LE COMTE, M~* DE UNIERES
LECOMTE. Pour un avocat , cet homme est assez raisonnable !..
»“ de LlMÊRES. Mais, monsieur le comte, l'obstacle le plus grand n’est pas
encore levé.
LE COMTE. Je n’en prévois pas.
ül"'* DE LlMÊRES. Tutrice de M 11 * de Courbon , je lui tiens lieu de mère , je l'aime comme ma fille...
le comte. Et vous ne refuseriez pas pour votre fille l'alliance dont il est question.
M”" de LlMÊRES. C’est selon.
LE COMTE. Comment ?..
M mc DE limêrf.9. Si j’étais bien assurée que cette alliance dût faire son bonheur.
LE COMTE. Vous en doutez!., un rang à la cour, une fortune immense.... une famille alliée aux plus puissantes maisons de L'Europe.
M“'DE L1\1ÈRE9. Vous ne meparhzpas de son époux.
LE COMTE. J’ai déjà eu l’honneur de vous dire qu’il élait mon neveu...
M"' DE lisières. C’est beaucoup, monsieur le comte ; mais le mariage est une chose sainte, sacrée : c’est un engagement irrévocable, pris devant Dieu, aux pieds des autels... Là, on fait le serment d’aimer... toute sa vie... l’homme au sort duquel on vient d’unir sa destinée : ce serment doit partir du cœur, et non des lèvres... pour cela, il faut aimer l'homme auquel on promet la fidélité d’une vie entière. Un mariage sans amour, c'est un bien grand malheur... c'est un supplice de tous les jours....
LE comte. Pardon, madame; j’ai l’habitude de voir les choses de plus haut...
Le mariage, entre gens de qualité, a un but plus noble, plus important que la satisfaction de ceux qui le contractent...
c’est de conserver les biens, les titres, les privilèges des familles, d’empècher le morcellement des héritages... J’ai le malheur de ne pas croire à In durée du ces passions bourgeoises qui font consister le bonheur d’un homme dans ses affections domestiques.
M"* DE LIMÉRES, à part. Et voilà l’homme que j’ai aimé!
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