‹ Léon FaucherChapitre 21 sur 60 · INTERPELLATIONS. JOURNÉE OU 19 JANVIER · texte numérisé non relu

INTERPELLATIONS. JOURNÉE OU 19 JANVIER

IntarptUations sur la journée du 28 janvier. — Arrestation du oolonel Féreatlar.

(Astemblôe ooBBtituante, flétnct du 30 janyier 18^.)

Lr citoyen ministre de l'intérieur. Citoyens Représentants, je demande à TAssemblée la pervjission de commencer par dégager ce débat des deux incidents qui paraissent en aToir été le prétexte. (Gomment le prétexte ?)

On me demande d'abord si les termes dans lesquels a été écrite la réponse de H. le général Ghangamier au président de l'Assemblée sont des termes qui ne s'accordent pas avec le respect que doit le Ministre tout le premier et tout dépositaire de la force publique, au président qui représente l'Assemblée nationale. (Interruption.) Je n'aurais vraiment pas besoin de répondre, et je me borne à dire que M. le pi*é^ sident de l'Assemblée est le yéritable gardien, le meilleur JBge de sa dignité (interruptioD), et que, s'il atait trouvé dans les paroles qui lui ont été adressées quelque chose qui offensât cette dignité, il aurait dû vous le dénoncer. Dès qu'il ne l'a pas fait, personne n*a le droit de supposer une offense, que M. le président n'a pas aperçue.

J'ajoute que le ministère est responsable et que vous avez entendu hier M. le président du conseil s'expliquer, à cet égard, dans des termes qui me paraissent n'avoir laissé place à aucune susceptibilité. (Très-bien !)

J'arrive au second incident.

. Si M. le colonel Forestier n'avait fait, comme on le prétend, qu'écrire à M. le président de l'Assemblée nationale une lettre dans laquelle il protestait de son dévouement à l'Assemblée, et de sa résolution de la défendre, je déclare,

pour mon compte, que je ne verrais là qu'un acle «loyal, qu'un acte de devoir. (Très-bien !)

Cette lettre* messieurs, nous était inconnue ; elle n'a pas servi de motif à la mesure, très-pénible pour moi, quej*ai cru devoir prendre sous ma responsabilité, et que j'ai prise parce que j*ai un-devoir à remplir envers M. le Président de la République, envers celte Assemblée, envers le pays tout entier. (Très-bien 1) M. le colonel Forestier est prévenu, et je demande à dire cela avec tous les ménagements que sa situation m'impose; M. le colonel Forestier est prévenu d'avoir cherché à exciter par ses paroles un soulèvement dans la force publique contre le pouvoir établi. (Rumeurs à gauche.)

Plusieurs voix à gauche. C'est une calomnie 1

Le citoyen hinistre. En présence de ces faits, le Gouvernement ne pouvait pas hésiter ; car il faut que la force publique donne l'exemple du respect des lois. (Très-bien I) Aujourd'hui, M. le colonel Forestier est déféré & la justice ; elle prononcera, je m'abstiens.... (Très-bien! très-bien 1)

Maintenant, messieurs, on nous reproche les précautions que nous avons cru devoir prendre dans l'intérêt de la paix publique....

Le citoyen Deville. C'était une provocation !

Voix nombreuses^ A l'ordre! à l'ordre 1

Le citoyen ministre. Si la paix des rues avait été troublée» si le sang avait coulé sur les places publiques, on viendrait nous accuser de n'avoir pas fait ce qui dépendait du pouvoir pour prévenir cette effusion du sang français.... (Exclamations à gauche.)

À drotie. Oui, c'est évident.

Et aujourd'hui que nous avons prévenu ce malheur....

Voix à gauche. Allons donc I

À droiu. Oui 1 oui !

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