‹ Leon drame en cinq actes et en proseChapitre 37 sur 52 · M“ DE LINIEERS , PATRU , LÉON · texte numérisé non relu

M“ DE LINIEERS , PATRU , LÉON

DE LINIÉRE8 , s'élançant du cabinet , * v- à Patru. Ah| ne le croyez pas*.

LÉON, à part. Ciel !

PATRU, avec chagrin. Je vous demandais la vérité. .. pourquoi me l’avoir dite?

M’“' de LM1ÈRES. La vérité!... non, il vous trompe. Il se croit malheureux... il a pris la vie en dégoût... il veut mourir...

c’est pour mourir qu’il s’accuse... on l’a attaqué... il s’est défendu... {Elle passe) *. N’esl-ce pas que tu t’es défendu?

LÉON. Ah ! j’aurais voulu, au prix de ma vie, vous dérober la connaissance de mon crime!., mais il n’est plus temps de rien cacher... oui, je suis un meurtrier.

M mc DE LIMÈRES. Toi!

LÉON. Un assassin!

x~ de linières. Ah! que ce funeste secret meure entre nous!.. Léon , pas uu seul mot qui puisse faire soupçonner ton malheur... Ecoule monsieur l’alru... suis ses conseils.

patru. Hélas! madame, je n’eu ai plus à lui donner.

M"' de limères. Ne m’avez-vous pas

promis ?.

patru. De défendre un homme injustement accusé.

M“* de lisières. Eh bien?..

PATRU. Eh bien ! madame... moi , à qui il vient de confesser son crime, puis-je le déclarer innocent devant la j ustice ?. . comment oserais-je jeter l’épouvante dans la conscience de ses juges en leur faisant craindre de condamner un innocent...

quand moi!., moi, je sais qu’il est coupable! mais si je mentais ainsi devant Dieu. . . devant les magistrats... je serais plus criminel que lui!.. L’avocat doit éclairer la justice et non la tromper.

M”* de linières. Un refus!..

LÉON. Ah ! ne le blâmez point. Ce qu’il dit est vrai, ce qu’il fait est juste... c’est l’action d’un honnête homme qui comprend les devoirs de sa profession...

M”' DE linières. Mais il n’y a pas de criminel qui ne trouve un défenseur!

patru. Pour demauder grâce et non pas justice...

de linières. Et parce que Dieu lui a refusé la force de repousser uue mauvaise pensée, parce qu’il n’a pu supporter plus long-temps l’humiliation, le mépris et l’injure... vous vous éloigneriez de lui ... vous nommez crime l’action spontanée d’une vengeance, hélas! trop légitime...

maissont-ce là les traits d’un criminel?., sa main seule a été coupable. . . le crime n’était pas dans sa pensée... oh! non...

j-’en répondrais , et c’est au moment ou le plusgrand des malheurs peut l’atteindre.

* Palm, M“* de Liai très, Leon.

LE MAGASIN THÉÂTRAL

au moment où la haine d’an homme puissant menace son honneur et sa vie, que vous l'abandonneriez!.. \A Léon.) Ah!

quand ils t'abandonneraient tous! moi...

moi, je te resterai... aucune démarche ne tu 'arrêtera, aucun sacrifice he me coûtera... J’irai à Rlarly, à Versailles, me jeter aux genoux de RÏ"* de Montespan...

me traîner aux pieds du roi.

LÉON. Eli ! que inc fait la Tic, souillée d’un crime, empoisonnée par un remords?..

Avec la liberté me rendra-t-on la paix de l’ante?., me délivrera-t-ou de ce spectre sanglant , qui déjà lue poursuit et m’obsède?.. Ah ! si l’on saraiteeque c’est que de tUer Un homme? j’ai maintenant horreur de moi, oh ? laisses. .. laisse*... j’ai mérité mon sort... je dois le subir... mais grâce pour les peines, pour lés tourmens que je vous ai causés!.. J’ai vingt-trois ans. .. eh bien! je mourrai... nia mort expiera les erreurs d’une vie si courte et si malheureuse? mais du moins que je vive quelque temps encore dans votre Souvenir... dans celui d’Euphrasie... une larme de pitié pour le pauvre Léon... plaignczle... ne le maudissez pas.

M"' de LIMÈitEs. Eli! malheureux...

une mère a-t-elle jamais maudit sou enrant?

PATntr, Hoc les yeux au ciel. Pauvre femme !

LÉox. Vous... vous, manière!.,

M”' de limêrès. Oui.

t.Éo.\. Ah ! je suis trop heureux?..

(11 sc jcllc «Lu» »cs bras.)

de linières. Eh bien! Patru , voua... vous qui comprenez toute l'étendue démon désespoir, vous le seul devant <jui son malheur ait pu m'arracher mon secret, refuserez- vous à une mère de défendre son fils?

patru. Non... je ferai tout pour qu’un autre ne soit pas aussi malheureux que xnoi.

Léon. Manière... ne soyez pas généreuse # moitié... mon père?

- ■*" ,r linières, se réveillant comme d'un songe. Ton père!

LEON. Où est-il? le verrai-je?., vous vous taisez... de grâce... parlez... paiiez... vitil ? au nom du ciel, ai-je encore un père ?

M” c de UNiÈnES. Peut-être !

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