de sa canne les figures ridiculement masquées des conducteurs et

d'un au!

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ment... vers dix heures et ci' Le lendemain matin, n de sept heures. Bloy m'avait attendu, car ha tuellement U était debout | heures et n

l'église avant la premier-

Je le vis suivre sa mi ur-là comme je

l'ai toujours VU depuis. Il avait un j>ctit h dont il s'aidait scruptileusemei nçant

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et le servant les prononçaient

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courte action de gi mit debout et me dit

très simplement: i quand

udrez. »

Quelques heures après, je quittais Lagny. Avant mon départ. Léon me combla de

dons, cherchant parmi ses livres et ses papiers ce qu'il savait devoir me plaire. Il me dédicaça a: sa photographie: « Léon Bloy à l'époque du Désespéré. Il parait que j'étais aussi beau que cela '

Et je me disais dans le wagon qui me ramenait à Paris: « Jusqu'ici, je ne vois guère les traces de son ingratitude

J'avais vu, en somme, un artiste fier, un croyant, un sincère qui ne voulait appartenir à aucun groupe, parce qu'il se sentait la force de penser et d'oeuvrer sans le secours des applaudissements payés.

Son foyer très sain le consolait des choses hideuses qu'il était obligé de supporter dans la rue.

Il considérait avec indifférence qu'il lui était permis de mendier, puisque les chefs-d'œuvre qu'il écrivait ne se vendaient pas. Comme chrétien, il s'honorait même de se trouver en pareille posture au milieu des adorateurs du veau d'or.

Cette indépendance, non seulement Léon Bloy l'a toujours gardée, mais il lui eût été impossible de s'en défaire. Elle faisait partie de son génie.

Depuis cette première visite que je lui fis à Lagny, je l'ai vu vieillir, j'ai vu augmenter sa lassitude des choses et ses colères même s'apaiser; mais jamais je ne l'ai vu laisser entamer, fût-ce d'un pouce, la liberté de ses jugements et de ses actes.

Ce qu'on a appelé ses « jugements faux » n'était que le résultat d'une indifférence superbe pour tout ce qui n'avait pas la force de le captiver.

Quant à son ingratitude, elle n'a été que la volonté bien arrêtée de ne pas payer un bienfait avec une concession. Il s'y ajoutait le plus souvent une autre volonté, non moins arrêtée que la première, de ne pas supporter qu'on l'ennuyât, surtout avec des discussions ou des considérations trop étrangères à ses idées que, d'ailleurs, il n'imposait en aucun cas.

En août 1901, trois mois après mon voyage

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pouvait, après un tra: le et de courte dur'

me dire le plus naturellement du monde avoi rt d'une manière al

On eût dit que le plus simple des événements

lieux lui mettait soudain devant les yeux comme la synthèse de toute qu'il

avait antérieurement endurées.

Toute sa personne al evenait menaçante

et l'outrance de Ba plainte ne se calmait qu'avec la reprise de ses habitude

Le lendemain de son arrivée au Pouligruen. Léon Bfoy organisa ses journées. sel<«n le programme qu'il avait coutume de suivre chez lui. Debout à cinq heures, il se dirigeait vers : un peu avant six heures, et :ait à trois

messes. Nous le rejoignions au moment de la

seconde messe, pour rentrer au chalet Saint-Roch un peu avant lui.

il revenait vers huit heures se présentait à la fenêtre de la salle à manger où il nous savait tous réunis et nous disait avec son meilleur sourire: (( Bonjour! »

Il renouvela cette entrée chaque matin, avec cette invariabilité dans les petits détails de la vie ordinaire qu'il ne fallait pas contrarier sous peine de le désoler ou de lui déplaire.

C'est ainsi que les villégiatures effrayaient Léon Bloy de leur imprévu et aussi de la rupture momentanée de ses habitudes quotidiennes.

Après le petit déjeuner, nous faisions une promenade dans les chemins les moins fréquentés.

L'après-midi, Bloy faisait une sieste d'une demi-heure, puis il se mettait au travail pour deux ou trois heures, après quoi il consentait à nous lire quelques pages inédites. La soirée s'achevait en causeries, à moins que Bloy ne fit une partie de dominos avec sa fille aînée.

Il a raconté dans son journal l'impression très douce que lui causa le voisinage de la petite chapelle de Sainte-Anne et de Saint-René à laquelle il a fait allusion dans la dédicace de YExégèse des Lieux communs.

Ceux qui voudraient chercher aujourd'hui les vestiges de cette villégiature devront se rendre à Pen-Château, espèce de faubourg du Pouliguen, situé dans la direction de la Grande- Côte. La chapelle de Sainte-Anne et de Saint- René, qu'on voyait autrefois de la mer, était déjà très entourée de bâtiments en 1901.

Aujourd'hui, elle est en bordure d'une véri-

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