‹ Leonard de Vinci 14521519 m. E.J. DelécluzeChapitre 3 sur 3 · SONNET DE LEONARD DE TIHCI · texte numérisé non relu

SONNET DE LEONARD DE TIHCI

«< Qui ne peu/ ce qu'il vent, doit vouloir ce qu'il peu/ ; car c'est folie de vouloir ce qui ne nous est pas possible. On doit

- oG -

tenir pour sage celui qui distrait su volonté île ce qu'il ne peut obtenir ; car notre peine , ou notre plaisir , consistent dans ht oui ou non savoir, vouloir, pouvoir. Celui-là seul donc peut , qui agit conformément au devoir et qui ne déplace jamais la raison de son trône ( seuil). Il n'est pas avantageux à l'homme non plus de vouloir tout ce qu'il peut, car souvent ce qui nous parait doux Unit par devenir amer, et j'ai pleuré parfois sur ce que j'avais désiré, parce que je l'avais obtenu. 0 loi qui lis • es notes, si tu veux être utile à toi et cher aux autres, ne veuille jamais que ce qu'il est juste de twuloir. n

Le 1K avril 45(£, il fit son testament à Clou, près d'Amboise. Après avoir recommandé son âme à Dieu, à la glorieuse vierge Marie et à tous les bienheureux saints et saintes du paradis, et avoir exprimé le désir d'être enterré dans l'église de Saint- Florentin , à Amboise , il institua son héritier François Melzi , gentilhomme milanais, son élève chéri, qui l'avait suivi en France, et qui l'assista à ses derniers moments, le 2 mai 1519(1).

L'homme qui s'est occupé avec le plus de soin de recueillir dans les écrits de Léonard de Vinci tout ce qui peut jeter du jour sur ce qui concerne cet artiste , Venluri (2), révoque en doute que François 1" ait assisté Léonard à sa mort , comme les historiens le prétendent. Il fonde son opinion sur ce qu'au moment de cet événement, la cour était à Saint-Germain-en- Layc, où la reine venait d'accoucher ; que les ordonnances du 1er mai sont datées de ce lieu, et que le journal de la cour ne fait mention d'aucun voyage du roi avant le mois de juillet. Il ajoute que l'élection prochaine à l'empire occupait trop François I", qui la convoitait, pour qu'il s'éloignât du centre des négociations; et enfin que Melzi, l'élève et l'héritier de Léonard de Vinci, en annonçant la mort de Léonard aux frères de

(1) Ona conservé en entier le testament de Léonard de Vinci. Ceux qui seraienteurieux de lire cette pièce trop longue pour être rapportée ici, la trouveront dans les : Memorie storiehe di Lionardo da Vinci. En tète du volume déjà indiqué : * Tratlato dclla Pittura di Lionardo da Vinci. > Milano. Tipografia dei classici. 180 S.

(2) Essai sur les ouvrages physico-mathématiques de Léonard de Vinci, avec des fragment» de ses manuscrits apportés d'Italie ; lu à la première classe de l'Institut national des sciences et arts, par J.-B. Vcnluri, projesseur de physique, à Modène, de l'Institut de Bologne, etc. A Pari», chez Duprat. — An V (1797 .

< «• f*ratitl artisli» , in- tlii pas un mot dans !>a lettre do et! événement qui eut si vivement intéressé sa famille. Il y a des choses vraisemblables qui équivalent à la réalité. Léonard de Vinci était digne d'un tel honneur, et l'intérêt vif que François 1" a toujours montré pour les arts , les artistes et pour Léonard en particulier, est cause que l'erreur signalée par Venluri sera difficilement détruite.

Bien que je n'aie rien négligé jusqu'ici de ce qui peut faire juger de l'aptitude et du gout que Léonard de Vinci avait pour los sciences physiques et mathématiques, il me reste à dire quoique chose cependant sur ee que l'on connaît de ses nombreux écrits. On conserve treize manuscrits, dont l'un, qui est à la bibliothèque Amhroisienne, à Milan , est de format atlantique et de l'épaisseur de quatre ou cinq pouces. Tous écrits à la manière des Orientaux, de droite a gauche, ces manuscrits se composent de feuillets sur lesquels Léonard, soit qu'il fut fixé en un lieu, soit qu'il voyageât, avait coutume de faire des notes, des croquis, des démonstrations scientifiques, à mesure que les idées lui venaient. I)e tous ces précieux fragmcntsd'ouvrages auxquels il travaillait, tels que ses Traités de perspective, de la lumière, d'anntomie, etc. , on n'a imprimé encore qu'un recueil, auquel on a donné le titre de Traité de peinture (I).

(le litre fait tort à l'ouvrage, qui n'est réellement qu'une compilation, faite sans ordre, des pensées et des observations qui se rapportent bien en effet au traité complet de peinture, tel que Léonard l'avait conçu, mais qui, isolées et interverties, forment un assemblage indigeste et confus de remarques ou de règles sur la perspective, la lumière et les ombres, le coloris ou la composition, qui ne se coordonnent pas entre elles. O recueil précieux ne fera jamais un livre ; mais on pourrait, en rassemblant les matières différentes , chacune sous un chef particulier et rationnel, y rétablir un ordre qui le rendrait beaucoup plus facile à lire et par conséquent plus utile à consulter. Malgré les inconvénients que j'ai signalés, le prétendu traité de Léonard de Vinci me parait encore être ce que l'on a écrit , non-seulement de plus fort sur la peinture, mais

<l) Ou Imutern, dans l Yuvrage dc|;t cite «le Venluri. des renseigne mettU sur les manuscrit* de Leoninl de Vinci. Pa«. 33.

ce qui pourrait le plus profiter à ceux qui étudient ei t ien eut cet art. Au surplus, je ne m'étendrai pas davantage sur un livre dont les éditions ne sont pas rares , soit en italien , soit en français , et je me bornerai à engager les artistes à le consulter, mais sans oublier que ce n'est, comme je l'ai déjà dit, qu'un recueil de notes qui ne se coordonnent pas ordinairement entre elles.

Dans ce Traité de peinture, on rencontre souvent des paragraphes purement scientifiques à l'occasion de l'optique, de la perspective et de la dispensation des lumières et des omhres; mais je crois devoir justifier par d'autres preuves encore le titre de savant, donné si souvent à Léonard de Vinci. Aidé du précieux travail de Venturi sur les manuscrits de ce grand homme, je citerai quelques passages importants qu'il en a extraits; ils feront voir à quel point Léonard était savant en effet, et combien il était en avance sur la science de son temps (I).

Lorsqu'il a l'intention d'aborder quelque problème difficile que lui présente la nature , il commence ordinairement par prendre ainsi ses précautions : « Je vais traiter tel sujet, dit-il en me occasion, mais avant tout je ferai quelques expériences, parce que mon dessein est de faire connaître d'abord Inexpérience et de démontrer ensuite pourquoi les corps sont contraints d'agir de telle ou telle manière. C'est la méthode qu'il faut observer dans la recherche des phénomènes de la nature. Il est vrai que la nature commence par le raisonnement et finit par l'expérience ; mais il n'importe ; nous devons prendre la route opposée, et. comme je l'ai dit, il faut commencer par l'expérience et faire en sorte, par son moyen, d'en découvrir la raison. »

Dans un autre passage , où il trace encore les règles de la méthode à suivre , il dit : « L'interprète des artifices de la na ture, c'est l'expérience, elle ne trompe jamais ; c'est notre jugement qui quelquefois se trompe lui-même, parce qu'il s'attend à des effets auxquels l'expérience se refuse. - Il faut donc consulter l'expérience en en variant les circonstances jusqu'à ce

'Il M. Ubri qui, dans le troisième volume de son Histoire des Sciences mathématique* en Italie, parle si dignement de Léonard de Vinci , a donne aoe suite de morceaux inédits jusqu'à ce jour des manuscrits de ce grand homme, On les trouvera dans les notes de ce troisième volume, depuis la page 205 jusqu'à la 238.

que nous en puissions tirer des règles générales, car c'est elle qui fournil les véritables règles. » Ailleurs Léonard avance qu'il n'y a point de certitude dans les sciences auxquelles on ne peut pas appliquer quelque partie des matliémaliques , ou qui n'en dépendent pas de quelque manière; puis il ajoute : « Dans Tétude des sciences qui tiennent aux matliémaliques, ceux qui ne consultent pas la nature, mais les auteurs, ne sonl pas les enfants de la nature ; je dirais qu'ils n'en sont que les petits-fils. Elle seule en effet est le maître des grandes intelligences. »

Il est difficile de laisser percer plus de sagacité scientifique que dans ces paroles, où d'ailleurs on trouve des images et un tour qui décèlent l'artiste.

L'absence des figures avec lesquelles plusieurs propositions sonl démontrées par Léonard de Vinci me forcera d'indiquer seulement les questions elles problèmes mathématiques qu'il a cherché à résoudre, et je renverrai à l'ouvrage de Venturi, d'où sont tirées ces citations, ceux des lecteurs qui désireraient prendre une connaissance approfondie des travaux mathématiques de notre artiste.

Ils trouveront un morceau remarquable où il est traité de la Descente des corps graves , combinée avec la rotation de la terre, qui prouve que cette grande question fermentait alors dans les esprits clairvoyants et précurseurs de Copernic. On ne peul s'empêcher de reconnaître ici le germe confus et instinctif de deux grands travaux de son illustre compatriote Gardée : Les dialogues sur le mouvement uniforme et accéléré, où se trouve renfermé le principe de la gravitation démontrée par Newton, et la mécanique de Galilée, où ce grand physicien ci mathématicien traite du plan incliné et du principe des vitesses virtuelles qui est la base de toute la mécanique de nos jours.

La supposition de la terre coupée en morceaux et éparpillée comme les étoiles dans l'espace, de la terre dont tous les fragments, après avoir oscillé longtemps et dans tous les sens, se rencontrant, se choquant et se brisant, finiraient, après un certain laps de temps, par se réunir en un centre commun, est une idée qui déjà fait voir que Léonard avail bien compris la loi de l'inertie dans les mouvements. Mais considérée dans les rapports avec la science de nos jour*, crue idée prend une bien autre importance. Ce n'est point

trop fui cet' le mjus que d'y voir le germe de lu grande llieoric < osmogoniquc de LeibniU, si largement fécondée par Uuffou, où la lerre el les planètes circulant dans un même plan nous sont représentées comme des fragments détachés de la masse du soleil par le choc des comètes, qui se sont condensés à des distances inégales pour former des masses ou des centres particuliers de gravitation.

Ce qu'il dit sur la terre H la lune est digne d'attention . Dans ee paragraphe il avance précisément un fait dont il donne la démonstration dans son optique : que la scintillation des «•toiles n'est pas dans les étoiles mêmes , mais qu'elle provient de l'œil.

Après un chapitre ingénieux sur l'Action du soleil sur l'Océan, vient celui où il parle de l'Etal ancien de la terre. Ce morceau est si remarquable el tellement en avance sur les idées que Ton avait sur ce sujet aux quinzième el seizième siècles, que je crois devoir le transcrire en entier.

« Lorsque l'eau des rivières, dit Léonard de Vinci, déposait son limon sur les animaux marins qui habitaient près de la cote, ce limon s'imprima sur les animaux mêmes. Ensuite la nier s'est retirée ; ce limon s'est pétrifié autour et dans la coquille des testacés où il avait pénétré. On en rencontre en plusieurs endroits , et presque tous les coquillages pétrifies dans les montagnes ont encore leurs coquilles entières , surtout ceux qui avaient plus d'âge et de dureté.

o Vous me direz que la nature et l'influence des astres ont l'orme ces coquilles dans les montagnes, montrez-moi donc un lieu dans les montagnes, où les astres fassent aujourd'hui de ces coquillages d'âges différent*, de différentes espèces dans le même endroit? et comment avec cela expliquerez- vous le gravier qui s'est durci par échelons à différentes hauteurs dans les montagnes?

a Ce gravier a été transporté là, de divers lieux, par le courant des rivières. Le gravier n'est formé que par des morceaux de pierre qui ont usé et perdu leurs angles par les frottements, les chocs et les chutes que ces morceaux ont éprouvés dans l'eau qui les a roulés jusqu'à leur place. El comment cxpliquerez-vous par les astres, le grand nombre de différentes espèces de feuilles fixées dans les pierres sur le haut des montagnes? et l'algue, herhe marine entremêlée de coquilles el

de sable, le tout pélritié dans la même masse, avec des écrivisses de mer morcelées et mélangées parmi les mêmes coquilles? »

Après ce morceau remarquable, dans lequel le savant pose d'une manière si nette les fondements de la géologie, tout eu montrant les erreurs de l'astrologie, il dit encore à ce sujet :

a La mer change l'équilibre de la terre. Les huftres, les coquillages qui vivent dans le limon de la mer nous attestent le changement qu'a éprouvé la terre autour du centre des éléments. Les grandes rivières charrient toujours du terrain qu'elles détachent par le frottement de leurs lits. Celle corrosion nous découvre plusieurs bancs de coquillages enlasses en différentes couches ; ces coquillages ont vécu dans le même endroit, lorsque l'eau de la mer le recouvrait. Ces bancs, par la suite des temps, ont été recouverts par d'autres couches de limon de différentes hauteurs; ainsi les coquilles ont été enclavées sous le bourbier amoncelé dessus, jusqu'à l'époque où elles ont été laissées par les eau\. Aujourd'hui ces fonds mêmes sont à la hauteur des collines et des montagnes, et les rivières, en rongeant, découvrent au sommet ces bancs de coquilles. Voilà donc une partie de la terre devenue plus légère qui s'élève toujours , maintenant que les parties opposées s'approchent de plus en pins du centre du monde, et ce qui était jadis le fond de la mer est devenu le sommet des montagnes. »

On s'étonne de la netteté des opinions du savant, surtout en voyant que ces idées, qui n'étaient pour lui que des hypothèses, ont été si complètement confirmées par la science de nos jours. Ce qui suit est le complément de ce qui précède.

« Quand une rivière forme des amas de limon ou de sable , et qu'ensuite elle les abandonne, l'eau qui s écoule de ces masses nous montre la manière dont les montagnes et les vallées peuvent se former peu à peu, dans un terrain sorti du fond de la mer, quoique ce terrain , en sortant, fut presque plain et uni. L'eau qui s'écoule de ce terrain élevé sur la surface de l'Océan commence à y former des courants dans les parties basses ; elle y creuse des ruisseaux qui, alimentés ensuite par les eaux de pluie, prennent chaque jour un accroissement successif en largeur, en profondeur; ils deviennent des torrents, des ravines; ils se réunissent en rivières, et, en rongeant toujours leurs rives, ils transforment les entre-deux en montagnes. Les

pluies uni balaye sans cesse cl dépouille ce* montagnes»; il u > est resté que le rocher entouré d'air; le terrain du sommet et des côtes est descendu à la base, il a haussé le fond des mers qui baignaient sa base même, il les a forcées à se retirer loin de là. »

Mais pour reconnaître et assigner la place importante que doit occuper Léonard de Vinci entre tous les savants ou philosophes qui, depuis l'antiquité jusqu'au seizième siècle, ont concouru au débrouillement de la géologie, je rappellerai sommairement les noms de ceux qui se sont occupés de celte science.

Xanthus de Lydie, qui vivait, ainsi qu'Aristole, quatre siècles avant notre ère, prétendait, dit Strabon, a avoir vu en plusieurs endroits fort éloignés de la mer des espèces de conques, de pétoncles, de moules pétrifiées ; et dans l'Arménie, dans la ftfalliane, dans la basse Phrygie, des marais d'eau de mer; ce qui l'avait persuadé que ce qui est terre aujourd'hui avait élé mer autrefois. »

Trois cents ans avant Jésus-Christ, Slralon dit le Physicien émit l'opinion que c'était par l'écoulement des eaux marines que le temple d'Ammon, qui avait été bâti sur les bords de la mer, se trouvait au milieu des terres, et que le sel, les bancs de sable et les coquilles fossiles, qui caractérisent le sol de l'Egypte, annonçaient que la mer l'avait jadis occupe.

Eratoslhèuc, qui parut plus d'un demi-siècle après Straton. fut frappé à la vue des mêmes objets, il observa les changements que l'eau, le feu, les tremblements déterre ont faits à la surface du globe, a Une grande question, dit-il, serait d'examiner comment il se fait qu'au sein du continent, à 2,000 et 5,000 stades des bords de la mer, on trouve dans beaucoup de lieux, des marais d'eau de mer et quantité de coquilles, soit d'huîtres, soit de moules. Par exemple, auprès du temple d'Amin on, et sur toute la route longue de 5,000 stades (5 S lieues de 20 degrés) qui mène au temple, on rencontre encore aujourd'hui des amas d'écaillés ii'lmitrcs et de sel ; il s'y voit des eaux jaillissantes d'eau marine, de plus on vous y montre des débris de navire que quelques-uns disent avoir été vomis du fond d'un gouffre. »

Cent cinquante ans avant 1ère chrétienne , Polybc observa, comme Slralon, les alterrisscments des fleuves qui se jettent

dans la mer Nuire ; el c'est dans cet auteur que Slrabon a pnle Tait de l'existence de poiseons fossiles qu'il appelle muge*. près de Kuscino, ville dont il reste une tour connue sous le nom de Tour de Roussitlon, à une lieue de Perpignan.

Dans le cinquième livre du poëme de Lucrèce, de Xaturà rerum, plusieurs passages curieux expliquent la formation inégale de la croûte terrestre, par le déplacement des eaux, cl signalent d. » animaux cl des végétaux extraordinaires, antérieurs à la création de la race humaine à laquelle nous appartenons.

Au commencement de noire ère, Pompouius Mêla, lib. I, cap. 7, fit la remarque qu'il existe de nombreuses pélriticalions dans des contrées irès-éloignées de la mer, et tout le monde connaît les vers qu'Ovide met dans la bouche de Pyihagore au quinzième livre des Métamorphoses :

Vidi fada* es a-quore lerrns ;

El procul a pelage enticha? jacuere mariiue.

Là se terminent les observations sur ce sujet faites par les penseurs de l'antiquilé ; cl après le long silence du Moyen-Age sur ces questions, le premier homme qui les ait agitées de nouveau, est François Boccace, l'auteur du Décameron. On trouve ce passage remarquable dans son Livre des Fleuves, au moi Eisa. « L'Else, dit-il, eoule au bas de la colline sur laquelle est assise la ville de Certaldo, dont je rappelle avec charme le souvenir, puisque c'était la demeure de mes ancêtres avant qu'ils fussent venus s'établir à Florence. Cette rivière, en rasant le sol, découvre sans cesse des coquillages marins, vides, blanchis par la vétusté el pour la plupart ouverts cl à demi brisés, ces résultats proviennent, selon moi, du grand déluge qui détruisit le genre humain, et qui, après avoir bouleversé la terre par l'agitation des eaux, laissa ces coquilles tomber dans les parties inférieures où elles se trouvent. « Quas conchas, ego arbilror di- « luvium illud ingens, quo genus huma nu m feri defectum est, « dûm agitalu aquarum maximo terras eireumvolverel fundo, « illis reliquil in partions. »

Boccace mourut en 1375, et c'est environ un siècle après que Léonard de Vinci, dépassant de beaucoup ses prédécesseurs par la précision de ses remarques el la profondeur de

ses conclusions, jclail, malheureusement pour lui seul, les fondements de la science de la géologie. Car ce que l'on a lu de lui sur ce sujet n'a été connu pour la première fois qu'en 1797, lorsque Venluri publia quelques fragments de ses manuscrits ; et depuis jusqu'à la nouvelle publication de M. Libri, que j'ai indiquée plus haut, personne, à l'exception de quelques curieux isolés, ne s'est occupé des travaux scientifiques de Léonard de Vinci.

Léonard peut donc passer pour le premier des philosophes modernes qui ait avancé que la plupart des continents furent jadis le fond des mers; et cette théorie, qui n'a pas cessé d'avoir des défenseurs, prouve au moins, si elle est contestée, avec quelle profondeur de vues l'artiste, le savant, le philosophe florentin étudiait la nature, et quelle puissance d'imagination et de raisonnement il possédait pour bâtir, en 1512, un système géologique tel que celui qui précède.

Ce qui classe cet homme tout à fait à part, c'est qu'il ne tombe pas dans le défaut ordinaire de ceux qui, emportés par leur imagination , ne sont propres qu'à saisir de grandes généralités, et à bâtir des systèmes sur des nuages. On peul bien l'attaquer quelquefois sur les conséquences qu'il tire, mais les principes qu'il établit sont toujours fondés sur des expériences, et sur des expériences bien faites. Dans ses noies manuscrites, toujours concises, mais tournées parfois d'une manière si originale, on voit combien il avait l'esprit droit ei cherchait la vérité en tout avec sincérité. « Il est toujours bon pour l'entendement, écrivait-il sur un de ses livres de croquis, d'acquérir des connaissances quelles qu'elles soient; on pourra ensuite choisir les bonnes et écarter les inutiles. » Dans un autre endroit, on trouve cette ligne spirituelle et pittoresque ; « La théorie, c'est le général ; la pratique, ce sont les soldats. »

Lt, en effet, ce même homme qui faisait des conjectures si savantes , mais si hardies, sur la formation de notre globe, ne négligeait aucune des expériences particulières qui pouvaient le conduire à la science pratique. Ses problèmes et ses démonstrations sur la statique, ainsi que sur la descente de» corps graves par des plans inclinés, méritent toute l'attention des savants. Ce qu'il a écrit et démontré mathématiquement sur 1rs tournants d'eau n'est pas moins intéressanl , et dans une suite de questions H de problèmes qu'il se propose à lui-même

sur les raisons qui peuvent faire varier la quantité d'eau sortant d'un canal par une grandeur donnée, un voit qu'il elaii déjà au courant des diflicultés de l'hydraulique, science qui, bien que fort avancée de nos jours, n'a pas encore pu résoudre toutes les diflicultés que Léonard de Vinci avait prévues et qu'il s'était proposées (I).

Dans l'un de ses manuscrits on remarque le dessin d'un compas de proportion avec celle note : « Compas de proportion ; son centre est mobile. Il peut servir pour les proportions irrationnelles. Il peut servir aussi pour former un ovale qui ait une proportion donnée avec un cercle donné. » Il a composé aussi et donné le dessin d'un « instrument pour connaître la constitution et la densité de l'air, et quand est-ce que le temps va à la pluie. » C'est la première idée du baromètre.

Un croquis et quelques mots indiquent le moyen de marcher sur l'eau avec des semelles de liège ; il fait connaître de la même manière, l'appareil au moyen duquel on peut plonger dans la mer pour recueillir les perles.

La vision et la science de l'optique ont été l'objet des éludes les plus profondes pour Léonard de Vinci. On sait qu'il avait l'ait, pour l'Académie de Milan elles élèves que Louis le More avait conliésà ses soins, un traité de perspective. Malheureusement cet ouvrage esl perdu. Mais deux passages importants des» manuscrits qui nous restent de lui peuvent donner une idée fort élevée des connaissances que Léonard avait acquises en o|h tique. L'un esl une démonstration mathématique du moyeu avec lequel on peut construire la chambre obscure; l'autre, qui esl une conséquence du même principe, esl une prévision confuse, il est vrai , mais cependant fort importante, d'un insirumeni tel que le télescope. Je citerai ce dernier morceau, qui, après celui de Roger Bacon sur le même sujet , resta aussi oublié jusqu'à Galilée :

« Il est possible, dit Léonard, de faire en sorte que l'œil voir

il) Outre les observations sur l'écoulement des eaux , qui sont ré pandod dans ses divers manuscrits, on a trouvé à la Bibliothèque Barberine le traité complet qu'il a fait sur cette matière. Il porte le litre de : U>l moto e miswa dclt' arqua , di t.ronardo ita Vinci , et a été imprimé in-i°, a Bologne en 1828, avec un assex grand nombre de ligures gravées d'après les dessins originaux de Léonard. Cet nu vrage est extrêmement curieux.

les objets éloignes, sans qu'il* épruuvenl toute lu «iiiuiiiuliuii de grandeur qui est causée par les lois de la vision. Cette diminution provient des pyramides de l'image des objets qui sont coupées à angle droit par la sphéricité de l'œil. On peut couper ces pyramides d'une autre manière, au-devant de la prunelle, comme je le démontre dans la ligure. Il est bien vrai que la prunelle nous découvre tout l'hémisphère à la fois ; l'artitice que j'indique ne découvrira qu'un astre. Mais cet astre sera grand ; la lune aussi deviendra plus grande, et nous connaîtrons mieux la ligure de ses taches. »

Des milliers d'idées apparaissent dans les manuscrits de Léonard. Mais celle qui se reproduit sous les formes les plus variées est le besoin d'augmenter et d'accélérer les forces de l'homme. Pour faire saisir l'ensemble des recherches de Léonard à ce sujet, je parlerai de trois machines dont les deux premières sont d'un usage familier, mais celui de la dernière est terrible.

C'est d'abord un toumebroche mis en mouvement par la fumée même du feu qui fait cuire le rôti. Cette ingénieuse machine est figurée à la page 43 du recueil de Gerli(l).

On voit aussi, à la page 7fl du manuseril R, une machine à draguer les rivières, dont l'appareil est tout à fait semblable à celui qui a été adopté de nos jours.

Mais ce qui causera sans doute au lecteur un étonnement semblable à celui que j'ai éprouvé moi-même en ouvrant la page 33 du manuscrit K, c'est d'y découvrir, comme on peut le faire avec le fac-similé que j'offre ici, l'appareil dessiné d'un canon dont le boulet est chassé par l'effet de la vapeur com-

Je rapporte ici la traduction des lignes que Léonard a jointes à ses croquis, pour expliquer la combinaison de la machine et ses effets, parce que la précision de ses paroles suffit pour démontrer que la puissance de la vapeur et les ressources que l'on pourrait en tirer, étaient connues avant l.'ili), année de la mort de Léonard de Vinci. Voici la note explicative du savant artiste :

l! Disegni di Lionardo d.i \ioci, incisi stigti originali , da Girl<> T.erli. Milaiiopre*so<;. Valardi. lî'JMI. - Ccile collection prccieu i renferme ;hm) fac similc an inoins des croquis de Léonard.

INVENTION D AnfHIMRDK.

« L'archi tonnerre est une machine dp cuivre fin qui lance « des balles de fer avec un grand bruit et beaucoup de vio- « lence. On en fait usage de cette manière : le tiers de cet in- « strument consiste en une grande quantité de feu de charbons. « Quand l'eau est bien échauffée, il faut serrer la vis sur le « vase a, b, c, où est reau;el en serrant la vis en dessus, toute u l'eau s'échappera dessous, descendra dans la portion en- « flammée (échauffée) de l'instrument, et aussitôt se conver- « tira en une vapeur si abondante et si forte, qu'il paraîtra « merveilleux de voir la fureur de cette fumée et d'entendre « le bruit qu'elle produira. Cette machine chassait une balle « du poids d'un talent et six.... »

On remarquera que, loin de donner l'invention de cette machine comme nouvelle, Léonard, au contraire, l'attribue à Archimède. Mais ce qui, selon moi, mérite une attention particulière, estl'emploi que Léonard fait du mot talent, poids grec, tandis qu'ordinairement et dans le cours de ses études écrites, il indique toujours les poids et mesures, selon l'usage moderne d'Italie.

Archimède, dont nous possédons quelques traités sur les mathématiques, avait composé un livre des Feux, qui n'est dm parvenu jusqu'à nous. Pourrait-on supposer que Léonard a eu connaissance de cet ouvrage par l'intermédiaire de quelque traduction arabe, cl qu'en effet VA rehi tonnerre s'y trouvait décrit? C'est ce que quelque docte orientaliste pourrait pculètre nous apprendre. Quant à moi, en faisant cnnnaftrc le ranon à vapeur dessiné et décrit par Léonard, je me borne, tout en prouvant de nouveau à quel point ta curiosité de cet homme était ingénieuse et savante, à démontrer que l'invention des machines a vapeur est encore plus ancienne qu'on ne le croit.

Je ne multiplierai pas davantage les citations de ce genre, renvoyant ceux des lecteurs qui auraient intérêt à prendre de plus amples informations sur les découvertes scientifiques de Léonard de Vinci, aux ouvrages déjà cités de Venturi et de Carlo Amoretti, et, enfin, aux manuscrits mêmes de ce grand homme. Ces feuillets précieux, sur lesquels il traçait sueeessi-

veinent les observations, les pensées et h s inventions « | ni lui venaient à l'esprit, ne seront vraisemblablement pas riécbifl'res et lus maintenant. Les connaissances qu'ils renferment, relativement si neuves et si avancées au commencement du seizième siècle, ont été bien dépassées depuis Galilée jusqu'à nosjoHrs, et ne sont, pour la plupart , que des renseignements curieux sur la marebe et les progrès de l'esprit bumain. Cependant, si quelque jeune savant, possédant bien la langue italienne, employait régulièrement quelques instants de ses loisirs à compulser et à transcrire, dans les manuscrits de Léonard, les passages les plus importants de ses observations, je ne serais pas étonné qu'on y découvrit des idées mères qui engendreraient des découvertes et surtout des applications importantes.

Quant au but que je me proposais, celui de donner la preuve que Léonard s'est, non-seulement occupé des sciences, mais que, comme savant, il était en avance de plus d'un siècle sur le sien, je crois l'avoir atteint. Ainsi, le résultat total de ce que j'ai exposé jusqu'ici est : que Léonard de Vinci marche de front avec Michel-Ange et Raphaël comme artiste, et que, sous le rapport scientifique encyclopédique, il faut remonter jusqu'à Aristote pour trouver un rival digne de lui.

Cette simultanéité de dispositions et de talents, en apparence contraires, celte double aptitude aux arts et aux sciences, si forte, si complète chez Léonard de Vinci, démontre enfin la vérité de la proposition avancée en commençant : que l'élude cl l'exercice des arts conduisent à l'observation scrupuleuse «le la nature, à la recherche des lois qui la régissent, à la cause cachée «le tous les phénomènes, à la recherche de la vérité, en un mol, à la science ei à la philosophie. Celle tendance île l'esprit chez les artistes, que l'on aurait de la peine à saisir en Michel-Ange et Raphaël, si on étudiait ces hommes isolément, se montre d'une manière évidente en comparant, comme je l'ai fait, les rapporlsel lesdiflérences qui éloignent ou rapprochent ces deux artistes de Léonard. Dans ces trois grands hommes, chez qui l'instinct de l'àrl fui à peu près égal, quoique d'une qualité différente, on retrouve toujours aussi l'instinct scientifique, mais réparti inégalement. Tous trois, par la nature même des éludes indispensables à leur art, furent contraints d'observer les loisde l'optique, d'étudier les sciences mathématiques qui se rattachent à l'architecture, cl de s'adonner

a la recherche de la structure du corps humain. Arrives à ce point, ils se trouvèrent engagés aussitôt dans les sommités do l'art. Le nu devint pour eux une source d'idées nouvelles. Dans l'homme dégagé de toutes les choses qui le rattachent aux liabitudes terrestres, dans l'homme nu, revêtu seulement de la beauté visible, ils virent, eu suivant l'ondulation de ses formes et l'ordre de ses proportions, l'expression difficile à saisir, il i-st vrai, mais réelle cependant, de la beauté morale. Cette traduction de la vie, de l'âme et de l'esprit, par les mouvements du corps, ne tarda pas à les lancer dans la science, puis dans la philosophie de la science. Telle fut, en effet, la marche que suivit l'esprit humain en Italie, comme il l'avait prise en Grèce lorsque, sous rinllucnee d'un Socrate, philosophe et statuaire, d'un Phidias, ami de Soci ale, d'un Aristoto el d'un Platon, qui prirent l'ensemble des facultés de l'homme pour base de leurs expériences, de leurs éludes et de leurs raisonnements, on vil s'élever cette philosophie expérimentale, qui ne répond pas à loul, sans doute, mais que sa prudence garantit au moins des excès dans lesquels ont toujours été entraînés les partisans des doctrines dogmatiques et exclusivement spiritualistes.

Raphaël devint savant sans s'en douter et seulement par les efforts studieux que son art le força de faire. Michel-Ange eut la manie plutôt que le goût de la science; et quoique sa prédilection exagérée pour le nu lui ait fait outre-passer toutes les bornes du goût daus ses peintures, on peut s'assurer, par la lecture de ses poésies, qu'il avait au fond de lui-même un sentiment très-délicat de la forme visible au moyen de laquelle il Taisait passer de ses yeux dans son imagination l'idée de la beauté morale la plus épurée. Sous ce rapport, on ne saurait lui refuser la qualité de philosophe.

Quant à Léonard de Vinci, je dois dire que c'était avant loul un savant, mais que, doué tout à la fois d'un admirable instinct d'artisle, il semble s'être servi de celte seconde faculté pour essayer d'abord, puis affermir ensuite la première. C'est avec amour qu'il a cultivé la fleur, mais non sans la prévoyance constante qu'elle devait produire un fruit. Or ce fruit, qui n'est autre chose que la science, fut pendant la vie entière de Léonard l'objel de ions ses soins, de toutes ses espérances.

Dans la pari que les hommes de la Renaissance, architectes,

statuaires et peintres, ont prise au développement de l'ensemble dos connaissances humaines, 1rs efforts do Léonard de Vinci ont donc été les plus énergiques, les plus roniplels, les plus profitables, puisque comme artiste, outre les beaux ouvrages qui nous restent de lui, il a formé une école et des élèves infiniment supérieurs à ceux de Michel-Ange et mémo à ceux de Raphaël; mais si on le ronsidère comme savant, par la multiplicité et la profondeur de ses travaux en ce genre, on reconnaîtra qu'il a ouvert toutes les voies que devaient suivre un, deux et mémo trois siècles après lui, Galilée, Kepler, Harvey, Torrieelli, Pascal, Newton, Ihiflbn et Cuvior.

EXPLICATION W FAC-SIMILE DELA PAGE Xi ni MAMSTRIT H DR

Fig. I. Olte figure paraît être le premier croquis exprimant Tidée de l'instrument Archiironito, architonnerro dont Léonard de Vinci a cherebé à se rendre compte.

Fig. II. Dans ce second croquis, Léonard a représenté l'ensemble de l'appareil de l'architronilo, ou canon à vapeur. Le tube ou canon, représenté en coupe, laisse voir le boulot bouchant hermétiquement un autre tube en méud placé au milieu d'un fourneau entouré d'un grillage. Ce dernier tube correspond avec une petite caisse dans laquelle on met de l'eau, et qui se ferme à volonté au moyen «l'une tablette solide que comprime une forte tige en fer que l'on fait monter ou descendre avec une vis emmanchée d'un levier.

La Fig. III paraît être une variante de celte dernière partie de l'appareil.

Près de la petite caisse, on lit ces mots tracés par Léonard de Vinci :

a Fa chel ferro c. n. sia piantalo in mezzo la lavola cho

apichala di solto. Acciô che lacqua possa in un tempo chadero d'intorno e nella assc.

« Fais que le fer c. n. soit planté au milieu de la labletle qui est attachée dessous, afin que l'eau puisse tout à la fois tomber tout autour et dans l'axe, m

Le long du tube qui contient le boulet ou Ht |o nom do

l'iiisiriimt'iii aichitronito, ;trchilonnerre. Puis, au-dessous •le ce croquis, n. Il, se trouve celle explication :

« Invenliane d'Arc himedt. — Architronito è una machina di fino rame c' (che) gitta balotte di fero ebon grau strepilo cffurorc. E usa si in questo modo : la terza parte dello strumento sta infra gran quanlità di foco di carboni; equandosara bene lacqua infocata, sera la vite di che sopra al vaso de l'acqua a. b. c. E nel serare la vite si distopera di sotto c tutta la sua acqua discendera nella parte infocata de lo strumenlo ; e di subito si convertira in tanto fumo che parera maraviglia, e a vedere la furia essenlire lo strepito. Questa ( ma-

ebacciava una balotta che pesava uno talento 6. »

Ce qui veut dire : a Invention d'Ârchimède. — L'architonnerre est une machine de cuivre fin qui lance des balles de fer avec un grand bruit et beaucoup de violence. On en fait usage de cette manière : le tiers de cet instrument consiste en une grande quantité de feu de charbon. Quand l'eau est bien échauffée il faut serrer la vis sur le vase a. b. c. où est l'eau ; et au moment où l'on serrera la vis en dessus, toute l'eau s'échappera dessous, descendra dans la partie échauffée de l'instrument et se convertira aussitôt en une vapeur si abondante et si forte, qu'il paraîtra merveilleux de voir la fureur de cette fumée et d'entendre le bruit qu'elle produira. Cette machine chassait une balle du poids d'un talent (fraction du talent) 6. »

Fie. IV. Ce léger croquis représente en perspective le réchaud, avec les échancrures disposées pour recevoir le tube où l'eau vient se condenser en vapeur.

Fig. V. Enfin cette dernière figure fait voir l'architonnerre monté sur des roues avec un petit magasin pour le charbon et un autre pour l'eau. Dessous ce dessin on lit ces mots : a Come si porta in campo l'architronito. » De quelle manière on transporte l'architonnerre sur le champ de bataille.

Nota. Comme Léonard de Vinci avait l'habitude d'écrire à la manière des Orientaux, de droite à gauche, on se servira d'un miroir pour lire plus facilement son écriture.

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