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tions plus favorables. Ce travail a porté et portera ses fruits.—En Orient, par exemple, & âce à l'habileté et à la clémence du &. Père, grâce encore au crédit dont il jouit près de la Porte, les dissensions arméniennes qui désolaient l'Eglise d'Asie ont pris fin. Un courant de sympathie s'est établi dans Ces contrées vers Rome et le S. Siège, et le jour n’est pas éloi gné—tout du moins le présage—où la Papauté triomphante reconquerra SU le schisme grec Ces peuples infortunés qui les premiers virent briller au frmament des ges l'étoile de la Rédemption.
L'infidélité elle-mème s’est inclinée devant Léon XIII. Convaincus par ses lettres—vrais chefsd'œuvre de haute politique—de l'influence que le christianisme exerce SUE la paix et le bonheur des nations, les empereurs de la Chine ct du Japon ont promis protection pour les missionnaires catholiques.
En Occident, qui ne connait les bienfaits inappréciables de cette même action sociale ? Sans parler de l'Autriche, de V'Espagne, du Portugal, ni de Angleterre ni de la Belgique, elle a empêché la France,dominée par les sectes,de déchirer les dernières pages du concordat. Elle a inspiré à la Russie des sentiments plus équitables. Partout elle entretient une sorte d'équilibre, de force pondératrice avec laquelle les gouvernements même les plus hostiles sont obligés de compter. Mais c'est surtout en
Allemagne, la patrie de Luther, la patrie de Frédéric
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IT et par adoption aussi de Voltaire, que le génie de Léon XIIT a remporté son plus beau triomphe.
En 1878,l Eglise catholique allemande, notimment dans la Prusse, présentait aux regards le spectacle le plus lamentable. Les ordres religieux bannis, plusieurs séminaires fermés, des Evêques condamnés à la prison ou à l'exil, quantité de paroisses privées de leurs pasteurs, sans sacrements ct sans culte, toutes les sources de l’éducation atteintes et viciées : tels étaient les tristes effets des fameuses lois de Mai qui couvraient depuis six ans d’un voile d’iniquité la persécution religieuse. L’orgueil germanique, luthérien et anti-romain, enflé par le succès des récents événements politiques et militaires, s'était dressé dans toute sa puissance et on eût dit qu’il voulait venger l’humiliation de Canosse.— Pendant ce temps, le socialisme, sortant de l'ombre des conventicules, faisait entendre sa voix menacante. Les catholiques, de leur côté, accentuaient leurs griefs : le parti du Centre s’organisait, et un malaise profond pesait sur toute l’ Allemagne.
Léon XIII, à peine élu Pape, se hâte de renouer des relations avec Berlin. Il écrit diverses lettres à l’empereur Guillaume ct d’un ton calme ct digne insiste sur la nécessité de clore cette lutte déplorable, désastreuse pour l'Eglise et fatale À l'Etat lui-même. L’'Encyclique qu’il fit paraître, dès le début de son règne, contre les socialistes, produisit sur l'Empereur
et sur son Chaneelier Yimpression la plus favorable. Des négociations furent ontamées. Illes marchaient lentement, lorsque soudain éclata au sujet des îles Carolines ce terrible différend qui faillit allumer la guerre.eutre V' Allemagne et l'Espagne. Comme pour préparer de loin un changement de front sur la question religieuse, mais aussi en réalité se faisant à gon insu l'instrument de la Providence, Monsieur de Bismark eut l'idée de proposer x l'Espagne, comme moyen définitif d’apaiser le conflit, l'arbitrage décisif du Pape. Cet acte, qui rappelait les plus beaux jours de la Papauté, mettait en pleine lumière la sagesse de Léon XII, le prestige de son nom et l'autorité de sa parole. Ce prestige accrut encore quand le S. Père, par s0n influence sur le parti du Centres assura l’heureuse issue d’une mesure législative, chère au Prince-Chancelier. La bataille était gagnée. Bientôt en effet un projet de loi, longuement élaboré, fut proposé et adopté, lequel, sans être parfait, mettait un terme à la lutte et réparait, du moins en partie, les criantes injustices faites aux catholiques. Ce fut alors que M. de Bismark écrivit à Léon XIII une lettre de remerciment commençant par le mot Sire, dans lequel tont Île monde sut voir, avec l’'expression de la gratitude du ministre, un hommage virtuel rendu au Pontife-roi. |
Léon le Graud, nous dit l’histoire, arrêta jadis Attila, ce fléau de la terre, aux portes mêmes de
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Rome. Un autre Léon non moins grand, l’orgueil de notre siècle, a pu courber sous sa main, sous la force toute-puissante de la vérité et de la justice, un second Attila, le chancelier de fer, ennemi juré du catholicisme, de Ja Papauté ct de la France.
Il existe, Mesdames et Messieurs, un rapport d'harmonie, une secrète affinité entre les intelligences d'élite et les cœurs généreux. Et de même qu'aux premières n'échappe aucun des problèmes les plus importants et les plus ardus qui agitent la société, de même on voit les seconds se passionner pour toutes les grandes causes, gémir sur toutes les misères, aspirer à la défense de tous les droits méprisés. L'histoire des Papes, qui n’est æutre que l’histoire de l'Eglise, nous en fournit de nombreux exemples, C’est l'Eglise qui, par ses pasteurs, ses évêques, ses Pontifes, a levé au-dessus des peuples l’étendard de l’émancipation sociale ; c’est elle qui, comme l’ange envoyé jadis à $. Pierre, est descendue avec tendresse dans les cachots de l’esclave et a fait tomber ses fers.
Léon XIITL est fils de l'Eglise ; plus que cela, il en est le chef. Il en a toutes les lumières, tout le dévoñment, tout l’amour. C’est pourquoi, se tournant un jour vers le monde civilisé, avec quelle sublime éloquence on l’entendit jeter aux nations ce cri de douleur et d’angoisse : “ Jusques à quand l'humanité régénérée dans le sang du Christ laissera-
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telle une partie d’elle-même—cette pauvre Tace africaine—traîner sur les marchés comme un bétail de vil prix ? ” C’était le signal d’une levée d’armes, d'une véritable croisade anti-esclavagiste, et si ce beau mouvement né du cœur d’un Pontife privé lui-même de sa liberté, n’a pas produit tous les résultats qu’on en pouvait attendre, il a du moins éveillé l'attention de l’Europe et provoqué à plusieurs reprises l’action des gouvernements.
C’est le même sentiment d'humanité et de justice, le même souci de la dignité, de la grandeur de l’homme, qui a fait de Léon XIII un ami dévoué de la nation martyre. Ce que l'Irlande désire, ce qu’elle %emande au droit commun, à la liberté, à la civilisation, Léon XIIT le désire et le demande pour elle. Ses actes l’ont prouvé, ses paroles ! en font foi. &il a cru devoir censurer le crime et la violence, c'était pour mieu% dégager d’ombres compromettantes une cause si noble et si pure, et le jour qui verra s'ouvrir pour la race longtemps malheureuse, dans le libre exercice de son autonomie, une ère de prospérité, de félicité nationale, sera pour Sa Sainteté un jour d'émotions vives, aussi vives et aussi profondes que celles qui firent battre, à l'heure de son triomphe, le cœur du grand O’Connell.
À ln vue des évènements dont nous sommes les témoins, de l'attitude de Rome dans toutes les
1—Voir les lettres de Léon XTIT à l'épiscopat irlandais.
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graves questions du monde social moderne, w’a-t-on pas dit, Mesdames ot Messieurs, que Léon XIII était démocrate ?
Je n’ai ni la mission ni la prétention de parler au nom du chef de l'Eglise et de formuler ici. pour lui une profession de foi politique. J ‘ignore ses vues personnelles, Ce que je sais, e’est que St-Thomas, cet oracle du moyen âge, nuqnel le Pape actuel se plaît à emprunter ses doctrines les plus Inmineuses, enseigne positivement la supériorité de la monarchie— d’une monarchie sagement tempérée — sur toute autre forme gouvernementale, Ce que je sais encore, c'est que la Papauté cst elle-même une monarchie dont le chef règne et gouverne, et que le Pape Léon XIII en exerce les pouvoirs dans toute leur plénitude. — Quant à l'Eglise dont unique but est de sauver les nations, indépendante de tons les partis, elle les domine de toute la hauteur de sa céleste origine : elle ne fait pas les pouvoirs humains, mais elle les couvre du respect qui seul peut maintenir ct consolider la paix publique. Et si, au lieu de couronner les Charlemagne et les Louis IX, nous la voyons aujourd’hui bénir la démocratie, si cette main qui faisait jadis couler sur le front des rois l’huile consécratrice s’applique maintenant avec un soin plus jaloux à régénérer le front du peuple, À sauvegarder sa foi, à diriger sa marche, À consacrer le fruit de ses sucurs, À répandre sur ses plaies
le baume réparateur des divines consolations, non, Mesdames et Messieurs, ce n’est pas l'Eglise qui à changé. Ce qui a changé, c'est le monde ; ce sont les empires, ce sont les nations dans lesquelles la classe populaire, brisant avec effort les liens hiérarchiques de l’ancien ordre social, a créé une nouvelle puissance qu’il importe de contenir dans les limites du devoir, si on ne veut pas que cette force, aveugle et indomptée, rejetant toutes les traditions et s’émancipant de tout frein, finisse par tout renverser dans sa course impétuouse et par ensevelir la société sous les ruines.
Téon XIII, esprit perspieace, a compris ce besoin des temps, ct aussi, sans négliger de donner aux monarchies, 1à où elles existent, toute l’attention qu’elles méritent, il suit d’un regard inquiet, profond et vigilant, le mouvement ininterrompu du flot démocratique.
Nous avons vu quelle science, quelle charité, quel zèle il déployait naguère dans l'étude importante et de plus en plus nécessaire des questions économiques. C’est une joie pour le saint Pontife d'accueillir aux pieds de son trône, en audience solennelle, les foules ouvrières qu’un noble enthousiasme pousse chaque année vers Rome et de déposer dans ces Âmes, par de sages et utiles conseils, la semence des enseignements contenus dans 8es Encycliques.—Léon XIII a
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SUR LÉON XIII 35 l'opinion, Aussi demande-t-il partout aux catholiques instruits de s'emparer de cette force, d’en faire une machine de guerre toujours prête, toujour« redoutée, 11 leur demande de mettre en action, pour le triomphe de l'Eglise, tous les ressorts ‘de la vie publique, Il encourage les congrès, catholiques générales ct particulièr peut agir sur les masses.
C'est le propre des hommes de génie d’étonner par l’imprévu de leurs résolutions, Désespérant de voir en France, pour le moment du moins, l'antique dynastie royale réapparaître sur le trône et renouer la chaîne des traditions religicuses, que fait le Papediplomate? Il s'adresse aux catholiques ; supplie, il les conjure de change suspendre leurs dissentiments même effort toutes les Âmes d prendre pied sur un même terr titutionnel—pour monter à
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il les r dé tactique, de t, ralliant dans un roites ct honnêtes, de ain—le terrain consl'assaut de la république sectaire, en déloger l’athéisme ot y replacer Dieu, Là est le salut de la France.
Quelle que soit cependant sa vive sollicitude pour les peuples du vieux monde, il semble que Léon XIIT éprouve pour l'Amérique, cette réédition de l'Europe, des sentiments de p sance, Le Canada n’a:t bienfaisante, dans les hont depuis six ans d’
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une auréole de pourpre le sièoc
archiépiscopal de Québec, le plus 1iche don que l'Eglise puisse faire à ses enfants ? Que dire des Etats-Unis, cette nation jeune encore où s’élaborent dans l’alliage d'éléments si divers les destinées les plus mystérieuses et qui par son caractère, par les progrès du catholicisme à côté des progrès non moins rapides du matérialisme, préoccupe à un si haut point l’attention du penseur chrétien ? Quelle conquête pour la Papauté, si celle-ci venait à soumettre au joug sacré de la foi cette fière démoeratie ! Léon XIIT cherche du moins à y créer ces premiers courants de naturelie vienveillance dont Dieu se sert, aux heures marquées, pour faire triompher sa grâce. Son action modératrice dans la question des écoles, l'institution toute récente d’une délégation permanente, les bénédictions qu’il envoie y la vaste métropole de l'Ouest et la part que luimême prend à son exposition en voulant que des œuvres d'art, sorties du palais des Papes, aillent mêler leur gloire aux gloires industrielles et artistiques des deux Amériques, tout cela est de bon augure et né peut que favoriser, dans une large mesure, les intérêts catholiques.
L'avenir inspire confiance, quand ce sont les clefs de St-Pierre qui en ouvrent les portes.
Ceux qui ont opposé le pontificat actuel au pontificat de Pie IX semblent n'avoir pas compris les sages dispositions et le jeu varié de l'opération
SUR LÉON XTIt
" divine dans les actions hümaines, Il ÿ a un temps # pour la lutte, les protestations indignées, les éotra. nt geuses condamnations, ct C’est quand la cité du mal Hi se dresse orguellleusement contre la cité du bien. 7 11 y à aussi un temps pour la trève, la Suspension sn au moins partielle des armes, et c'est lorsqu'il s’agit A de relever les ruines amoncelées par la tempête. ile | Pie IX a défendu l'édifice menacé ; Léon XIII le nn Téstaure. Le règne de Pie IX a préparé celui “e ne Léon XITT, comme le règne de Léon XII! compe plète celui de Pie IX, ont : Grâce, en partie, au dogme essentiel de linfailli- >ym- bilité pontificale, solennellement défini par les Pères la du Vatican, la Papauté, par le fait de l'accroisseune ment de la foi et de la confiance parmi les peuples, roie à Vu grandir ct se fortifier au delà de toute espérance lui- l'autorité de son nom. J amais pent-être, À aucune des époque, elle n’a joui d’une telle influence, Confinée lent dans un palais, elle est partout, elle remplit le isti- monde. Les évêques, les prêtres, les fidèles lui sont bon unis par des liens in dissolubles, Un seul mot tombé arge des lèvres du Vicaire de J ésus-Christ subjuguc les intelligences, enchaîne les volontés. On bénit ses elets conseils ; On exécute ses ordres. Un schisme serait impossible. Ce prestige s'étend môme en dehors sr des sphères catholiques, et l'esprit transcendant, pris fascinateur, centralisateur du successeur de Pie IX, in si bien fait pour servir d’organe À un magistère
infaillible, réunissant comme dans un foyer toutes les lumières, toutes les énergies, toutes les forces spirituelles, intellectuelles et morales, qui régissent l'empire des Âmes, constitue à l’heure actuelle le centre d'attraction non seulement de l’Eglise, nonseulement du monde chrétien, mais aussi du monde politique, économique et social.
Encore un mot etje termine. Le Pontife, dont nous célébrons les fêtes jubilaires, personnifie dans les temps modernes le génie de la pensée et le génie de Vaction. Ce double génie rayonnera comme un double soleil sur les Âges à venir ; car Léon XTIT est de ceux qui, fils d’un pays et d’une époque, appartiennent cependant à tous les pays et à tous
les siècles. Sa doctrine est impérissable, son action
indéfectible,.
L'une et l’autre ont élevé sur les confins de notre âge un superbe monument, chef-d'œuvre de foi et de science, de charité et de vertu, admirable portique qui en s’ouvrant eur les temps nouveaux, sur le siècle qui va commencer, semble inviter toutes les nations, toutes les sociétés, tous les hommes, à venir chercher dans l'Eglise du Christ, ce temple de l'humanité, cet immense panthéon des peuples, tout
ce qui est beau, tout ce qui est grand, la paix, la
sécurité, la gloire, la puissance, le progrès véritable ct la véritable civilisation.