‹ Léon XIII devant ses contemporainsChapitre 18 sur 34 · FRANÇOIS CRISPI · texte numérisé non relu

FRANÇOIS CRISPI

Rome, 26 février 1892.

Jusqu'eni887,j'aipu supposerque Léon XIII se serait réconcilié avec l'Italie.

L'estimant pour un homme supérieur, je pouvais espérer qu'il gouvernerait TEglise avec un esprit indépendant, sans plus prétendre au pouvoir civil, et en se soumettant aux institutions

Puisque vous y consentez^ je préfère que mon article soit publié en italien.

Bien à vous,

FftANCESCO GRISPI.

leggi degli Stati, siccome gli fu imposte dal divin Redentore.

La Chiesa cattolica essendo universale, per mantenere la sua unité, bisogna rispetti la patria ed il governo d'ogni credente. — Il Papato, regio in Italia, partigiano politico negli altri paesi, è una falsificazione del Christianesimo. Solo a condizione che si limiti allô impero délie coscienze, esso potra esercitare fra i popoliquella missione di pace cui lo ha chiamato Colui, il quale, rispondendo ai suoi pers^cutori, dichiaro che « il suo regno » non è di « questa terra ».

Ame parve, che Leone XIII avrebbe dovuto comprendere tutto ciô.

Ai miei amici, i quali, per indicare le tendenze del Sommo Pontefice, mi ricordavano il suo Brève del i3 luglio 1886, « Dolemus inter alia », io rispondeva opponendo la sua Léttera del i5 ottobre 1879 al cardinal de Luca, sull' Accademia romana di S. Thomaso, e l'ovazîone del 7 marzo 1880 con la quale il Santo Padre promuoveva lo studia délia ôlosofia del TAquinate (i).

(i) La lettera e l'orazione sono Tapologiadi San Tommaso, délie cui dottrine reclamava lo studio, anzi l'imponêva net

et aux lois des Etats, comme il en reçut rinjoiïction du divin Rédempteur.

L'Église catholique étant universelle doit, pour que son unité soit maintenue, respecter la patrie et le gouvernement de tout croyant. — La. Papauté, qui se fait royale en Italie et sectaire politique dans les autres pays, est une falsification du Christianisme. A la seule condition qu^elIe se limite au gouvernement des consciences, elle pourra exercer parmi les peuples cette mission de paix à laquelle Ta appelée Celui qui, répondant à ses persécuteurs, déclara que a son royaume » n'est pas de « ce monde ».

Il me paraît, à moi, que Léon XIII aurait dû comprendre tout cela.

A mes amis, qui, pour préciser les tendances du Souverain Pontife, me rappelaient son Bref du i3 juillet 1886 <c Doîemus inter alla », je répondisen opposant sa Lettre du 1 5 octobre 1 879 au cardinal de Luca, sur TAcadémie romaine de Saint Thomas, et le discours du 7 niars 1880 par lequel le Saint-Père recommandait Tétude de la philosophie aquinienne(i).

(i) Cette lettre et ce discours sont V apologie de Saint Thomas et de sa doctrine dont le Saint'tère réclamait l?é*

I miei amici ebbero ragione ; e dovetti convincermi sempre più che i Gesuiti, ai quali Leone XIII aveva concesso nuovi privilegj, sono abbastanza potenti per sapere dominare anche i grandi intelletti.

Ed allora ricordai i'opinione, manifestatami quindici anni addietro, à Berlino, da un grande statista : cioè, che nei Vaticano Tuorno non pu6 avère volontd, e che colui il quale citige la tiara, sia libérale, sia reazionario, è vinto dalla Curia e, se non cède, puô essere anche vinto materialmente — nella persona.

seminarj. L*entusiasma era taie per TAquinate, nei primi anni del suo regno, che Leone XIII aveva ordinale d'innalzargli una statua.

Al 1886, il Papa mutô e revennero gli amori pei Gesuiti. L'evoluzione fu compléta, e se ne videro le conseguenze quando fu smentita la missione del padre Tosti.

I Francesi hanno bisogno del Papa, corne strumento politico; e, con questo, si allontanano sempre più da noi : — il che e un maie, pei due paesi. . .

. ...Quello che bisogna si sappia, è che Leone XllI si présenta corne Tomista, nei primi sette anni del suo pontiâcato; Gesuita, dappoi. Una veracontraddizione; et ciô, per la febbre del Povere temporale.

F. Crispi.

Mes amis eurent raison ; et je dus me convaincre toujours davantage que les Jésuites, auxquels Léon XIII avait concédé de nouveaux privilèges, sont suffisamment forts pour savoir dominer les grandes intelligences elles-mêmes.

Et alors je me ressouvins de l'opinion émise devant moi, à quinze ans en arrière, dans Berlin, par un éminent homme d'État : à savoir, qu'au Vatican l'homme ne peut avoir de volonté, et que celui qui ceint la tiare, soit-il libéral, soit-il réactionnaire, est aussitôt vaincu par la Curie romaine et, s'il ne cède, peut encore être vaincu métériellement — dans sa personne.

François Crispi.

tude, ou plutôt V imposait aux séminaires. L'enthousiasme de Léon XI II pour le docteur d* A quin était tel, durant les premières années de son pontificat j qu^il avait ordonné qu'on élevât une statue à ce saint.

En j886, le Pape changea ses sentiments, et alors revinrent ses anciennes amours pour les Jésuites, L'évolution fut complète, et on en vit les conséquences lorsque fut démentie la mission du père Tosti.

Les Français ont besoin du Pape, comme d'un instrument politique ; et, avec lui, ils s'éloignent de nous toujours davantage : — ce qui est un mal, pour les deux pays. . .

...Ce qu*il importe de savoir, c'est que Léon XI II se présenta, durant les sept premières années de son pontificat, comme Thomiste; et Jésuite, ensuite. Une vraie contradiction; et cela, par la fièvre du Pouvoir temporel.

F. Crispi.

PAR

MONSEIGNEUR FAVA

Grenoble, le 27 février 189*.

Cher Monsieur,

J'ai connu un missionnaire qui avait fait vœu de ne jamais refuser une invitation à prêcher, et il tenait parole. Sans avoir fait vœu de parler du Souverain-Pontife qqand on m'en prierait, je ne m'y refuse pas. C'est pourquoi, cher Monsieur, je m'empresse de répondre à vosdésirs, en vous disant deux paroles de Sa Sainteté Léon XIII •

— Allei au peuple !

C'est la première. J'avais l'honneur d'être assis auprès du successeur de Pie IX, et je rendais gloire à Dieu qu'il eût, à partir de Grégoire XVI, fait la papauté si populaire et

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