INTRODUCTION XXV
plume au diapason de cet instrument surnaturel qu'était son âme.
Il ne perdait la mesure qu'en face d'une œuvre mal exprimée et, pour cela, ne fut pas toujours un critique exact.
On sait le mot d'Ernest Hello : (( Présentez à l'homme médiocre ses propres idées exprimées avec splendeur, il ne les reconnaîtra pas!... ))
Léon Bloy subissait, pour la raison contraire, une impression analogue. Homme de génie, vous pouviez lui présenter ses propres idées dépourvues de splendeur, il ne les reconnaissait plus et jamais son jugement ne se faisait plus acerbe que devant une phrase ridicule ou sans clarté.
C'est qu'il attachait à la forme l'importance qu'elle mérite.
Il savait qu'on ne persuade pas avec des raisonnements, mais avec de la beauté. Son écriture, qui ressemblait à un dessin vigoureux et parachevé, montrant qu'il avait été enlumineur, est indicatrice de ce désir constant qui le tourmentait d'être lumineux dans ses moindres productions.
Le point culminant de son génie est au centre même de son œuvre : Le Salut par les Juifs (1892), La femme pauvre (1897), Sueur de Sang (1893) et Le Mendiant ingrat (1898) sont les livres dont je conseillerais plutôt la lecture à quelqu'un voulant prendre contact avec Léon Bloy.
L'Exégèse des Lieux Communs, commencé en 1899 et publié en 1902, est un chef-d'œuvre incompris.
Que l'auteur, à côté de pages merveilleusement réussies, ait cru devoir ajouter quelques contes que Ton pourra trouver un peu lourds, je l'admettrai volontiers. Mais le volume, je parle
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