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rain, nul homme d'Etat, nul chef de religion n'aurait pu tenir le langage de l’encyclique sur la constitution chrétienne des Etats. Cependant tout ce qui est ami de l’ordre et de la raison, de l'Orient au Couchant, du Septentrion au Midi, s’est incliné devant sa parole et n'a trouvé rien à reprendre aux doctrines qu’elle expose.
Inclinons-nous à notre tour devant cette autorité qui tire sa force de Dieu même, de l'existence vingt fois séculaire de l'Eglise, et du caractère, des talents supérieurs, du génie dont le ciel a doué ce Pape immortel et ce grand homme d'Etat, Inclinons-nous devant sa parole et suivons les conseils de celui dont la sollicitude s’est étendue jusqu'aux fidèles du Canada, jusqu’à cette grande institution sous les auspices de laquelle nous sommes réunis ici ce soir, institution fondée et maintenue au prix de tant de sacrifices et qui ne se propose qu’une chose : l'avancement et la prospérité de la patrie canadienne par l’enseignement chrétien des lettres et des sciences.
Suivons aussi les conseils qu'il donne aux catholiques de l'univers entier: “ Unissez-vous pour résister à vos nombreux ennemis.” Les catholiques d'Allemagne l’ont écouté, et ils ont triomphé. Les catholiques de France, qui seraient si puissants s'ils étaient unis, sont restés divisés et sont débordés par leurs ennemis. On est porté à verser des larmes, quand on songe que, sans ces malheureuses divisions, la liberté de l'Eglise aurait été restaurée avec gloire, et qu’au lieu de ce bonheur nos frères subissent les brutalités d’un régime qui ne veut de la liberté de conscience que pour ceux qui n'ont aucune croyance.
Profitons de cette triste expérience. Ecoutons un homme qui sy connaît aussi bien dans les affaires de ce monde que dans celles du ciel. Que les catholiques du Canada soient unis, les fidèles autour de leurs prêtres, et ceux-ci autour des évêques. Notre union parfaite serait l’offrande la plus précieuse que nous pourrions donner au Saint Père. N'oublions pas que cette union signifie “ l’union de l'Eglise et de la civilisation,” cet objectif élevé de la politique du Grand Pontife, la note dominante de son œuvre, le programme de sa vie, et le testament qu'il laissera à ses successeurs.