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Le retour à Lagny, le 2<j août, fut triste, car les ressources de Léon Bloy étaient nulles et livre. Exégèse des Lieux Communs, s'achevait péniblement.
Il ne parut qu'au mois de juin de l'année suivant
J'ai déjà parlé de l'amertume que causait à Bloy l'insuccès de ses livres Jamais elle ne fut plus profonde et plus justifiée qu'à l'apparit de cette Exégèse que personne ne comprit comme elle méritait de l'être.
In le de trouver le pendant d'une
pareille œuvre à la fois tragique et amusante, quand elle n'est pas une merveille de psychologie.
Villiers de l'Isle-Adam et Ernest Hello, cités assez fréquemment par Léon Bloy dans YExégèse, peuvent lui être comparés quant à l'ironie.
Mais Hello n'écrit pas et ignore l'espèce d'insistance aristophanesque ou rabelaisienne qui fait rentrer ces tableaux divers dans un même cadre.
Villiers, plus léger, plus nerveux, plus improvisateur que Léon Bloy, reste assez souvent obscur.
Léon Bloy appuie davantage, imagine plus difficilement un conte, mais il est étonnant de clarté, malgré ses raffinements et la dispersion volontaire et continue de sa forme éclatante.
Il sait donner aux thèses les plus ordinaires, comme aux saugrenuités les plus infimes, une couleur littéraire inoubliable.
C'est à se demander si la constance de cette forme splendide n'est pas la cause unique et véritable de l'insuccès de YExégèse.
Il est dans tous les cas évident que cet insuccès fut complet et que l'auteur en souffrit beaucoup.
Sur l'exemplaire qu'il me donna, à côté de la belle dédicace imprimée, il ajouta ces seuls mots: « La Richesse, c'est Dieu le Père, La Pauvreté, c'est Jésus, La Misère, c'est l'Amour. » En même temps, il m'écrivait: « Ne me parlez plus de ce livre... ))
Lui, toutefois, m'en parla souvent et, lors de ma dernière visite à Lagny, en février 1904, il m'en parlait encore.
Léon Bloy n'habitait plus rue Saint-Laurent. Il avait loué un pavillon dans un jardin.
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cher l'expulsion immédiate. Il avait lu Le Mi diani ingrat et Bloy en avait conclu à une adm: ration inéluctable de ce brave garçon pour tout CC que l'auteur du Mendiant avait écrit.
— « Puisque n'avez pas 17:. . fit
•n Bloy, permettez-moi vie vous l'offrir, ça vous amusera beaucoup. Je vais vous lire, en attendant, un ou deux chapitres qui vous donnen >nt le b m du livre. » là Bloy ouvrit son exemplaire et 0 mmença sa lecture, placé bien en face de son auditeur attentif.
Jamais je ne pourrais oublier la stupéfaction qui se peignit, dès les première- phi -ur la
figure de l'officier ministériel.
Léon Bloy avait choisi le conte intitulé : La santé avant tout!
La stupéfaction se changea bientôt en stupeur lorsque Bloy arriva au dernier alinéa: » Apprenez, mes amis, que je n'ai jamais vendu que de
la ! » L'huissier se leva épouvanté et ne fut
vraiment rassuré que lorsqu'il nous vit, Mme Bloy et moi, riant franchement, autant de sa figure que de ce que nous entendions.
Bloy se mit à rire lui aussi, acheva sa lecture et répéta: (( Ça vous amusera beaucoup. »
Et je ne raconte pas cette anecdote pour la seule drôlerie de l'interlocuteur d'un grand artiste facilement déconcerté, mais pour dire l'amabilité, la bonté de Bloy envers un homme qu'il soupçonnait seulement d'admiration et de générosité envers lui, sa bonne humeur malgré l'angoisse qui le torturait.
En 1903, Léon Bloy étant encore à Lagny, parut: Les dernières Colonnes de V Eglise.
L'auteur de ce livre revient au pamphlet dont il semble avoir voulu rajeunir la forme. Ce ne sont plus, comme dans Le Désespéré ou Le Pal, des portraits vigoureux des personnages, mais des caricatures de leurs ouvrages, Léon Bloy choisissant comme exemples les morceaux ridicules et les passage faibles.
Le révérend P. Judas, écrit douze ans avant les autres chapitres, est certainement le meilleur de l'œuvre qui se termine par Le dernier poète catholique, critique hardie et curieuse où Léon Bloy a montré son enthousiasme pour le très grand et très singulier poète qu'est Jehan Rictus. Tout le monde a lu les Soliloques du Pauvre, livre poignant, d'une poésie intense, avec une abondance d'images très nouvelles à ravir l'auteur de La Femme Pauvre. Jehan Rictus parle
L • : '■ lu
plu . ' lit
par une lettre qui lut.