II
tu- pi Imirablc eut d'ailleurs p
ih.'it de qui l'ii ■ >n li\ •
il ne resl
ise amoureusement
Ainsi j'ai toujours vu Léon :ué
d'esprit tématique et de préju à
toutes les mai dons de la : fussent-
elles inattendues de lui.
Le i- avril 1904, Léon I famille
quittaient I. : venaient babil
Le mendiant il tvait passé quatre anr
sur les bord la Marne, années doulourei:
pendant lesquelles il s'était vu aband en
proie à une immei tigue.
Avant de publier le récit de ses d Lagny, il publia Mon Journal, qui est celui de souffrances en Danemark.
Mon journal, le seul livre de Blov qui. depuis Le R nr du Globe, ne fut pas dédicacé, fut
livré un peu bâtivement à l'éditeur. Le titre ne vaut rien et Léon Bloy l'a 11 «uvent regretté.
Je ne dirai rien des événement- ins
ce volume; ils sont tous antérieurs de plusieurs années à mes relations avec l'auteur.
En 1904. parut Quatre atis de Captivité à
chons-sur-Mame.
Un libraire de Lagny, M. Belle, fit composer une affiche Vient de paraître fort amusante et en couvrit les murailles de la région.
Il y était dit: « Cochons-sur-Marne, c'est Lagny », et c'était inexact.
Cochons voulait désigner Thorigny et Lagny réunis, et dans le journal de Léon Bloy, Thorigny devient Ceux d'en Haut et Lagny Ceux d'en Bas.
Dans ce volume comme dans les deux précédents du journal, il y a beaucoup de tristesses, mais aussi beaucoup de cocasseries. Pour ceux qui considèrent Léon Bloy tel qu'un écrivain amusant, Quatre ans de Captivité à Cochons-sur- Marne doit être le meilleur livre de Léon Bloy.
Le récit des tribulations de l'auteur est interrompu par des extraits d'articles et des brochures inédites.
C'est ainsi qu'on y trouve un poème en prose intitulé: Les Douze filles d'Eugène Grasset.
On a supposé depuis que Grasset avait été chargé par Léon Bloy, qui était son ami, d'illustrer son poème. Ce fut au contraire Léon Bloy qui s'inspira du calendrier composé par Grasset pour écrire les Douze Filles.
Il est regrettable qu'un éditeur ne se soit pas encore présenté pour réunir les Douze filles en un volume, avec le texte de Bloy en regard de chaque planche.
Eugène Grasset et Léon Bloy se connaissaient depuis le Chat Noir. Sans se fréquenter régulièrement, ils avaient conservé l'un pour l'autre des sentiments amicaux.
La première des Douze filles commence par ces mots : « Est-ce ma fosse que tu creuses ?.. s'il en est ainsi, hâte-toi... »
il lui Uu le
il i
■ V >i squ'il
11 b'cu a ntmarti rue
rardon, où il m ,ir demeurer ensuite tout p:
me de La Ban us les
dont h lient de paisibles cha-
Léon Bl être tro heurt nt-
martre, n> devait pas rencontrer l\ tilité qu'il avait endurée a Lagny.
I kans ce vieux coin de 1 3 hum'
s fournisseurs ont une habitude ancienne artistes et dele ur sont indu!.
Léon Bloy, qui n'avait à Lagny que des ennemis, devait trouver sur la butte quelq hommes pouvant le o «mprendre et admirv œuvre.
Le sculpteur Frédéric Brou et le pauvre André Dupont auront été les plus fidèles de Montmartrois qui voisinaient avec le mendiant ingrat, et Brou a fait un buste qui sera pour jours un des meilleurs portraits de Léon Bl
Une reproduction de ce portrait sert de tispice à Quatre ans de Cap à Cochons-s.
Manie, à côté dune sorte de prologue où Léon Bloy demande pardon aux cochons, à ceux-là qui marchent sur que tds, de les avoir assi-
milés à une catégorie d'à ni tu aux puants.
Le portrait et le prologue complètent ce livre étrange, fait du contact imprévu de la plus vulgaire des bourgades de province avec le moins banal des écrivains français.
Après avoir quitté Lagny, Léon Bloy et les siens vinrent habiter au n° 13 de la rue Girardon. Des difficultés sans intérêt les en chassèrent et au mois de février suivant, 1905, ils étaient rue de la Barre, dans un pavillon trop petit, mais situé agréablement.
Ce pavillon était littéralement enfoui sous la verdure; une allée sablée en faisait le tour et pour y arriver, il fallait suivre un sentier vert qui aboutissait d'un côté à la rue de la Barre et de l'autre descendait vers des terrains incultes. Plusieurs habitations, presque semblables, se suivaient le long du sentier; chacune d'elles avait sa petite barrière en bois surmontée d'une sonnette peu compliquée.
Rien de plus pittoresque que ce coin de Montmartre dont les arbres ont été récemment arrachés et que dépareront bientôt d'affreuses constructions modernes. Lorsqu'on sortait, à certains soirs d'hiver, d'une de ces maisons rustiques, les primitifs réverbères suspendus au milieu des arbres, secoués par le vent, donnaient l'illusion d'une colline peu explorée, à cent lieues au moins d'une ville.
L'aspect de la rue de la Barre ne diminuait
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mK rn «npail pai I
n haut du funii ou la grande rumeur «11- Paru et ses lui rappelaient la r<
Léon r<]"> . lorsque je le ai à Mont-
martre, me uvent la conduit ju'à cet
e qui la basilique de
l'entrée «lu funiculaire. Il un instant
gardant Paris et disait : « dans tout cela! El Coml
sont d< ris de douleur !
A peine installé but la hutte, il a- ntinué
ses travaux au milieu d'infinies trihul; comme par le p nais avec de réelle- la-
tions procurées par de nombreux ami>. Ceux-ci. en effet, souffraient de son éloignement, lorsqu'il était à Lagny et attendaient depuis longten. venue à Paris. Aux amitiés anciei. liaient
bientôt »indre des admirations nouvelles. La
réputation de Léon Bloy grandit à
partir de cette époque.
Je renvoie le lecteur à f Invendable, quatrième volume du journal de Bl il y verra les apparitions successives de George uault. de Georges Desvallières. de Jacques et de Ra:~
Maritain, d'Auguste Marguiller, de Ricardo Vines, de Pierre Termier, de Léon Bonhomme et du frère Dacien.
J'ai déjà nommé Frédéric Brou qui voisinait presque quotidiennement avec Léon Bloy.
Celui-ci, d'ailleurs, se rendait compte de l'espèce d'amélioration que ses derniers livres et sa venue à Paris avaient occasionnée sinon dans sa vie matérielle, du moins quant à sa notoriété d'artiste. Des personnalités du monde des Lettres, telles que Henry Houssaye ou Gustave Schlumberger, lui adressaient leurs ouvrages. Il m'écrivait, en 1906 : (( Depuis un an, à peu près, on dirait que tout va mieux... Je reçois de précieux témoignages en assez grand nombre et il y a lieu de croire à une réédition prochaine du Désespéré. Alors, il me sera peut-être donné de guérir les blessures que ma misère a faites à quelquesuns... »
Le plus extraordinaire de tous ces correspondants fut assurément le tchèque Joseph Florian qui avait entrepris de faire connaître Léon Bloy à sa patrie, en le traduisant.
(( Qu'est-il devenu à cette heure, le pauvre Josef ? » est une question que Léon Bloy se posa souvent au mois d'août 19 14 (1).
Antérieurement, de 1901 à 1910, Josef Florian nous écrivait à Bloy et à moi, des lettres touchantes et pittoresques, dans un français que Bloy qualifiait d'adorable et qui dénotait un sens artistique extrêmement développé.
On eut dit que ce Tchèque possédait au plus haut degré la science narrative, le style jusqu'à
(1) Je sais maintenant que Josef Florian est toujours vivant à Starà Rise. R. M.
t les «
Je "S des
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temps! ./ <y/r
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Ayant trouvé un exem] Ri m'empi jui
me répondit aussitôt :
(• que iuutais pas
ne prêtée ce livre, mai je
:! tendais pas! J
ette parole/ Je prierai p. ur ; Je
)i'ai rien pi>ur ; >na
pai: unique. Je laissai mon m
pr, sais h
vains je restais ne le pal dans le.
Alors, j'étais forcé de pleurer sou
'-.sable.
Et plus loin:
... J'habite un très petit village dans les ; de pins. Aucune "gs, grands
pâturages!...
Dans la pauvreté où il vivait, je ne pus jamais m'expliquer clairement ce qu'il faisait et comment il parvenait à mener à bien des traductions qui ne
devaient rien lui rapporter et qui toutes sont éditées magnifiquement.
Il m'écrivait encore :
Mes amis qui, comme les étoiles, de temps en temps se découvrent et disparaissent et tombent sous les horizons, me procurent des livres... Savoir où arracher millions de ducats, j'arracherais avec le secours du Ciel. Léon Bloy sait que je suis pauvre, mais il ne sait rien de ma misère infinie et je vous prie de ne pas lui en dire rien dans son état dangereux... Alors, je vous avoue ces choses sous sept cachets de votre silence... »
Une fois, il était resté longtemps sans m'écrire et reprit ainsi la correspondance:
Ne soyez pas fâcheux....!
Ses lettres, d'une splendide calligraphie, étaient écrites sur du beau papier et renfermées dans d'étonnantes enveloppes aux couleurs variées et couvertes par lui de bizarres dessins à la plume. Je l'en félicitai en lui demandant s'il était enlumineur. Il me répondit par cettre phrase brève: « Non enlumineur, peut-être rubricator. »
Il affectait une brièveté étrange et naïve aussitôt qu'il s'agissait d'affaires en dehors de la littérature et de l'art. Ce fut ainsi qu'il adressa à Léon Bloy le plus étrange télégramme que celui-ci avouait avoir reçu. Une personne riche de Moravie s'était enthousiasmée pour La Chevalière de la Mort, et Josef Florian avait espéré qu'elle pourrait venir en aide à Léon Bloy. Celui-ci se trouvant dans un moment extrêmement pénible et difficile, avait écrit en substance à Josef: « Dites-moi si la personne en question donne une réponse favorable. Dans le cas contraire, nous
le f> *i a
traduit
I n /< .lut
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MM XI I .. Le I la
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/(i plupart sont prête rit s aux hommes de bon
nient les lire
Je ne connais que le fr l l'en-
th< me puis i celui
Florian.
e bon frère des E rétiem enu
tar<l dans l'entourage de avait lu les li\
du maître lonj le le connaître et
comme - lui j>ermettaient pas de
acheter tous, il il prêter et U ait
entièrement.
Les livn ne le quittaient guère: il en
avait toujoui ux ou trois qui gonflaient
poches titane et si. parlai: auteur
préféré, il avait n d'une citation, on le
voyait sortir un volumineux cahier, appuyer lunettes rendes, et de sa bonne voix rude, lire du Lé >n Blov.
Sa méthode est la même depuis qu'il possède les livres qu'il n'a plus la peine de copier, il les porte toujours avec lui, mais je regrette quand je le vois un in-douze à la main, le geste touchant d'autrefois et les pauvres cahiers de classe couverts de son écriture régulière à l'encre bleue.
On ne saurait dire à quel point Bloy appréciait des amitiés et des admirations de ce genre.
Il dédia à Florian Belluaires et Porchers qui parut en 1905.
Ce livre dormait dans les tiroirs de Léon Bloy depuis de longues années. Il est formé de vingtquatre articles parus dans des revues et des journaux divers au temps où l'auteur était exclusivement journaliste et pamphlétaire. Léon Bloy y ajouta une introduction magnifique et le texte de deux brochures publiées antérieurement : (( Un brelan d'excommuniés et Ici on assassine les grands hommes.
Le retard apporté à la publication de Belluaires avait pour cause les refus successifs de plusieurs éditeurs qui craignaient de mécontenter les victimes du pamphlétaire, lequel s'attaquait à des réputations solides : les Goncourt, Alphonse Daudet, Paul Bourget, etc..
En 1905, le volume, proposé à l'éditeur Stock, fut accepté d'emblée et cet accueil indique bien l'espèce de transformation qui se faisait alors de la réputation de Bloy. Presque aussitôt après l'apparition de Belluaires... le (( Mercure », pour la même raison, demandait à Léon Bloy un livre de Pages choisies qui parut l'année suivante.
Le choix de ces pages fut fait par Léon Bloy lui-même qui y fit entrer tous ses ouvrages à l'exception des Propos d'un entrepreneur de démolitions à l'égard duquel il avait une espèce
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Pour en finir
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En cett< me ara publié dans la lie I<< >ux importa
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l'histoire du
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•.vent souhaité qu'un 1 -nantique
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que l'aventure letex I' et le rejme du
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vice de ses patientes recherches et vit t«>ut de suite ce qu'il pourrait y ajouter, lui. LéV.n B' dans un simple aperçu orné de citati étude en deux par ■: palpitante d'intér
Jamais su] èri rite des interpréta* -li-
gieuses de Léon Bloy n'aura été plus apparente que dans ces quelques pages.
Les deux articles réunis en une plaquette à couverture illustrée parurent chez l'éditeur Blaizot et, tout récemment, ce petit livre, augmenté d'une préface, a été réimprimé par la Maison Crès (i).
A la date du 31 août, je reviens à l'année 1906, on lit dans le journal de Léon Bloy :
« Lettre de Termier ; il nous attendra, le 7, à la gare de Grenoble, et nous donnera l'hospitalité de sa maison de campagne, avant notre pèlerinage. Josef F... nous donne rendez-vous sur la Montagne, le jour de l'Assomption. »
Ainsi, Josef, ayant appris le prochain pèlerinage de la famille Bloy à la Salette, partait du fond de la Moravie, accompagné d'un ami, un prêtre de son pays, pour rencontrer sur la sainte Montagne, celui qu'il admirait.
Je renvoie encore une fois le lecteur à Ylnvendablc. Léon Bloy me raconta depuis l'entrevue qui fut bizarre, Josef ayant décidé de contempler sans mot dire son grand ami.
— « C'est égal, me disait celui-ci, j'aime les gens silencieux, mais faire un pareil trajet pour me voir exclusivement et passer plusieurs jours avec moi sans que nous ayons pu échanger une pensée, voilà qui est au moins incompréhensible, sinon agaçant. »
Revenu à Paris, Léon Bloy prit immédiatement la détermination de commencer le livre sur
(1) Le titre a été changé. L'édition Crès est intitulée Constantinople et Byzance. — Lire dans le Mercure les deux articles de M. E. Bartelemy à propos de ce livre, Décembre 1908 et Mars 1918.
la
qu'il intitule
• mt d( ni lr
1 1 1 ^ " la
. ■ 11 «lut s'interrompi prise, pour
ndami i Avant son départ, il reçut la M \>
nac qui prit, la. tr. »is pi L'une d'ell< édition de Jr m'a la collectioi
qui 1 1 me donna a choisir 1 1 ■ phies et l'orna de i un o mtemporain et je n'ai iai
Léon Bloy km in appartement
dont la pièce priiu n atelier de peint
Je ne l'ai jamais \ u ai
maison tr l impraticable rtement •■
au premier i . y ac par un escal
roit Sur le palier, il y avait :ne
était la porte du I I l'autre cell< vater-
closet et comme e était au
aussi apparente que la prt • cela m-
nait p<>ur certa peu au courant, d
rettal)!- I. "atelier, immense, était pr de deux-
trois pièc vaient de cham
coucher et d'une petite cuisine. Lorsqu'il ne faisait ni trop chaud ni tr«>p froid, le se; .ns
la vaste salle n'était Me. m le
soleil d'été «lardait ses rayons sur le vitrage, al elle devenait intenable et on n'avait que l'unique de descendre dans une portion de
LEON BLOY A MONTMARTRE 6l
jardin d'où les arbres étaiuit absents et qui n'offrait pour cela qu'une fraîcheur relative.
L'hiver, l'atelier était d'un chauffage difficile. La pluie et même la neige passaient quelquefois au travers des interstices du châssis et tombaient sur le plancher. Bloy, réfugié entre son bureau et son poêle, y exprimait son dégoût des propriétaires.
J'avoue avoir passé d'heureux moments dans ce réduit misérable. La bonhomie de Léon Bloy, lorsqu'on pouvait le posséder dans l'intimité, était exquise. Lorsqu'il causait avec un ami éprouvé, comme il disait, il quittait son armure, se laissait aller à la joie de montrer toute son âme, satisfaisait sa passion d'aimer et sa soif de mêler ses impressions religieuses à tous les événements de sa vie. Il mettait à nu son cœur de contemplatif et l'homme indifférent qu'il était ailleurs, faisait place à un être tout en nuances, qui savait classer et percevoir les moindres délicatesses. Il jouissait de la pureté de son foyer, de la simplicité de mœurs très douce dont il avait su s'entourer. Son humeur n'était pas variable. Jamais je ne me suis dit en allant le visiter : « Comment vais-je le trouver, aujourd'hui ?» Et à partir de cette époque, 1907, je le voyais très souvent.
J'habitais Versailles et chaque semaine je faisais le voyage de Montmartre. A la descente du train, gare de l'Aima, je prenais le petit omnibus Place Saint-Pierre-Porte Rapp et, après une montée lente et attrayante, j'arrivais au funiculaire, puis rue Cortot.
Que Léon Bloy eut à me faire part de ses difficultés ou qu'il eut à m'annoncer une nouvelle heureuse, il me recevait toujours avec une simplicité affectueuse. Dans l'un ou l'autre cas, il était
i a dam
la mplatson, étant a la sa n
lui commandaient la randir et frapper le S il a été amusant as* pai • donnant tout r, il lui eût •
lier <i
ssairc le fréquente] que c«
bonne humeur avait d
-■ut pr<>v<xiu< iin. - par lui; Je n* l'une '.
qm lime cmble du chef-
Max hoob, .
Léon Bloy riait aux éclats, m'int' pour rire davai plus rien entendre, les
bras levés. L'ironie du livre lui plaisait infiniment.
Une autre 1 provoqua une lecture
Marc Twain et lui-même su va de n< •
f Intel en s'essayant, Bans y parvenir à gar-
der son sérietu plaisanter
étaient souvent faites du contraste de l'individualisme le plus outrancier avec les fa - pluordinaire
l'n jour qu'il arpentait le vaste atelier de la rue -t en : nt de façon inusitée, c- »mme
s'il avait voulu faire - :1er les murai!'
Mme Bloy lui dit : « Ne pourrais-tu : autrement. C'est effrayant et personne ne toi: de la sorte.
Bloy répondit : << Voudrais-tu pas que je t". à la manière des autres '
Il y eut pendant quelque temps, rue Cortot, une femme de journée qui s'appelait Elise et qui, fût-elle devant son fourneau ou appuyée sur le manche de son balai, affectait un imperturbable flegme.
J'entends encore Bloy, au moment où nous nous préparions à sortir, lui tenir ce petit discours : « Chère Mademoiselle, pendant mon absence, vous voudrez bien veiller plus que jamais à l'accomplissement de votre devoir... Et savezvous quel est votre devoir?... C'est d'empêcher l'entrée des malfaiteurs!!! )) Le mot malfaiteurs était rugi et pourtant Mlle Elise restait impassible. Alors, Bloy reprenait et cette fois sur un ton très doux:
Est-ce toi, chère Elise, ô jour trois, fois heureux Que béni soit le Ciel qui te rend à mes vœux....
Puis, constatant enfin l'inutilité de ses efforts, il se tournait vers moi en disant: « Elle s'en f... ! )) et m'entraînait vers la sortie.
C'est dans un de ces moments de badineries, au café de la place d'Anvers, qu'il me dit un jour :
« Dans le cas où vous voudriez faire ma biographie, je vais vous donner le moyen de causer à mes chers confrères une joie énorme. Vous direz que j'ai fait un plagiat de sept lignes... Oui, mon ami, les sept premières lignes du conte intitulé : Humiliation d'un sublime, dans Sueur de Sang, ne sont pas de moi (i).
(1) Voici les sept lignes en question :
Mais regarde donc ton jeu, bougre d'âne, t'as la révolution dedans quinte mangeuse portant son point, dans l'herbe à la vache; quinze et cinq, vingt; trois bor-
\ - ne
qui m'admirent pourri
pu
premi< byssim
Je profitai (I- nl'uleii r lui <]• i
« vous prétendez, dans VAbyssit tte
histoire
vraiment connu le guerrier pâle et r au
jeune fille — Oui, me dît-il, je l'ai connu. Il r
•nnait pn pu r d'où il venait, qui il était et ce qu'il
itit après la guem :t que ait
rigoureil lement. c'était un
fantassin comme m me. J'ai imaginé le
cheval.
gnes. vingt-trois ; trois bœufs, ving tierce major
dans les vitriers, vingt-neuf; trois colombes, quatrevingt-douze; et joue An un de la république, quatrevingt-treize. Mon pauvre Auguste t'es passé au gabarit. ...»
il> Denis Poulot : Le sublime — 1872 — Paris. Librairie internationale.
Mon Abyssinien prétendu avait a peu près le visage d'une très belle fille infiniment voluptueuse et aussi dénuée de courage qu'on peut l'être sous le soleil. .
iSueur de sang) p. 24 de la 2e éd. — Crès 1914
Nous étions parfois interrompus dans nos causeries ou nos lectures par l'arrivée de visiteurs habitués ou non. Le sculpteur Frédéric Brou était celui que je voyais le plus fréquemment. Il avait un atelier rue Tourlaque et il ne se passait guère de jours sans qu'il montât chez Bloy ou sans que Bloy descendît chez Brou. Ils se connaissaient depuis quelques années. Rictus avait présenté Brou chez Léon Bloy.
Celui-ci avait été très spontanément séduit par l'artiste, dont le physique et le caractère étaient bien faits pour impressionner Bloy.
Frédéric Brou a les traits du visage pareils à ceux de Baudelaire; il est de haute taille. Autrefois sous-officier dans la marine de guerre, il a gardé dans sa démarche comme un souvenir de son .premier métier. Il parle d'une voix grave, sans rudesse, sourit volontiers, rirait souvent si la vie était moins amère. Il habite, avec sa femme et sa fille, dans son atelier de la rue Tourlaque où il s'est construit une soupente et un escalier qui aboutit à la soupente. Car Brou est architecte autant qu'il est sculpteur.
Il est aussi peintre, mécanicien, brocanteur, professeur, luthier, médecin, astronome, nouvelliste et un peu sorcier.
Son atelier est meublé avec goût, garni d'objets exquis, vieilles épées, vieilles images, verreries rares et tableaux de toutes sortes. Au-dessus du piano, il y a une figure coloriée d'Henri Cros, spécimen magnifique de cet Art singulier et charmant.
Léon Bloy vint souvent s'asseoir dans cet atelier; il m'y conduisit un soir d'hiver. Une grande lampe à abat- jour, suspendue à quelques
iait sa lueur
connu
1 <>UJ
— < )h ! m -M ai de la littérature! \ du
m'entendre. \ i quelle fut i
Après un busl tre* ré
Brou entreprit un motnii i Villiers de Adam dont on a bea rlé au
il fut exposé au Salon des Ai es
Ln comité tu; né dont je n pas les déb Deux cl. n ritent
retenues: la brochure publiée par I l'unique réunion du
Celui-ci avait insisté auprès des membres du
mité qu'il connaissait particulièrement, de ne
pas manquer cette réunion urgent raî-
ns qu'il serait trop long ici. Il y
avait environ une vingtaine de personne -mi
quelles Léon Dierx, Camille Mauclair, G. de
Malherbe, E. de kougem te...
\)r nt le ■ ait très délicat, s'en tira
de la manière la plus heureuse. Blov fut terrible. Jamais je ne le .nt comme il
fut ce jour-là.
Il arriva parmi les derniers, souhaita le bonjour aux quelques amis qu'il avait. pui< Rr plaçai ant lui Léon Dierx. dit très douce-
ment: « l 'eut-être vous connaissez-vous déjà Léon Rlov. Léon Dierx... >>
L'auteur de - sourit et tendant
très franchement sa main droite : (( Bonjour, Léon Bloy, fit-il.
Alors Bloy, baissant vers le sol sa tête blanche et farouche, comme s'il eut voulu s'esseuler à tout prix, ne saisit pas la main tendue vers lui, articula nettement: « Bonjour, monsieur! » puis tourna le dos.
Une heure après, nous étions ensemble dans un café de la rue Lepic et je lui rappelais l'attitude qu'il avait eue : « Oui, me répondit-il, Dierx est un bon homme, j'en suis persuadé, et je crois, quoique son œuvre me soit indifférente, qu'il est aussi un poète de talent. Mais pourquoi voulezvous que je connaisse Dierx? Il offre chaque jour cette même main qu'il m'a tendue.... à Mendès!... à X... ou à Z... Ça le regarde, mais cette même main n'est pas pour Léon Bloy »
Quant à la brochure que Bloy publia pour favoriser les souscriptions au monument et qui parut en 1907, chez Blaizot, avec, en frontispice, une reproduction de la maquette, elle est parfaite et fut trouvée telle par tous les amis de Villiers et de son œuvre.
Cette plaquette, élégante et devenue rare, aura été le dernier témoignage de l'admiration persistante de Léon Bloy pour Tribulat Bonhomet et l'Eve future.
Cependant, Celle qui pleure, livre commencé dès le retour du pèlerinage de Léon Bloy à la Salette, interrompu par le déménagement et la brochure sur Villiers, fut achevé dans le courant de l'année 1907.
Il y avait trente ans que Léon Bloy avait été initié aux révélations de la Salette par un vieux prêtre qui repose aujourd'hui dans le petit cimetière de la Sainte-Montagne, face à la basilique.
I tepu
l'App :t pa»
flétrir
'lu
Je renv< ir qui
Luirait apj gin "importance qu'el!- et dan- les
de Léon Bl Pour lui. tO particul
néraux, tournaient autour «le la i sance
ou de la méconnaissance
inspira jusqu dcnn<
Dans les Méditations d'un Solitaire
qui fut ion ultime publication! il revient plu-
urs fois aux prédictions de la Vierge de la
lette, faisant allusion au passage du Secret
qui contient CCS D aura une
guerre générale qui -era épouvantable....
Tout en étudiant 1< ibreux documents
qu'on mil :r écr:: jui
pleure, il eut comme une ré- n de ce qu'avait
été Mélanie, bergère <:■ ^alette.
II savait, depuis longtemps, que c'était une âme pieuse et qu'elle av; ar un clergé orgueilleux et désobéissant, mais il ignorait qu'elle fut une sainte et que. dai> ta vie surnaturelle, le miracle de la Salette n'était qu'un épisode. Léon Bloy apprit ces choses avec autant de i<'ie que de curiosité et projeta aussitôt une l'ie de Mélanie, qui parut quelques années plus tard.
En attendant, ayant terminé Celle qui pleure, il lui fallait trouver un éditeur. Il le chercha dans
le monde catholique et il va sans dire qu'il ne l'y découvrit pas, aucun de ceux auxquels il confia son manuscrit, ne se souciant de propager les révélations historiques de ce contempteur des évêques français.
C'est alors que M. Termier, qui devait être le dédicataire du livre, dit à Léon Bloy: <( Trouvez seulement un imprimeur et je payerai les frais d'édition ». Léon Bloy lui écrivit presque aussitôt :
« ... 77 a plu à la grande Reine de vous choisir, vous, Termier, pour être l'excitateur et le confortateur de son très petit prophète. A cela vous ajoutez de votre plein gré le buccin des anges. On ne peut que vous féliciter amoureusement... »
Puis, il se procura un imprimeur et l'ouvrage, porté ensuite au Mercure, qui l'accepta, parut en juin 1908. Son succès fut restreint, comme celui de tous les autres livres du même auteur, mais le but que celui-ci s'était proposé, n'en fut pas moins atteint.
Dans les milieux religieux, l'histoire du miracle de la Salette fit des progrès rapides. Ceux qui se figuraient le fameux secret enterré définitivement sous une colonne de silence, furent obligés de se déclarer ouvertement pour ou contre.
Quelques-uns en comprirent l'importance et Mélanie ne fut plus seulement la petite voyante de la Salette, mais une sainte investie de par un ordre surnaturel, d'une mission divine. Ces révélations, ai-je besoin de le dire, ne pouvaient s'adresser qu'à un tout petit nombre de lecteurs; combien de fois n'ai-je pas entendu Léon Bloy
-r<.j^^ «le son livre, sa tristesse du nu >nde m • il, ne - >se
qu
— il \;
• lu i'ar.v
deux paa de n«»u
tout à llieui
atre cl. leur \
intolérable de ; en avait peut-être
un pour <jin le nom d ne fut une occa-
n de mépi
(u il causait <le la !
dérée surnatureUement, il ne dogmatisait aucune façon, il était humble.
« X- 118 flam-
beaux magnifiques pour n les
ténèbres, mais quel!
C'est à Mme Bloy qu'il fit un jour cette réponse où parait a soif jamais apaisée
des choses myst
— uelle sera ton impr ndaitelle. quand tu vtp enir la mort
— (< Une immense curiosité! »> répondit-il. lui considérant Léon Bloy sous cet aspect,
il devient un cas unique.
Je sais que des hommes, en assez ^rand nombre et dans tous les temps, ont méprisé la vie présente et placé tous leurs désirs dai spérance inébranlable d'une béatitude future: mais je ne crois pas qu'un seul de a ait
poussé ce sentiment aussi l«>in que Léon Bloy et surtout dans des condità étrange es
hommes, en effet, ont pu soutenir des luttes opiniâtre-, se sentir cruellement menacés, outragi persécutés, ils ne s'étaient pas créé, comme à
LÉON BLOY A MONTMARTRE Jl
plaisir, un cadre à leur souffrance qui fut en contradiction constante avec cette souffrance même.
Léon Bloy était un artiste, un être fait pour charmer les autres hommes; il avait toutes les ressources d'un créateur, de joie et de beauté et il ne voulut utiliser ces dons que pour l'achèvement d'une œuvre consacrée à la gloire de Dieu. Aussi passa-t-il devant ses contemporains comme un étranger. On méconnut son attachement à la douleur, attachement volontaire d'où venait le plus rare et le meilleur de ce qu'il écrivait.
Ceux qui ne l'ont pas compris n'ont vu en lui qu'un homme impossible à satisfaire, un mendiant ingrat, comme ils disaient, sans s'apercevoir qu'ils lui donnaient le titre d'un de ses plus beaux livres.
Hâtons-nous d'ajouter que ce douloureux connut d'incomparables joies : (( Les larmes de tristesse, me disait-il, se changent vite en larmes d'amour! » Et s'il aima profondément, il fut profondément aimé. Avec quel soin, quelle constance, il voulut profiter de l'affection qu'on lui prodiguait. On eut dit qu'il réservait des trésors de sensibilité pour les instants où sa tendresse pouvait se manifester et qu'il s'appliquait à faire ces instants aussi fréquents qu'il était possible.
Il répétait cent fois par jour, presque à chaque rencontre avec ses filles: « Tiens, voilà ma chère petite Véronique », ou: « Bonjour, ma chère petite Madeleine ! »
Une absence d'une demi-heure dans Montmartre lui donnait l'occasion, à sa rentrée, d'aller embrasser ses enfants et il n'y manquait point.
Et je me suis souvent dit, en le voyant vivre
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semblait si bien faite pour abriter sa prière de vieux primitif.
Léon Bloy ne devait quitter son atelier de la rue Cortot qu'au mois d'octobre 1908.
En attendant, les visites chez lui devenaient de plus en plus fréquentes: il tut même obligé de les raréfier en espaçant les unes et en supprimant
les autres: « Je deviens une bête curieuse, me disait-il, je ne veux pas de ça. »
Le dimanche était plus particulièrement son jour de réception. Je m'y rendis très rarement, préférant de beaucoup le trouver seul au milieu des siens. Il était vraiment lui-même dans ces instants de confidences, sa tristesse toujours tempérée par cette paix intérieure particulière aux âmes profondes, qui ne l'abandonna jamais et l'intérêt constant qu'il portait à ses amis. Les questions trop générales et les nouvelles du jour lui étaient indifférentes.
Ce fut rue Cortot que je vis, pour la première fois, Ricardo Vines et André Dupont. Le premier, déjà en possession de sa réputation, n'avait que peu d'instants de liberté. Il venait, quand il le pouvait, déjeuner chez Léon Bloy qui l'aimait beaucoup. Tous les artistes qui ont fréquenté Vines, savent l'attrait irrésistible de son caractère primesautier, généreux, indulgent, de son érudition et de ces éclats spontanés d'une joie presque enfantine qui traduisent si heureusement une simplicité et une cordialité inaltérables.
Quand il se mettait au piano, chez Léon Bloy, il y restait tout le temps qu'il fallait pour que se déroulât son répertoire admirable.
Bloy qui n'était guère plus musicien que Flaubert ou Gautier, écoutait Vines avec une attention soutenue.
Tout d'abord, il s'asseyait non loin du piano, croisait ses jambes et joignait les mains sur son genou, d'un air résigné. Dès le second morceau, on voyait son visage s'éclairer, comme s'il eût été lui-même surpris de sa sensibilité musicale; puis, tout à coup, sa vision devenait plus nette, ses yeux ne quittaient plus le clavier et les doigts de
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André Dupont avait beaucoup d'esprit et LUCOUp de talent. Les petites si. qu'il a
publiées un peu partout et particulièrement à V Intransigeant, ont fait regretter qu'il n'ait pas écrit davantage; -on admiration pour Bloy était énorme.
Blov le laissa écrire une préface pour le quatrième volume de son journal, mais il aimait surtout ses conversations remplies d'anecdotes et de potins sur un tas de gens que Bloy ignorait au contraire de son ami qui connaissait tous les
milieux littéraires de Paris et mettait beaucoup de brillant dans les descriptions qu'il en faisait. Nous avons souvent descendu tous les trois, Bloy, Dupont et moi, des hauteurs de la rue Cortot aux boulevards extérieurs.
Léon Bloy ne se contentait plus alors d'une simple conduite jusqu'au funiculaire. Il suivait' avec nous les escaliers et, arrivés au square Saint- Pierre, on prenait la petite rue Steinkerque jusqu'au boulevard et nous entrions dans un café qui faisait face à la place d'Anvers. Dans ce café, je rencontrai plusieurs fois Georges Rouault souvent accompagné de Léon Bonhomme dont j'ai parlé à propos du portrait qui orne les Pages choisies de Léon Bloy.
Bonhomme proposait une partie de billard à Bloy qui acceptait presque toujours.
Rouault, un des meilleurs êtres et un des artistes les plus intelligents que j'aie jamais vus, se donnait des airs de réfractaire, disait bonjour d'un coup de tête nerveux, en regardant au loin. Il restait un long moment silencieux, puis prenait tout à coup parti et proclamait des choses d'un grand bon sens avec les mêmes gestes et le même accent que s'il se fût agi d'extravagances. Il soutenait aussi des paradoxes, mais avec la simplicité de ton ordinairement due aux thèses les plus sages.
Les réunions quasi- hebdomadaires au café de la place d'Anvers, n'étaient pas régulièrement aussi nombreuses. Maintes fois, nous étions trois, Bloy, Dupont et moi. Et alors, la conversation était surtout littéraire.
Quand Bloy remuait de vieux souvenirs, le nom de Barbey d'Aurevilly revenait fréquemment sur ses lèvres; il rappelait la générosité de
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Bloy admirait Féval romancier ou G«>zlan parce que leur-* pr aient ; - lirTére-
que possible à lui. Jamais il ne
fut un arrangeur et ne voulut jama re un
roman. Il a intitulé La Femn épisode
contemporain, pour bien marquer la différence entre ce livre étrange et un roman.
— << Il faut conclure, disait-il. La Comédie
humaine, cette vision pr et exacte d'un
auteur qui ne veut pas conclure, qui limite -
effort à n'être qu'une me cause, une
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Pourtant, il savait qu'une idée noble ou pr -
ut se dégager d'un simple arrangement.
Ainsi la manière des vieux romanciers, tout en
lui donnant l'impression d'une chose usée et décevante, lui procurait des surprises agréables qu'il ne négligeait pas.
C'est pour cela qu'il se récréait de temps à autre, avec un roman de Walter Scott, de Féval, d'Erkmann-Chatrian ou de Gozlan (i). Il me demanda un jour de lui prêter Balzac intime: « Je voudrais relire, me dit-il en riant, l'histoire du cheval mangé par les rats... »
Quand il me rendit le livre, il m'avoua, riant encore, qu'il s'était vraiment amusé: (( J'avais besoin de cela! » ajoutait-il.
Je lui parlai de Stendhal, lui demandant s'il relisait Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme.
Il répondit: « Non, mais je les relirai volontiers, ce sont des livres dont je n'aime pas l'esprit, mais ce sont des livres vigoureux. Et La Chartreuse..., c'est encore pour moi un souvenir de jeunesse. »
Car il y avait aussi dans ces désirs de lecture, une façon de retrouver des impressions de sa vie intellectuelle d'autrefois.
Léon Bloy a noté cela dans Le Vieux de la
Montagne à propos de Walter Scott « dont
tous les romans, écrit-il, finissent par d'excellents mariages et à la satisfaction du lecteur sentimental, à l'exception unique, je crois, de Lucie de Lamermoor (2) ». Ce dernier ouvrage était volontiers cité par Bloy. Il racontait comme un exemple de très belle situation dramatique, le
(1) On a souvent refusé à Bloy d'être un critique. La valeur exceptionnelle des romanciers qu'il lisait et qu'il goûtait commence pourtant à se faire jour. On verra bientôt comme on fut injuste envers eux.
(2) P. 161 du Vieux de la Montagne.
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et verte- La COUT pavée, avec ses touffes d'herbe et sa rigole en bordure de ce bâtiment délabré était tout ce qu'on pouvait imaginer de plus touchant. Mme Bloy y élevait des canar nt les cris éperdu- accueillaient les vis Juand Bloy rentrait chez lui, il bonjour aux
aux aquatiques et souriait à sa demeure baroque.
C'était vraiment le logis du Mendiant ingrat, qui s'y plut et ne s'en sépara qu'à regret.
Le cabinet de travail était au fond de la cour
avec une porte- fenêtre d'où Léon Bloy pouvait surveiller l'entrée principale.
Une autre fenêtre donnait sur le petit jardin. La pièce était haute et d'aspect sévère. Les murs, un peu sombres, étaient relevés par quelques estampes et par le bureau jaune surmonté d'un casier de même couleur. Bureau et casier avaient été apportés du Danemark en France par Léon Bloy et avaient appartenu à son beau-père Christian Molbech.
Il y a encore aujourd'hui, chez Mme Bloy, une photographie représentant le cabinet de travail de Christian Molbech. On y reconnaît le bureau de Bloy et le singulier fauteuil dont le siège est long comme une pirogue et dur comme un lit-de-camp.
Sur le bois du bureau où il s'appuyait, tout à côté de son buvard, Léon Bloy a sculpté au canif cette phrase: Diligentibus Deum