IO CASTELAR
Madrid, t: de abril de 1892.
.. M, al seflor Boyer d'Agen, y tiene ad|mito, todo lo que ha escrïco res-
ntiendo no disponer de tiempo niD> articulo largo sobre el actual Ponte-
du Vatican, où Léon XIII ;s solennelles ou « réceptions »
: moderne on appelle aujourc batsements de mains » de la irdtnalice s'est réuni pour féli- Pontife de son nouvel anni-
LâOK XIU DEVANT SES CONTBMFORA
versaire. En effet, le Pape vient d'en sa quatre-vingt-troisième année \ i avancé et bien lourd, pour celui qui d nuer l'étude de toutes les sciences ci humaines, et fournir aux veilles itnpo plus haute et à la meilleure autorité m soit au monde. Ainsi Léon XIII vit co un prodige. La maigreur, chez lui, est ce point extrême que son corps n'app comme blanche et transparente cire. 1 fine et nette colle aux os, de si près qu' trevoit le squelette; comme en quelqi ces effigies de saints, sculptées par les catholiques. Et nonobstant, la vie de anime et éclairer continuellement ce comme les visions béatifiques illuminer sages des pénitents ravis en extase. ( mière émane des yeux qui projettent, deux astres spirituels, l'éclat d'une idée s que, grâce à sa pénétration aiguë, on se qu'à la profondeur de la pensée et jusq time de l'âme. Ainsi, Léon XIII vit dt et par l'idée.
Nous ne pouvons autrement nous e sa Lettre récente aux cardinaux françi laquelle TEglise et la République se soi un baiser de paix, et en vertu de laquel
mocratie rencontre un idéalisme moral et indis^ pensable à sa vie. L'Eglise voit dorénavant augmenter le nombre de ses fidèles, avec le nombre de ceux qui avaient cessé de fréquenter les autels de celle qu'ils croyaient être rennemie de tout progrès et en lutte perpétuelle contre le principe de l'humaine liberté. Telle est la voie dans laquelle s'est engagé l'auteur de cette Lettre. Appelé par la destinée à combattre pour les droits de l'homme et pour la dénK)cratie universelle, il s'est élevé contre l'Eglise même, quand l'Eglise a voulu un jour nous obliger à opter pour la foi ou pour la liberté ; — et c'est la liberté, qu'il a choisie finalement. Mais aujourd'hui, que l'Eglise comprend comment le Christianisme a pour mission future de servir la religion éternelle aux peuples libres, et qu'elle pousse les catholiques de France à la concorde et à la paix en acceptant le régime républicain si combattu jusqu'à présent par le clergé j aujourd'hui, un homme qui fut démocrate, sa vie entière, est dans le cas de voir s'accomplir ce qu'il avait prévu et annoncé dans la session de notre immortelle Constituante de 1879, ^^> ^^ ce jour du 5 mai, il peut rappeler, avec un extrait du Diario de Cartes^ les émotions mêmes que partagea son auditoire : « Non, Messieurs
LÉON XUI DEVANT SBS CONTEUPORAIRS
les Députés, disait alors celui qui écrit ai d'hui ces lignes, je n'appartiens pas au n de la théologie et de la fol. J'appartiens, )e appartenir au monde de la philosophie et raison. Pourtant, si j'avais jamais à reto au monde d'où je suis parti, je n'embras pas la religion protestante dont la glace ref taon âme, t^froidit mon cœur, refroidi conscience : cette religion protestante, été ennemie de ma patrie, de ma race, de moi loire. Je reviendrais sûrement au bel aut m'inspira les plus grands sentiments de m:
je reviendrais me prosterner à deux genou vant la Vierge très sainte qui, de son dou gard, rasséréna mes premières passion reviendrais emplir mon être des parfui l'encens, et des fugues de l'orgue, et de 1 miêre entrevue par les vitraux de coule reâétée sur les ailes d'er des anges, éternels pagnons de notre âme dans son enfance ; l'heurede mourir, Messieurs les Députés^ à i'I de mourir je demanderais un asile à la < sous les bras de laquelle s'abrite aujour le coin déterre que j'aime etque je vénère le en ce monde : la tombe de ma mère, i (Ap^ dissemenis sur tous les bancs de la Chan Je copie jusqu'à ce mouvement du Cou
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LËOK Xlll DEVANT SES CONTEMPORAINS
Bien plus : je dois dire que je me sentis vers ce retour à la religion de mes pères, — jamais je n'avais totalement abandonnée, i jamais, — que je m'y sentis mû à la même h oij, paruri providentiel dessein, Léon XII] élevé sur le trône des Papes. Je ne révèle ai secret en rappelant comment, depuis ce jou t^ouvoir exécutif de la République espagnol tout ce qu'il fut en mon pouvoir de tenter { favoriser la réconciliation entre les Gouve ments républicains et TEglise catholique, si question de nomination des évêques ; et en i pelant encore comment, avec satisfactîoi honneur, je perdis la Présidence de l'Etat [ tel acte de mon programme, ramené à 1' claire et à la ferme résolution d'en finir avi guerre carliste, à bref délai et à quelque que ce fût. Et je ne révèle pas davantage secret en disant qu'il m'arriva, un jour, de gagner les hostilités des républicains oppo nistes Français, pour le ton acerbe de constantes censures contre le procédé don usaient à l'égard du clergé et des idées : gieuses. Les paroles suivantes, extraites du cours d'Alcira prononcé le 2 octobre lî peuvent s'appliquer si opportunément à la si tien présente, qu'il semble impossible qu'i
242 LEON XIHî DEVANT SES CONTEMPORAINS
aient douze ans de date : a Tout indique qu'aujourd'hui k Sauverain Pontificat tend à une conciliation, . en k personne vénérabie de Léon XIII. Eh bien ! Il fout, de notre côt^, que nous la recherchions. Il faut que nous Ja recherchions, avec persévérance; .parce quenous n'obtiendrions pas peu de. chose, à n'obtenir que de calmer certaines inquiétudes religieuses .i; et que d'attirer la portion ïa. plus illustre du
Jj clergé jusqu'à ladémocratie et à la liberté,] jus-
Jj qu'à un désistement de: toute tendance politique
'I et à un spiritualisme capable d'élever nos con-
* solateurs idéalistes aurdessus des inclinations
''• trop positivistes de notre siècle, lequel thanque,
^ comme la civilisation romaine en ses derniers
y* temps, d'économistes hardis et utilitaires. Ainsi
je déclare ne pas connaître de moment plus inopportun, pouT renier l'Eglise, que celui oij nous sommes. Non, ]£ n'en connais point.
Certes, je comprends que certain .Empereur gibelin satisfasse les tenaces aspications germaniques, en représentant en face de ^Rome la charte d'Arminius et celle de Luther. Mais je ne le comprends pas de la République française.. Le sentiment qui domine aujourd'hui. dans.leSidisputes religieuses de France m!e£Frâye, par son fcaracière jacobin*; et le^caractèrCffacabin m'ftf-
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fraye, parce qu'un autre Robespierre- s préJécesseur inévitable d'un autre Napol (Je demande à mes lecteurs ds remarquei ment, huitans à l'avance, avait, éré annc le mouvement Boulangiste). ■ Le parti rt cain Français, avec sesprocédés, s'est sép principes de liberté naturels à la démocrai derne; il s'est affranchi des traditio M. Thiers; il a donné la chasse à des ht tels que Jules S: mon ; il a frappé des min tels que le ministère Freycinet; il est a une si. stérile agitation et à une telle vi qu'il a causé le plus grand dommage à ia craiie qui, jusqu'à cette heure, avait mt noble admirai ion du monde pour son tact et pour son exquise prudence. » * Nous .
si nous revenons au pouvoir, nous conser le budget et les institutions e^clésiastiqu' au nom de. la liberté religieuse, au nom d individuel, au nom du respect au princip sociation, nous laisserons aux âmes irist le. monde désenchante et que possède îe de la mort, la liberté de s'enlacer à la cr Sauveur comme le lierre à l'arbre, et d'ai rheare.du jugement dernier, enveloppée la buredes^moines et étendues sur les dalles du cloître, jusqu'à ce que toute le
LÉON XIII DEVANT SES COKTEMt>
Jamais ta pensée humaine ne pou toute la félicité morale, toute ta li tuetle, tout le bien-être pratique, qi de sang et de race latines offre à i la bénédiction dont un Pontife R d'honorer la liberté et la démocrati
LÉO« Xlir. DEVANT SBS COMTE MPORAINP
utrétit si critique et si morbide, qui s'; l'état de guerre, se devaient au. P. Victo que Susrez observait comment Dieu, do premier homme la. souveraineté sur lïs animaux, mais non pourtant la souverain les autres hommes. Dans tes pages de i teurs classiques, nous avons recueilli à mains mille semences profondes sur la laiion intime qui existe^ entre un gouveri tiré des entrailles mêmes de rélémeut et l'âme chréiiynne. de ces sociétés i Christ racheta et sauva de l'antique fai païen.
Cependant, nous ne nous rappelons a dans aucun auteur une série de vérités, dis avec tant de logique et exprimées d'une f; claire, comme ctlles que: renftrmc, la Le Léon Xlll.aux cardinaux français.. La f tion des monarchistes à convertir la mor en un organisme consubstantielù l'état d d'exister perpétuellement des sociétés hun n'a demandé qu'un soufflj des lèvres in:
de ce Pontife pour se, dissoudre; et pour a seuiernsnt suffi de déclarer que le mouv politique, est, sujet à des changements div qtie l'immutabilité n'est, la prérogative q principe moral et du, dogme religieux, en
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même de leur complexion intrinsèque. Après cette sublime déclaration de principes, les rois ne pourront plus alléguer de titres divins à la domination souveraine, et encore moins croire qu'à leur génération une pérennité d'autorité politique est enchaînée par droit d'héritage, tant qu'ils n'auront pas reconnu leur propre personne sujette de l'Etat qui leur confie sa gestion sociale. Cette gestion est composée de facteurs qui peuvent être convertis de rois théocrates en rois féodaux, de rois féodaux en rois parlementaires, de rois parlementaires en rois démocrates, ou même être annulés dans ces continuelles métamorphoses de rame et de la société à travers les temps. Ainsi, le Pape rompt la consubstantialité établie par les jurisconsultes qui restaurèrent le Droit romain, entre l'incommunicable autorité de Dieu et la mobile autorité du Roi. 11 fait cela, à la même heure où un Empereur allemand se présente comme un envoyé direct du ciel, en ses discours invraisemblables, à ses sujets épouvantés.
Et après qu'il a ainsi condamné les prétentions césariennes des rois à un pouvoir semblable à celui dont jouirent en Asie et à Rome les empereurs idolâtres, Léon XIII invite le clergé français à accepter la République et, se-
LÉON XIII DEVANT SBS CONTEMPORA
Ion le droit commun, à la faire prosf prospérer avec elle : relation en tout avec la doctrine catholique. Egalem< trant et profond dans sa pensée, le marche d'un pas très sûr de l'analyse thèse, et distingue avec un grand disci le Gouvernement de la Législation ; \ l'impossibilité complète d'améliorer les Etat, quand tout l'effort humain se pour ruiner et détruire celui-ci dans les incarnations dj pouvoir et du gouvei De là ressort très lumineuse la pensée < position de Léon XIII, quand il m< clergé français ses intentions excessives à détruire un gouvernement, dans le b et légitime de l'améliorer.
Je connais dans l'histoire universelle documents politiques comparables àcei de Léon XIIL Nous devrions la poser tête, comme une Lettre de saint Paul, règne la paix, la paix du Gloria in e:
du saint baiser de la Messe. C'est pour < nous en écoutons la lecture avec la tête sous le poids d'un grand respect, ave( tout plein d'une profonde gratitude, que nous l'entendons ainsi, il nous ser les cardinaux n'ont pas bien fait de con
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2jV>.: LÉON Jail/DEVAMT: S£S. COTlTEMPaRAlIlS:
grandeur d'Innooent III à^ la: grandcon de:
liéonJCIlL. Le:faittco'incidantdu:t0mheauglor rieux que celui-ci . vieiit:d''éiever àuscan .prédéces.— s«ftîr,\n'autorise.!pas unjpa{rallèle;S£aaîbJabde. In-* noccnt I IL fut un.pape dè.cpmhat ; téôn XlII. cMun pape. de. réconciliation et de paix. Assarément> les, raisons pour lesquelles-lnirocentlll lutta; au. treizième siècle contre les prétentions des Souabes, furent les mêmes que celles poair lesquelles. Léon XIII a eu au: dixrrneuvièmc: siècle.à s'opposer à Toutrecuidance des- Brande* bourg. Mais là s'arrête le parai lèle-. Le Pape: d*aujpurd'hui a dû comprendre la différence:qui a diversifié les époques.* Mettant à profit! cette clarté. de jugement qui le caractérise pour meure, une distinction entre des points presquesemblahles, LéonXlIi a dit que la civilisation en les tempS' de son illustre précédesseur tenait.plasde. la rudesse féodale, et exile dlaujourd'hui plus de: la culture sociétaire.^ la première. étant toutefois supérieure à. la dernière:par son esprit de. religion et par son influence de foichrétienncf sur les ârnest A juste titre pourtant,, nous-nous permettions sur ce- su^et une. observation que.. noju&croyons méritéeet dont personne.nc. contes-r tera l'exactitude. Si les croyances ressortent pluschrétiennes' aux» temps d'Innocent. III qulaux
LÉON XIU DEVANT SES CONTEMPOR,
temps de Léon XIII, il n'en va pas des institutions, non plus que des lois que des Etats, non plus qu2 des couti plus que de la vie. Le château féodal sous le poids de sa propre lourdeur, t.
tude de l'homme de la f^lèbi est finie jours, et c'est la preuve que la démot derne prend idenliquement ses rai racines mêmes de l'arbre de la Croix.
Emilio Caste