‹ Léon XIII intimeChapitre 8 sur 20 · DELLE SCIENZE, DELLE LETTERE E DELLE ARTI · texte numérisé non relu

DELLE SCIENZE, DELLE LETTERE E DELLE ARTI

NELL' OCCASIONE in CHE le STANZE RORdlA

DALLA SOVRANA .MINIFICENZA DI Lll

SONE RESTITUITE all' ANTICO SPLENDORE

(iLI ALTORl U. 0. U. D.

Or. si L(^on XIII so montre facilement généreux lorsqu'il st> trouve en présence d'un grand intérêt religieux ou artisli(|ii(>. il est juste d'ajouter qu'il fait preuve d'une extrême parcimonie quand il ne s'agit que de lui-niôme ou d'entreprises purement utilitaires.

11 s'est décidé pourtant, de date récente, à faire installer la lumière électrique au Vatican, et cette installation a été bénie avec toute la solennité voulue, le li) février dernier, par Mgr Pifferi, sacriste des Palais apostoliques. Encore le Pape ne se serait-il peut-être pas résolu aux dépenses nécessitées par l'installation dont nous parlons, si on ne lui avait fait entendre qu'il en résulterait bientôt, en ■^omme, une notable économie. En effet, les becs de gaz |tii servaient à l'éclairage du Vatican entraînaient une dépense annuelle de quinze mille francs au mininum. On i calculé que cette dépense annuelle se trouverait désormais réduite à dix-huit cents francs au maximum, soit une lifférence de plus de treize mille francs qui, en trois ou quatre ans, auront largement couvert les frais de première installation de l'éclairage électrique.

Le courant est obtenu par une chute d'eau de quatorze mètres de hauteur empruntée à la fontaine de l'Aigle qui >e trouve dans les jardins du Vatican. Cette chute d'eau Droduit dix chevaux de force qui, recueillis dans une turbine, mettront en mouvement une dynamo. Celle-ci alimen- :era six cents lampes électriques à incandescence. Sur une les parois de l'usine électrique du Vatican, Léon XIII a 'ait placer une Vierge tenant dans ses bras l'Enfant Jésus.

Mais au fait, j'ai peut-être eu tort déqualifier d'entre-

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prise purement utilitaire l'installation de l'électricité au Vatican; et je songe que, sans doute, Léon XIII n'a pas été^ fâché de prouver une fois de plus que l'Ég-lise, immuable quant au dogme et à la morale, accommode volontiers les manifestations de sa vie extérieure aux découvertes de la' science moderne, et marche, selon l'expression populaire, avec le progrès.

La famille pontificale.

M-' ANGELI. — LE CONFESSEIR DU PAPE. — LE DOCTEUR LAPPONI ET LA SANTÉ DE LÉON XIII.

Le Vatican, prison du Pape, embellie, par le Pape, a sollicité bien souvent la plume des écrivains et le crayon ou le pinceau des artistes. On connaît moins, parce que la grande figure de Léon XIII absori)e dans son rayonnemont toute autre lumière, les hôtes qui évoluent journellement dans ce cadre merveilleux. Parmi ceux-là, il en est quatre que la nature de leurs fonctions attache plus intimement à la personne auguste du Pontife. J'ai nommé son secrétaire particulier, Mgr Angeli ; son confesseur, Mgr Pifïeri ; son médecin, le docteur Lapponi ; son valet de chambre, le chevalier Pio Centra. (Nous parlerons de ce dernier dans le chapitre suivant : La Journée de Léon XIII).

Mgr Angeli a environ quarante ans. Il est plus spécialement chargé de la correspondance privée de Léon XIII. Mais la confiance que lui témoigne le Pape, juste récompense d'un exceptionnel dévouement, a peu à peu considérablement accru les attributions et les prérogatives de ce prélat. Mgr Angeli n'est pas seulement le secrétaire particulier de Léon Xlll, il est son ombre, son confident

et. si j'osais employer une expression que le protocole condamnerait à coup sûr, son ami.

On comprend, d'ailleurs, que les fonctions de secrétaire auprès d'un homme comme Léon XIII ne constituent pas précisément une sinécure. Léon XIII travaille souvent et son secrétaire travaille avec lui jusqu'à seize heures par jour; encore, lorsque Mcfr Ang-eli va se coucher après une journée de « surmenage )), n'est-il jamais sûr que son repos ne sera pas interrompu brusquement par un appel venu de la chambre du Pape. Léon XIII, en effet, dort peu, et l'extraordinaire vieillard, incapable de se résoudre à une inaction prolongée, taquine volontiers la Muse en attendant le sommeil. D'autres fois, il songe à quelque encyclique dont les premiers feuillets dorment sur sa table de travail. Il condense, mentalement, sa pensée dans une formule dont il craint de ne pas se rappeler, au réveil, les termes précis. Et sa main se dirige, d'instinct, vers le timbre placé près de son lit. Trois minutes s'écoulent, et Mgr Angeli, accourant à demi éveillé, s'assied, résigné, à son bureau, pour écrire, sous la dictée (ki Maître, tantôt des vers latins, tantôt une de ces pages merveilleuses (iiii portent, de Rome jusqu'aux extrémités du monde, le pain de vérité dont le monde a besoin.

C'est, pour les amis de Mgr Angeli et pour les hôtes du Vatican, un perpétuel étonnement que le secrétaire particulier de Léon XIII puisse résister à un pareil régime. Il y résiste fort bien et ne songe pas à se plaindre. Bien plus l'excès de son dévouement s'alimente, dirait-on, de l'excès de fatigue auquel ce dévouement l'a condamné.

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