INTRODUCTION XXIII
symboliste et figuratif, j'ai voulu montrer partout le mystère toujours évident pour moi et le faire sentir avec une violence extrême, jusqu'à produire la constriction ou la dilatation des cœurs... (i).
Le salut par les Juifs, et, plus tard, Le sang du Pauvre, L'âme de Napoléon, Jeanne d'Arc et r Allemagne, Méditations d'un solitaire en 1916, et Dans les ténèbres, celui-ci, hélas ! inachevé, sont le résultat de cet énorme effort d'exégèse.
Certains lui ont reproché maladroitement de parler de ces choses en ignorant de la théologie, oubliant que Léon Bloy n'eut jamais la prétention de se poser en théologien. Il savait surtout ce qui ne s'apprend pas, ce qui manque si complètement à beaucoup de théologiens :
Je sais, a-t-il dit, que je suis un clairvoyant dans les plus épaisses ténèbres et un aveugle dans les éblouisse ment s de la lumière....
Admirons tout au moins la langue extraordinaire qu'il sut se créer pour traiter ces sujets extraordinaires qui lui devenaient de plus en plus familiers, à mesure que s'accumulaient sur sa tête toutes les causes de détresse.
Le monde visible lui apparut hideux et enténébré, le monde invisible plein de beauté et de clarté.
Mme J. Termier-Boussac a magnifiquement rendu cette face saisissante du génie de Léon Bloy et je ne puis m'empêcher de citer cet exemple de la sensibilité d'un poète pénétrée par un autre poète :
(1) Lettre inédite.
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Il ne faudrait pas CT t. que Le
Bloy ne se sentait à l'aise qu'en férant d
violences. Personne, au contraire, ne posséda une plus grande variété de tons. Il -avait être doux et faire sa douceur p ive, c .te et
enveloppante, comme il fallait.
Artiste, il ne fut pas une force irréductible allant en t< >us : la recherche de n'importe
quoi ; il sut tempérer son expression, mettre sa