‹ Léon XIII devant ses contemporains (volume 2)Chapitre 11 sur 17 · FRANÇOIS CRISPI · texte numérisé non relu

FRANÇOIS CRISPI

Rome, ï6 février 189

Jusqu'eni887,î'aipu supposerqueL se serait reconcilié avec l'Italie.

L'estimant pour un homme supérieu vais espérer qu'il gouvernerait l'Eglise esprit indépendant, sans plus prétendn voir civil, et en se soumettant aux in:

Puisque, vous y consentez, je préfère que n publié en italien.

Bien à vous.

XllI DEVANT SES CONTEMPORAINS

Stati, siccome gli fu imposto dal divin

a canolica essendo universale, per la sua unité, bisogna rispetti la paiverno d'ogni credente. — 11 Papato, alia, partigiano politico negli altri 1 falsificazione del Christîanesimo, iizione che si limiti allô impero délie sso potra esercitare fra i popoli quella i pace eut lo ha chiamato Colui, il >[idendo ai suoi persecutori, dichiaré regno » non è di « questa terra >.

"ve, che Leone XIII avrebbe dovuto re tutto ci6.

amici, i quali, per indicare le tenlommo Pontefice, mi ricordavano il iel i3 luglio 1886, • Dolemus inter spondeva opponendo la sua Lettera 3re 18793! cardinal de Luca, sull' romana di S. Thomaso, e l'ovamarzo 1880 con la quale il Santo luoveva lo studia délia âlosofîa del

o l'apologiadi San Tontmaso, le redamava la studio, anzi rimpone?a nei

LÉOK XIII DBYAST SES CONTEMPORAIKS

et aux lois des Etats, comme il en reçut t'inj tion du divin Rédempteur.

L'Église catholique étant universelle doit, que son unité soit maintenue, respecter h trie et le gouvernement de tout croyant. - Papauté, qui se fait royale en Italie et sec politique dans les autres pays, est une fais tion du Christianisme. A la seule conc qu'elle se limite au gouvernement des sciences, elle pourra exercer parmi les pe cette mission de paix à laquelle l'a appelée i qui, répondant à ses persécuteurs, déclara « son royaume > n'est pas de » ce monde

Il me paraît, à moi, que Léon XIII a dû comprendre tout cela.

Ames amis, qui, pour préciser les tends du Souverain Pontife, me rappelaient son du i3 juillet 1886 H Dolemus inter alta répondisen opposant sa Lettre du 1 5 octobre au cardinal de Luca, sur l'Académie romaii Saint Thomas, et le discours du 7 mars par lequel le Saint-Père recommandait T delà philosophie aquinienne (i).

Il^ppi (I,i

LËON XIII DETANT SES CONTBHPOKAi:

Mes amis eurent raison ; et je dus i vaincre toujours davantage que les .

auxquels Léon XIII avait concédé de n privilèges, sont suffisamment forts pou dominer les grandes intelligences elleS'

Et alors je me ressouvins de l'opinio devant moi, à quinze ans en arrièr Berlin, par un éminent homme d'État voir, qu'au Vatican l'Iiomme ne peut a volonté, et que celui qui ceint la tiare libéral, soit-il réactionnaire, est aussitô par la Curie romaine et, s'il ne cèc encore être vaincu métériellement — personne.

François Crispi

tilde, ou plutôt Vimposait aux séminaires. L'enthoi Lion XIII pour le docteur d'Aquin était tel, c premières années de son pontificat, qu'il avait ordi élevât une statue à ce saint.

En i8S6, le Pape changea ses sentiments, et a. rent ses anciennes amours pour les Jésuites. L'év: complète, et on en vit les conséquences lorsque fui la mission du père Tosti.

Les Français ont besoin du Pape, comme d'un i politique ; et, anee lui, ils s'éloignent de nous tou vantage : — ce qui est un mal, pour les deux pay

...Ce qu'il importe de savoir, c'est que Léo. présenta, durant les sept premières années de . Jlcat, comme Thomiste; et Jésuite, ensuite. Une tradiction; et cela, par la fièvre du Pouvoir tempe

F. Ckisi

MONSEIGNEUR FAVA

Grenoble, le 27 février 1S91.

Cher Monsieur,

3nnu un missionnaire qui avait fait vœu nais refuser une invitation à prêcher, et parole. Sans avoir fait vœu de parler du in-Pontiftf quand on m'en prierait, je ne ise pas. C'est pourquoi, cher Monsieur, presse de répondre â vosdésirs, en vous eux paroles de Sa Sainteté Léon XIII.

'le{ au peuple '.

la première. J'avais l'honneur d'être iprès du successeur de Pie IX, et je

gloire à Dieu qu'il eût, à partir de e XVI, fait la papauté si populaire et

LtOH XIII DEVANT SBS CONTEHPORA1

tant aimée des foules, aussi bien que de:

Je contemplais la tête de Léon Xlli de lumière, telle que l'a peinte notre français, l'incomparable Gaillard, et j' lorsque le Saint-Père prononça ces mo au peuple! Et il développa sa pensée.

Je compris que le Père commun de habitué à embrasser le monde de son r à y suivre l'action catholique, rencontra parmi les ouvriers évangéliques les ei peuple. C'est donc à cette classe de française que le Christ, notre adorabl fait l'honneur de demander des apôtre:

et ses filles, souvent des héros, parfois tyrs. C'est pourquoi, son Vicaire veut aille au peuple pour cultiver ces jeunes qui sortent de son sein et doivent danî se CQuvrirde fleurs et de fruits pour U la République chrétienne ou Eglise un Car le clergé français, ainsi que nos c lions religieuses d'hommes et de femn:

participent à cette expansion naturelle qui est le propre du Catholicisme et missionnaires sur tous les rivages.

D'où i! suit qu'il faut aller au peupl nir est à lui. « Donnez, dit le Seignc voQS sera donné. » La classe ouvrière

l£0H Xlll DBTANT SES COKTBMPOR

les sectaires s'y opposent et veulent C( au monde, en prenant la place du C éternel, et la ville de Rome qui est Nous savons aussi que l'erreur pa:

que la vérité demeure éternellement.

— En France, vous ne save^ pas quand il faut! Telle est la seconde Léon XIII, que nous voulons rappelé

Sa Sainteté avait quitté ses appart Vatican et s'était installée au milieu d dins, dans une modeste demeure \ ci fait grand bruit, en ville et dans tout C'est là que nous eûmes, une fois eno neur de voir notre Pontife bien-aimé tendre prononcer ces mots : « En Fr.

ne save^ pas protester quand il faut.

Saint-Père ! répondîmes-nous. Nous i cette parole de votre bouche. Répét( viendra pour nos frères et pour nou; de conduite.

Cette parole me rappelle celle d' anglais qui me disait : « En Frano savez point haïr. »

Ne savoir point protester, c'est ne le bien et le livrer lâchement : Ne haïr, c'est ne pas savoir aimer. GIo

IX ont protesté, les Evêques fcanesté. Voici que tout le clergé a pro £t Léon Xill, élevant la voix, a îs proKstations, car il le fallait!

it mettre sa main cruelle et souillée es du Christ, ses épouses, les arrai demeures et les jeter sur les che- :uz des villes et des campagnes; imme Saul le persécuteur, les traî- 1... Ils ont trouvé là leur chemin *renez garde, Messieurs, il y a de lédictions pour les profanateurs de Les persécuteurs et leurs familles te et longtemps la peine.

[-Père, vous ne direz plus, n'est-ce Yance, on ne sait point protester it. Nous voilà, nous catholiques, int, avec la jeunesse pour avant- Sainteté a pris en ses nobles mains ]ae portaient nos jeunes gens, a . Elle en a baisé les plis et l'a eémotion visibleà tous les regards, u était celui de la France : la France, TEgiise, que le Vicaire du Christ ment, à Texemple de notre ado- . Oui, merci I

wtm^

Sachons donc, catholiques, prot l'injustice faite au Pape; contre l'ii à l'Eglise de France ; contre la persf surtout dont sont victimes les er femmes : les enfants, l'avenir de la de la Patrie; les femmes, gardienn et de la chasteté du foyer.

Allons au peuple, et sachons pro il faut. C'est ainsi que nous sero chrétiens, vraiment patriotes, vrain bien étant vraiment ennemis du m vrais disciples de Léon XIII, notre faillible et notre Père bien-aimé.

Ad multos attnos!

^ £X i^^'T-sv*!

LÉON XllI DEVANT SES CONTEMPOR/

gard de tous les autres gouvernements, publicains y compris, — n'a que de Is lance pour le gouvernement national qu tallé à Rome. Il sait fort bien que la î Savoie a des sentiments très chrétiens, t du cabinet actuel^ M. di Rudini, app nombre des croyants, que le désir de liation est au fond de la majorité des ce italiennes, qu'il suffirait que le Papi main pour bénir notre Roi, noire Rei Règne national, pour qu'il fût lui-m et vénéré en Italie plus qu'ailleurs.

Léon XIII, quoique Italien, n'a des si de paix et d'amour que pour tous le étrangers.

Cette exclusion nous chagrine et noi Elle nous semble anti-chrétienne ; eller à considérer le Vatican comme un bi comme une forteresse de la réaction.

est le Père de toute la catholicité ; :

point l'être des catholiques italiens, qu'il accumule de l'étranger est destii nuire. La liberté qu'il invoque est cel nerles institutions nationales. Tout ce q dire de bien, des grandes vertus de Li n'empêche point les patriotes italiens Rprésenter comme l'adversaire impis

sonnier la liberté de s'en aller ailleui confiait le soin glorieux mais dangerei der te Pape à une autre nation, qi nous forcera le retenir par force au nous comme un ennemi qui ne m point de trêve ?

Le Père des autres catholiques à répète, de l'être pour les autres cîtoyei

Uenthousiasme de toute l'Itali en 1846 pour le Pape Pie IX ne se pc vers le prince temporel, mais vers l'Eglise qui prêchait l'amour pour qui brisait les chaînes de l'esclavag rendait adorable.

Le Père Tosti nous apprenait à ; Pape Alexandre III, comme l'âme c Lombarde contre la domination étran revu, en Italie, pendant quelques mo Pie IX sous la même figure lumineust que de la délivrance italienne ; lesejccès gogues ont, seuls, provoqué une réactl Mais on avait quelque droit d'espérer que le nouveau Pape, — qui n'avait p ponsabilité du non posstimus et qui, d'archevêque de Pérouse, avait soui tenu des relations avec des généra hommes politiques italiens sans trop

sur le Siège de Saint-Pierre aule lutte stérile, et cessé de faire omme prince, pour régner dans jel, le seul qui appartienne au st.

:ntendre qu'il perdrait ainsi son lue n'importe quel ministre Itacrotre en droit de lui passer des lopulace l'aurait à sa merci ; et, i'insinuations insidieuses, on a Pape en complète défiance contre

laintenant la fin de cette situa-

tie aujourd'hui des doctrines so- Humbert fait mieux encore; il s son petit domaine, près de Fiure cents ouvriers des Romagnes des travaux utiles, et dans des le chanté. La chanté chrétienne st inépuisable ; et cependant, de re à ses maîtres de dehors, à s d'argent, Léon X[II n'ose 1 continue à le traiter d'usurpa* e; et il lui refusecette paix qu'il dehors des confins d'Italie. On lis ample liberté de dire et de

LÉON Xlll DEVANT SES C0HTEMPORA11

faire, dans la forteresse de réaction o barricadé: ce qu'aucun autre gouverne moins que tout autre celui de la Fille :

l'Eglise, ne lui aurait jamais permis.

cela, on lui fait jouer dans le monde le sainte victime.

Nous ne pouvons avoir, Monsieur, ce niié de jugement que vous trouverez s chez tous les autres écrivains, auxquels v demandé de se prononcer sur le carac litique du Pape. Les écrivains étrangt vent rendre justice à toutes les quali nentes qui distinguent le Pape Léon XII sommes, au contraire, dominés par u tante préoccupation . Nous ne le t pas assez chrétien envers nous, et nous tons vivement qu'il mette les intérêt politique mondaine de sa Cour au-de:

intérêts de la religion, qui seule devrait gloire, seule ramènçrait l'Italie entièn d'exceptions près, sous la discipline sag« faisante d'une Eglise digne de celle qui et Paul ont iondée, simple et pure, élo toute ambition et ne visant qu'à fondt terre le règne de Dieu par l'amour et pa rite.

Que Léon XIII daigne sortir du

r la résurrection de l'Italie, qu'il daigne lar son regard de pasteur apostolique 1 les plus proches, et toute la chrétienté sans conspirer, n'aura qu'un cri d'adpour sa magnanimité. Mais tant que s le Vatican représentera le refuge de nous ne pourrons nous associer au e louanges qui, sans doute, rctentiroat vre que votre juste dévouement envers 'ère, cher et honoré Monsieur, vous

, Monsieur, l'expression de mes sentiplus distingués.

.^-a-^i-l^-rfi-*-»-».-?!.^*^^

LÉON Xtll DEVANT SES CONTËMPORA

Léon XII [ connaît toutes nos écoles ques et philosophiques, nos principi vains et tous les hommes qui se son nom dans les affaires publiques. Les lui sont, pour ses travaux, un bien util ment. Il parle le français avec une gr reté et il y avait longtemps que Rom vu un latiniste aussi consommé.

Son œuvre aura été considérable et d placée à côté de celle des plus grands des Docteurs. Étant évêque de Péro écrit, sur VÉglise et la Civilisation, ds pastorales qui ont devancé de trente i qui a été écrit en ces derniers temps sui tîères.

L.es Encycliques, — ou lettres adi toute l'Église, — fixent, avec une netteté et éclairent d'une vive lumière tous les p lesquels tant de débats se sont élevés, commencement de ce siècle. Elles form corps de doctrines qui seront, pendant années, la règle et le guide de tous i auront à enseigner et à défendre la Foi

Léon XIII est un homme de gouvet Il connaît le mécanisme qui ajuste, c société, les membres si divers qui la cor Il veut que chacun conserve la sltuatio

nt, et exerce, dans toute leur étendue,

oirs et les fonctions qui lui sont propres.

:inain même de son élection au Souve-

ntifîcat, il rencontrait dans une galerie

je français, l'arrêtait un moment et lui

s propres paroles :

^es évêques peuvent compter sur moi.

utiendrai. n

; travaillerai jusqu'à la mort ! » disait-il,

jelques mois, à l'archevêque de Paris.

il le plus soutenu aura été l'honneur de

nde et belle existence. Ce qui distrait et '

.éonXIII, lorsqu'une occupation lui a

[uelque fatigue, c'est d'en aborder une

nt le genre soit différent.

is félicite, Monsieur, des efforts que vous

:z à faire connaître notre Pontife, à nous

: sous les yeux de tels exemples et de si

otifs de confiance et de courage.

ez agréer l'assurance de mes sentiments

distingués.

ANATOLE LEROY-BEAUL

Je ne croîs pas que, dans toute la 1 des papes, il s'en trouve beaucoup d ait été plos puissante et plus bienf; celle de LéonXllI. Pour en juger, comparer ses quinze ans de pontitica ans de règne de Pie IX.

Pie IX et Léon XIll : tous deux gn si ce n'est tousdeux grands hommes:

bien différents! Entre eux, presque te traste. L'opposition qui éclate entre la les traits noblement réguliers de Pi figure maigre, osseuse, le visage a Léon XIII, nous la retrouvons partou dans leur personne comme dans li dans leur esprit comme dans leur C'est un grand bonheur, pour l'Egl la société civile, qu'après un pape arc tucux, véhément, toute sensibilité et hors, tel que Pie IX, soit venu un pa

l60N Xllt DBTAMT SES COHTBMfOKA

A quoi a-t-il employé son autorité pc le pape septuagénaire dont les frêle! ont dû porter la lourde succession de A rapprocher l'Eglise du peuple, à la lier avec ce qu'on appelle la civilisation i Une fois au gouvernail de la barque r après avoir quelque temps louvoyé co certain, cherchant à reconnaître le prendre le vent, Léon XIII l'a hardi rigée vers des rivages nouveaux ; sans les brouillards du large et les écueils d sans se laisser arrêter par les terret partie de son équipage, le vénérable donné un coup de barre vers la Démt vers la République, Cela seul serait un f dérable dont il est malaisé de mesurer 1

Nous commençons à revenir des pn nos grands-pères; nous sentons que le niane a une vitalité, et TEglise une for jeunissement qui, à nos enfants, peuve ver bien des surprises. Qui saurait di influence peut reprendre un jour sur des choses humaines, dans notre vieillie ou dans les Continents neul tique Eglise dont le dix-huitième sièi par avance célébré les funérailles, et encore le dix-neuvième siècle expirant !

; à jamais des affaires de ce monde?

inattendue! à dérouter tous les calculs s et les prévisions des habiles, l'ocnDipontilîcale et l'infaillibilité du pape qui.

Concile de 1870, nous semblaient dcoujours immobiliser l'Eglise, en lari- 1 tradition et en l'enchaînant au passé, qui se montrent plutôt, pour Rome, un d'aifranchissement et une cause de rement. Ce que peut faire de l'Eglise un qu'en saura tirer la chaire apostolique des temps, nul de nous ne peut le pré- :et égard, le pontificat de Léon XIII est ; encore plus remarquable, par ce qu'il l'augurer de l'avenir, que par ce qu'il a dans le présent. Quand on voit l'impulmée à l'Eglise dans les quatre ou cinq s années par un pape presque octogé- 1 se demande involontairement oii devra ', au cours des siècles, l'initiative d'un ontife, d'un Hildebrand ou d'un Inno-

: et hardie est déjà la tâche entreprise 1 XIII ; le monde, il y a moins de vingt ût jugée téméraire et l'eût proclamée ]ue. Quel est le but que parait s'être : cardinal Pecci, en ceignant la tiare? Il

semble s'être proposé, je le constatais ment ailleurs (i), de réconcilier l'Egli:

Société moderne, entre lesquelles le 5^/, Pie IX paraissait creuser un fossé que du siècle déclaraient infranchissable; réconciliant l'Eglise et la Société tnod comptait relever l'ascendant du Sair restaurer son indépendance et sa souï morale, si tes temps ne permettaient pi lever sa royauté terrestre.

Ce plan, Léon XIII paraît l'avoir ment médité dansson active retraite de I on en discerne les grandes lignes dans lettres pastorales sur VEgïise et la Civi que le cardinal Pecci adressait à ses die quelques mois avant d'être élevé à la c prêtne. Le Pontife romain n'a guère fait cuter ce qu'avait rêvé aux montagnes d tl'archevêque-évêque» dePérouse. Ma:

bouts de ce qui se voit d'habitude, ra( pontife a été plus hardie et a porté p que les songes de sa jeunesse ou les mé< de sa maturité. Au lieu d'affaiblir sa v diminuer son énergie, les années ont él

(i) Voyez mon élude sur la Papauté, le Soeia Démocratie, Calmann Livy, 1891. Cf. Revue Mondes du i5 décembre 1891 ei du 1" mare i8g

t XIII DBTAHT SBS CONTBHPORAIKS

agrandi le champ de son action. A 'il devenait plus vieux, il a osé davan-

jamais, pour cela, se départir de la de son âge, restant sage et mesuré on apparente témérité. C'est que ses it été le fruit de son expérience. Loin iger sa vieillesse, les déconvenues de le ont été, pour lui, le principe d'iniuvelles ; ses mécomptes auprès des les chancelleries l'ont tourné vers les vers la Démocratie, vait laissé le pontificat romain, désa couronne temporelle et nimbé de ; l'infaillibilité, en guerreavec presque ats et les puissances de ce monde.

a voulu réconcilier l'Eglise avec les j en même temps qu'avec la Société •t, parmi les Puissances, derrière les ;s monarchies, longtemps les incomliidèles alliées de l'Eglise, ilarencoades temps nouveaux, la Démocratie; de lui jeter l'anathème ou de sedé- ;lle, le Pape, se ressouvenant de

lui a loyalement tendu la main. Il lui parler de ce qui lui tient le plus ' e la question sociale, de l'ouvrier, de

lui a dit que si ia Démocratie abou-

LÉON Xltl DEVANT SES CONTEMPOKi

tissait à la république, au suffrage un la souveraineté du peuple, l'Eglise n':

contre la république, contre la liberté; royauté populaire, — pourvu que, sur du prêtre, la parole de Dieu demeurât Le successeur de Pie IX, — le Syllabus, — est ainsi devenu le plus des papes; et, comme Pie IX luï-n court printemps de son pontificat, a.\ de Gaète et avant l'assassinat de Rc avec plus de hardiesse et plusdemesun Léon XIII, en ses dernières années, s' tre démocrate aussi bien que libéra) ; t sant, l'octogénaire reclus du Vatican ; par-dessus quatre ou cinq siècles, le papes guelfes du moyen âge, défen peuple et alliés des libres Communes.

Europe, ou dans l'ingrate Italie, lapap reprendre un rôle digne de son passé, point de l'ancien régime et des siècle:

qu'il lui faut se souvenir. Doit-elle jai ver, sinon sa chétive monarchie tempi moins sa suprématie morale, ce ne que par un retour à la tradition guelf modéeà la démocratie moderne et ai nouveaux, en demandant aux peuple liberté ce que les pâles pontifes de;

a82 lÉOM xni devant ses cowtemporaiks

siècles ont vainement attendu des trônes «t des monarques, de l'absolutisme et de l'immobilité. Un pareil changement de front ne peut s'accomplir brusquement, ni porter toutes ses amséquences en quelques années. La papauté ne saurait devenir révolutionnaire et, comnie Louis XVI au 20 juin, coiffer le bonnet rouge; ce n'est pas à elle de renverser les trônes sur lesquels l^Eglise s^est si longtemps appuyée. Si Rome, qui a les promesses de la pérennité, ne doit pas s'ench^ner aux choses qui passent, ni lier sa cause aux monarchies vieillies ou aux dynasties vieillissantes ; s'il n'est pas du rôle de l'Église de faire obstacle aux transfonna* lions sociales ou politiques, il ne lui convient pas davantage de hâter l'écroulement des inslitutions édifiées par les siècles. Si elle ne craint pas de sourire à la Démocratie, il lui siérait peu de s'en faire l'instrament et la servante, ou de lui témoigner partout un abandon et une conâance qui risqueraient d'être trompés; car,siles rois ont été souvent, pour le Siint-Siège et pour l'Église, des alliés égoïstes et des auxiliaires perfides, la Démocratie, si court qu'ait encore été son règne, a déjà eu le temps de montrer, en plus d'un pays, que l'Eglise ne pouvait toujours se fier i elle. Cette Démocratie moderne, que

Léon XIII voudrait ramener à Di Christ, elle a contre l'Eglise, contre la elle a contre le Christ et contre Dieu m préventions « des rancunes dont sor leuse jeunesse n'a pas encore eu TiRtell t'énei^ie de se défaire. Elle craint qu ne la caresse que pour lui passer le licc du col; et ses injustes défiances, les p:

hiérarchie catholique ne les vaincront < de patience et à force de prudence.

N'importe, l'Eglise n'est pas de ae découragent. Une chose, pour n de doute, c'est que l'impulsion do Léon XIII survivraà Léon XIII, — d ou deux de ses successeurs hésiter à s exemple. Avec Léon XIII, le pape déc interné dès le jour de son avènement ai Vatican, a commencé une nouvelle d^ pontifes qui chercheront la force là o désormais, — dans le peuple, — et plat droits de l'Eglise sous la seule sauvegan puissent offrir les mœurs modernes, — I

Quelles seront, pour l'Eglise et pour 1 les conséquences de la politique inaug Léon XIII? Je ne puis le chercher ici drait, pour cela, examiner la situation i des nations oHitemporames. Mais cou

lAoH ZIII DBTAKT SB9 CONTIMf

péter à quelque mille ans de distat France, malgré la Révolution et m voltes, semble toujours à Rome la l'Eglise, le? services que le Vatican] de la France sont-ils les mêmes q reçus le Latran, de Pépin et de Chî

Je ne le crois pas. Cela même strable ni pour la France, ni pour h . n'y a plus de place, en Europe, pc ou pour un Charlemagne descendai Il est loin le temps oià l'Eglise poi parmi les peuples un bras de chaii de fer. Ce n'est plus une épée, qu'i jourd'hui; car ce n'est plus par l'i conquerra ou qu'elle maintiendra e

Repoussons les fantômes évoqi histoire qui ne se recommencera poi nous gardant de prendre les souven pour les espérances de l'avenir, n'( que, aux yeux du monde, la Frai première nation catholique. Cela, Révolution et malgré la Républiq notre scepticisme ou notre indifîérei portion de notre héritage, une moiti de notre patrimoine national, — or est l'autre; — et cet héritage, dimir malheurs et par nos fautes, il n'est

X nos enfants nous permettent cte

înservcr, ou veut-elte reprendresa obe, la France a besoin d'être en aint-Siège. Elle ne peut faire la lise sans affaiblir l'influence fraover des armes à elle-même. Toute

à part, ta France a un intérêt : que la papauté soit libre et les rares puissances qui peuvent icQurs au relèvement de ta France, : encore la mieux disposée pour , à toup sûr, la plus désintéressée, squ'elle peut nous rendre ne coû- |u'à nos préjugés. Le Saint-Siège,

dise, ne nous demande point de js de 1 789 et ce qu'il y a de noble is l'héritage de la Révolution. 11 ; nous de crier raca à la liberté; il ■us imposer, ni pénitence publique, honorable. Lisez l'encyclique de X catholiques de France; oii voyezape nous dicte aucune abjuration?

faite en France à l'Eglise, ce n'est Siège qui l'a provoquée ; et cotn- Siège désire y mettre fin, tous les 1 XIII en témoignent. C'est là,

LiOtt XIll DSVANT SES CONTEll

peut-on dire, un des soucis con; pontificat. Aux actes d'hostilité pt Rome n'a jamais répondu que pi de paix et par des marques d'atfec nous réjouir nos ennemis, nous notre sot orgueil ou par nos prév nées, qu'à rebuter sa patience.

Rappelons-nous les deux demi talions de Léon XIII, son enc situation des ouvriers et son e catholiques de France. Le Pape deux choses également précieus font presque également défaut ciale et la paix religieuse. — La Léon XIII nous en a magistral les conditions; mais il ne dépeni de nos gouvernants, de nous la une œuvre de longue haleine, œu à la fois et morale, à laquelle il concourent, et que pape, emper ment, aucune autorité ne saurait a jour. — La paix religieuse, a dépend du pape et de nos gouve l'assurer. Léon XIII a fait pouri était en son pouvoir; il nous i ditions, et il n'en a qu'une : la lib

Dans son désir de paix, il n's

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