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qui entrera dans s'y arrêtera deou le saint dont la dépouille mortelle reposera dans la coquille de marbre que ses contemporains lui auront faite, représentera, par sa statue sculptée sur le couvercle, un pape aux traits émaciés jusqu'à l'apparence même du fantôme, et au corps si réduit par l'extrême vieillesse qu'il semblera redevenu un corps d'enfanl et qu'à travers ce corps, anéanti en quelque sorte, transparattraj comme à travers les grains brillants de son albâtre ou de son marbre, — son âme toute grande. C'est celte âme, une des plus vastes que les temps auront laites, qu'aura pourtant su produire pour en être dominé, éclairé, illustré, le dix-neuvième siècle qui passait pour le plus petit des siècles. Le plus petit
nroe un soleil d a et féconda so
: LéonIX, ser
descendre à Vi nt dans la tomt ;rre funèbre er te refermer si disant, il s'allor in voyageur dar :n demain saura.
:ps, ou soleil d ipes sur l'aven Ainsi cet auti dormant ce soi
__ j. , pter quelabont
Dieu ou la reconnaissance des hommes saur s rayons sa passagère sépulture « souvenir !
Gerbei, Esquisse de Rome Ckritienn'
:ill DEVANT SES CONTEMPORA.IHS
culum, OÙ dort la mémoire encore har- Cicéron; non loin des cascatelles de murmure du résonnant Anio, la légère e scande encore ses strophes. A gauche,
noir palazzo des vieux Caetani garde, ie ses créneaux, le souvenir austère de I et comme la trace du gantelet de fer de silhouetta sur ces murs déshonorés par le geste du soufflet dont, plutôt que papauté, la chevalerie se souffleta^ellè-
là-bas, au fond de l'horizon, avec le
fois cuyda ts pape esire uié, par un cbeva- : la Coulonne, si ne fust qu'on le détourna.
frappa delà main, armée d'un gantelet sur ues à grand effusion de sang. (Vid. Dupur, 'irend, p. 199.) is et fenestris palalii papEe, et pluribus locis
per y'ira ad papam exercilus es( ingressus ; multivcrbii contumelioEis i
pluribus sunt ill ro cùm ad ratione
la;. Sed papa nulli res-
^apaïui, coHstanie perderecapui suun
respondit 11 non »
,dicansin»uo¥ulgari;
eccoilcapol > (Walaingham.) ara. qui écrit sous une influence le crime de Bjnîface. Selon lui, Colonaa, oéchal du roi de France, ajanl saisi le pape, in cheval sans frein, la face tournée vers U !nt courir presque jusqu'au dernier souffle; lient fait mourir de faim, sans le peuple . Dupu}-, Prtuvetdu JHff^tnd.)
soleil dorant ses séculaires murailles et ses poussières immortelles, avec ses vieux palais tombant en ruines pour se relever en églises nouvelles, avec ses millions de Viraux scintillants, ses imiombrables coupoles et celle de San Pietro les dominant toutes, comme un aïeul colossal sa petite famille, -> l'incomparable panorama de Rome vue, au lointain bleuâtre de Ta^ro, au déclin d*ua beau jour.
C'est par des rues étroites, escarpées, paysannes, que vous entrez dans ce silencieux Carpineto dont l'image la plus réelle et la plus pittoresque serait celle d'un de ces sombres nids d'aiglons ou de corneilles
••• Tune populus fecit papam deportari in magnam plateam, ubi papa lacrymando populo prsdicavit, inter omnia grattas agens Deo et populo Anagnis de vita sua. Tandem in finesermonis dixit : — « Boni homines et mulieres, constat vobis, qualiter inimici mei venerunt et abstulerunt omnia bona mea, et non tantùm mea, sed et omnia bona Ecclesiae et me ità pauperem sicut Job fuerat dimiserunt. Propter quod dico vobts veraciter, quod nihil habeo ad comedendum vel bibendum, et jejunus remansi usque ad praesens. Et si sit aliqua bona mulier quae me vellt de sua juvare eleemosy'na, în pane vel vino ; et, si vinum non habuerit, de aqua permodica, dabo ei benedictionem Dei et meam... » Tune omnes ex ore papae clamabant : — « Vivas, Pater sancte? « Et nunc cerneres mulieres currere certatiin ad palatium, ad offerendum sîbi panem, vinum vel aqoam. Et cum non invenirentur vasa ad capiendumallata» fundebant vinum et aquam in arca camerae papae, in magna quantitate. Et tune potuit quisque ingredi eteum papa kx^, sicut cum alio ptupere. (Walsingham.)
LÉON XIII DEVANT SES CONTEMPORiUNS IÇ
d'ailleurs, était symbolisé par une main d'ivoire à poigne qui le terminait significativement. Les robes de ces dames, surmontées royalement de la chérusque en collerette de blonde, étaient déjà toutes prêtes (i). Sur les épaules de ces messieurs, complaisamment recrutés comme des paradeurs de simple marque dans les dernières antichambres des derniers rois, les clefs et les faisceaux avaient brodé leurs éloquents emblèmes : et ce n'était qu'une envolée de manteaux en velours doublé de satin, de chapeaux retroussés sur le devant garni d'un panache, d'écharpes, de rabats en dentelles, d'épées postiches à la garde sans usure de nacre, dans ce palais des Tuileries où les sages abeilles de Platon, aveuglées par tant d*éclats et par tant d'ombres, ne savaient plus que mourir aplaties et piquées des deux ailes sur le man* teau impérial qui, avec elles, dans ses plis d'hermine et de pourpre, semblait ensevelir à tout jamais la sagesse elle-même. Comme assistant suprême de ce couronnement ou de ces funérailles, on n'attendait plus que le p^pe. Il fallut bien qu'il arrivât, plutôt traîné que porté à Fontainebleau par le carrosse où , du reste, l'impoli Souverain eut bien garde de laisser monter le premier le vieux Pontife (2).
(i) Mémoires de Madame de ' Rémusat, tome II, c. ix, p. 55; édit. Calmann Lévy, i88i-i885.
(2) Ibidem, c. X, p, 61.
abjectes que déposaient à ses pieds les princes de l'ancien Régime devenus aujourd'hui ses chambellans, ou comme pour chercher en se battant avec les nations coalisées une gloire que les lâches individus séparément asservis rendraient vaine, l'Empereur de repartir pour des conquêtes nouvelles. Alors, ce fut Austerlitz : une fugue dans le soleil. Alors, Eylau : un éclair sur la neige. Alors, léna : une chevauchée de parade avec, pour fanfares plaisantes, la canonnade ennemie et cette réponse plus plaisante encore de l'Empereur à Berthier qui lui demandait de s'arrêter : <( Vous seriez
donc bien content, d^aller p (jeter de l'eau) dans la
Seine ? (i) » Entre Friedland et Wagram, on s'arrêta deux semaines à Erfurth, cette fois pour une véritable parade où, non plus Napoléon, mais Corneille se chargerait de jeter les vers de César magnanime à Cinna pardonné, par la tête d'autant de roitelets que l'Europe pouvait encore en contenir et que M. de Rémusat saurait caser au modeste parterre d'une toute petite salle de spectacle : « Monsieur Gœthe, dit l'Empereur en s'inclinant vers le poète, savez-vous ce qu il arrive aux écrivains qui montrent toujours la vertu dans des fictions : c'est qu'ils font croire que les vertus ne sont jamais que des chimères. Votre peuple est-il heureux? — Sire, il espère beaucoup! »
(1) Ibidem, c. vu, p. 34g.
KllI DEVANT SES CONTEMPORJilNS
ûyamé, — ceUe de l'esprit, — dont Naîût voulu, se serait rendu maître (i). Et icontrertant d'hommes et pas uo d'in- [ipereur retourna son cheval vers Paris, lant que, selon ses paroles du 2 déau Corps Législatif, il a soumis l'Aragon I et chassé de Madrid le gouvernement né par l'Angleterre; maintenant qu'il a les sur les remparts de Vienne, qu'il a :ané à l'Empire, et que, n'ayant pu conéts matériels et spirituels de la Papauté, 1 donation des empereurs français, ses 3, en réunissant les Etats Romains à la ntenant que, par le traité de Vienne, sont ses alliés, que la Hollande n'est l'une partie de la France, une alluvion 1 Meuse et de l'Escaut ; maintenant que, estant sa seule et inattaquable ennemie, ; plus qu'à aller au-delà des Pyrénées sse au Léopard épouvanté qui cherchera éviter la honle, la défaite et la mort; :— lonc, que manque-t-il à tous les vœux César qui, plus grand que l'ancien, dor ropeplus puissante que l'autre et n'est
e de Taïleyrand-, t lan Lév7, 1891.
LÉON XIU DEYAMT SES CONTEMPORAINS fÇ 4
encore qu'à la dixième année de son empire et de j
son siècle ? Ce qui lui manque : c*est un lendemain à i
ce jour, c'est un fils à ce père, c'est un pape débile à '{
ce mari désespéré qui demande humblement le di- Torce. Humblement, pourquoi donc? Celui à qui nul iiomnie, si fort fût-il, n*a résisté, trouvera-t-il un insurmontable obstacle dans ce pontife septuagénaire quand il lui parlera encore en mattre ?
Et Tempereur parla, et le pape se tut. Et l'empereur tonna, et le pape ne courba pas la tête. Et Tempereur fît conduire le pape en prison, et ce fut l'empereur, avec sa toute*puissance désormais entamée par un inébranlable vieillard» que le pape fit entrer le premier sous les verrous néfastes de Savone. Alors, vinrent les jours du Roi de Rome qui, dès le berceau, avaient été comptés par une main mystérieuse traçant aux Tuileries, comme au palais de Balthazar, le premier mot de la sentence dont allait être à tout jamais condamné le geôlier du Vicaire du Christ : — c Mane l » Ensuite arriva l'heure où, après avoir passé le Niémen dans le soleil brillant de juin et Téblouissement d'une armée pareille à celles qui défilent dans les apothéoses (i), il fallut repasser la Bérézina sous l'éclat bien changé des neiges «nsevelis-
(i) Voir \ts Mémoires du général, baron de Marbot^ t. III, c. n, p« 53; édit. Pion et Nourrit; iSqi.