LE COMTE, M“* DE LIMÈRES, PATRU
M"'* de limères. Approchez, monsieur Patru. ( Montrant le comte. ) Monsieur le comte d’Armaillé ..
PATRU , saluant. J’ai l’honneur de présenter mes respects...
M"” de limères. Monsieur le comte dous apporte des paroles de paix.
pitru. C'est généreux de la part d'uu homme de guerre.
M”' de limères. En faveur d'une
10 le M»c»sm. TMÉATXAI.
union qu’il me propose , monsieur le romle veut bien faire l'abandon de scs droit».
pa TRI). Ceci est moins généreux. Pour abandonner ses droits... il faudrait en avoir , et c’est ce que je nie.
LE COMTE , apte hauteur. Dans vou e bouche , monsieur , cette assertion ne prouve rien , ne détruit rien *.
Pntm passe au milieu, M "** <lr liintûrrs va* asseoir.)
kwtbu. J O. vous demande pardon, monsieur le oomle. J, 'ai l'habitude, en affairas, do ne juiuas»' hasarder une parole qu elle ne soit l’expression positive do nia oonviction... il y a long-temps que- votre famille a perdu unis se» droits sur les bien», que vous, réclamez.
i.k i.omth. Vous l'oiivencz- donc, Monsieur, que ces biens étaient notre prop iété 1
HATiu Uni, monsieur le comte , ils étaient entrés dans voue famille par la voie la plus illégale, la plus condamnable... ils avaient été le prix du sang.
LB cum l'u. Monsieur !..
PATRU. Sous Louis \I... un gentillioiuine, Hyppolylcdo Coui bon, se trouva impliqué dans la conspiration du. due de Nemours... il fut dénoncé par un de vos ancêtres... il était riche... etses biens, confisqué» par l'ordre du priuce, devinrent la récompense de son dénonciateur...
le Goura. Il o'appai tient point à un sujeti du. critiquer les actes de la justice de son roi.
PATRU. Mais le coupablesoul doit eue atteints.. et non pas l’innocent... Lu confisquant les biens du père qui est criminel, vous punissez le fils qui ne l’est pas... vous poursuivez, dansle»eiifaiis.ués et à naître , la réparation d’une ofTeuse à laquelle ils sont totalement étrangers.. . La confiscation est un acte arbitraire... une mesure injuste, cruelle, tyrannique !.. c’est une spoliation royale...
LL cou il, Parbleu ! monsieur l'arocat, je serais fort aise de savoir alors comment vous soutiendrez les droits de M 11 * de Cour bon, qui- ne se fondent que sur un acte semblable.
RA.TIIU. Distinguons.: au siège de la Rochelle, sous Lnui» \UI... mi Counbon , Joseph-Ferdinand, se fait remarquer par des faits d’armes éclalaus... il reçoit pour récompense une parue des. biens d’un comte Alexis d-' Armai lié.., qui serrait dans l’armée rebelle commandée par M. de SoubiM... mais celte nouvelle confiscation devint, par le plus grand hasard., un acte * Le Comte, Pitre, M"' de Liuiérci.
Je justice , une réparation. Le* biens que possédait votre aïeul étaient précisément ceux dont on avait dépouillé l’ancienne famille de Courbon... On ne donna pas à M. de Courbon de nouveaux biens, on lui rendit les siens !.. La différence est grande!. Eh ! crovez-vous donc, monsieur le comte , que s’il se fût agi d’une confiscation pure et simple , injuste comme elles le sont toutes, l’avocat Palm aurait piété sa voix pour la défendre? Non, j'ai une plus haute idée de la mission qui nous eu confiée. Tout avocat qui fait taire sa conscience pour plaider mie cause injuste, mériterait de prendre devant ses juges la place de son client.
M~ PG tt m frnf.9 , se levant. Aussi ma confiance égale-t-elle mon estime pour vous. Avant dfaccueillir une proposition qui pouvait fait e douter des droits d’Enphrasie, j’ai voulu savoir de voit» si je devais accepter ou refuser.
patru. Ne refuse* jamais un arrangement .
le comte , sowiani. Quoi , monsieur, l’avocat qui parait si sûr des droits de sa ilienle ?..
patru Les droit» lès plttsciairs peuvent cesser de Hélie devant des juges... à qui Dieu a quelquefois refusé les lumières nécessaires pour bien juger... Tant qu'on peut se passer d'avocat, on fait- bien : les affaires les plus simple», ils 1rs embrouillent quelquefois ; Ipsaffaires embrouillées, ils ne les débrouillent pas toujours , et leurs paroles peuvent avoir de funestes résultats !.. Quand nous plaidons. In cltalettrde l'improvisation nous emporte parfois plus loin que nous ne vomirions: nos attaques- sont vives... acerbes... poignantes... et après l'arrêt qui le condamne, le vaincu garde long-temps le souvenir des blessures qui- ont précédé sa défaite... La haine se glisse alors dans les familles...
ello-s’y enracine!., elle passe aux enfans comme une partie de l’héritage, et ces liaincs-lù, fruit dfc quelques paroles imprudentes , deviennent par la suite la source de grands malheur». .. un arrangi-menl efface tout , et ne blesse personne; tout le monde y trouve son compte... ex--* ccplc l’avocat...
M“* de List] ères. Voit» tne conseillez donc ?l .
patru. De vous entendre avec monsieur le comte, de terminer par le mariage qu’il vous propose, un procès dont la publicité pourrait occasioner du scandale.,.. Nous serions obligés de fouiller dans le passsé... et il y a si peu de familles nobles , en
LÉO*
liante , qui soient à l'abri île tout reproche !.. (Le i omit le regarde avec hauteur. ) Monsieur le comte, vous avez eu là une pensée il’lioinine de bien , et je vous en félicite. Maintenant que vous pouvez tous les deux vous passer de mon ministère, je reprends le chemin de ma solitude.
LE com ri:. Vous n’habitez point Paris ?
PATAU. Aon, monsieur le comte; sa vue réveille eu moi uu souvenir si douloureux !
ir” de UNIÈMES. Quoi donc?
PATRU.Un malheur que je ne souhaiterais pas à mon plus cruel ennemi.
K st"‘ r de Ll.MÉnES. Monsieur Palru, seriez-vous assez lion pour faire dire à Kupbrasie que je l’attends ?
patru. Volontiers, madame.
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MihiNf. V.