IC8 LÉONARD DE VINCI
il serait injuste de confondre la domination Française avec la domination Espagnole ; outre que la première était appuyée par le parti guelfe, qui avait pour chef le fameux Jean-Jacques Trivulce, elle contrariait beaucoup moins que l'autre le génie national, et la partie joyeuse et insouciante de la population assistait sans rancune aux fêtes données par les rois de France ou par leurs lieutenants. Louis XII fit trois entrées solennelles dans Milan et stgtiala chacune d'elles par des fêtes où il entrait plus de galanterie que d'appareil militaire ou triomphal. La, première fois, le 20 octobre i499? iï y eut un bal où l'on vit figurer quarante demoiselles Milanaises (i), et peu de jours après le peuple suivait en foule la procession ordonnée pour l'heureux accouchement de la reine Anne de Bretagne, qui de son côté demandait à son époux, pour présent de rele vailles, que la contribution dont il avait frappé Milan fût réduite de moitié. Lors de la seconde entrée du roi, en iSoy, il y eut jusqu'à cent vingt demoiselles Milanaises au grand bal masqi^que donna Jean-Jacques Tri vulce, sous un magnifique pavillon auprès de son église paroissiale de Saint-Nazaire, où on voit encore aujourd'hiii son tombeau. Le banquet donné par Anl^iiehMarie Patiavicini fut encore plus splendide
(i) Giovanni Andréa Prato Storia di MilanOy i499.
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et parfailemeiit approprié aux goûts de Ix)uis XII ; il admira plus que personne le chant du fameux Diomède da Pc et les charmes de la belle Catelina di San Celso, qui parait avoir été l'une des merveilles de son temps (i). Enfin la troisième entrée, qui eut lieu en 1 609, surpassa les précédentes par le luxe et la pompe que les Milanais eux-mêmes voulurent y déployer ; il y eut quatre arcs de triomphe et un char tout resplendissant d'or sur lequel le roi refusa de monter. Et d'un autre côté quelle différence entre les lieutenants . qui gouvernèrent en son nom et les vice-rois Espagnols I Au maréchal Trivulce avait succédé le seigneur de Chaumont, sous qui Milan eut ses dernières années de bonheur et sentit à peine les inconvénients de la protection étrangère, et après lui venait Gaston de Foix (2), cette figure pâle, fière et mélancolique, qui, habituellement silencieuse, passait dans les rues modestement suivie d'un seul page, et dont le front était encore pur de la tache de sang qu'y mit le sac de Brescia ; et même
(1) La quale eccelleva troppo in cantarCj sonarey baliare, e nelle opère de ragione ingenlosissima, e di corpo formoiUsima. (Voir la chronique de Giov.-Andr. Pralo, dans VArchioio FiO' retUino,)
(2) Voici le curieux portrait qu'en a laissé Prato, patricien milanais contemporain : Era di médiocre staHrUy di volfo roUmdo eformatOy mapallido; (tanimo allô e elevalo, ma salumino e tdegno$Q^ eatqttanlo nclla hiasurîa versevole.,. Il più deêie volte da un solo paggletto era accompagnatfi.