‹ Léonard de Vinci PhysiologisteChapitre 28 sur 36 · COX · texte numérisé non relu

COX

La marche. — Tout le monde connaît aujourd’hui les beaux travaux de Marey sur les mouvements de la marche: la méthode graphique avec la chaussure exploratrice et la chronophotographie, lui en permirent l'analyse méticuleuse.

Léonard n’a pas fait les merveilleux graphiques de Marey montrant l’oscillation du membre inférieur de l’homme qui marche, mais-ses croquis, aussi exacts que bien dessinés, nous montrent une fois de plus ses qualités d’observateur. Par deux fois, dans son anatomie,

il nous enseigne quels muscles servent spécialement à

la marche, et il consacre à leur dissection une planche où l’on voit la contraction des gastro-cnémiens soulever le talon par le tendon d'Achille au premier temps de la marche, tandis que le pied ne touche plus le sol que par l'extrémité de ses orteils; c’est le moment où la flexion de la jambe va achever de détacher le membre du sol.

A ce moment, le corps oscille transversalement et verticalement pour rétablir le centre de gravité, car « toujours le centre de gravité de l’homme qui a sou-

ei 00 levé de terre l’un de ses pieds, reste sur le centre de la jambe qui reste à terre ». (Ibid. CCII).

(Nous avons vu que Léonard ne connaissait pas la nature des mouvements réflexes. Aussi ne Connut-il pas non plus l’action régulatrice. du système nerveux sur es mouvements de locomotion.) ù

«L'homme qui marche contre le vent, quand 1l est violent, ne garde pas la ligne qui passe par le centre de la pensanteur avec l'équilibre parfait qui se fait par la distribution égale du poids du corps autour du pied qui le soutien. « (Ibid. CCXCV).

Mêmes remarques sur l'équilibre de l’homme qui monte ou descend sur un sol à peine très accusée, qui marche avec un lourd fardeau.

«L'homme qui court jette moins son poids sur ses jam-

bes que celui qui se tient debout, de même un cheval qui court sent moins le poids de l’homme qu’il porte. Aussi beaucoup s’étonnent que dans sa course, le cheval peut ne s'appuyer que sur un pied. On peut en conclure que lorsque un corps lourd est en mouvement progressif, il est d’autant plus rapide que la ligne de son poids est moins perpendiculaire vers son centre de gravité, » (S. K. M. II. 14).

« Comment l’homme élancé arrête son élan en se rejetant en arrière et en faisant un mouvement contraire et d’une puissance égale à la force de son élan, l’une anhihilant l’autre. » (Cod. Atl. Fol. 181).

Voici maintenant la physiologie du saut :

; « La nature apprend d'elle-même sans aucun raisonne-

re | Rene

ment à ceux qui sautent que quand ils veulent s'élever, il faut qu'ils haussent le bras et les épaules avec impétuosité; ces parties suivant cet effort avec une grande partie du corps pour le soulever et le porter en haut jusqu’à ce que leur effort ait cessé. Cet effort est accompagné d’une prompte extension du corps, qui s’était tendu le long des reins en se courbant par le moyen des jointures des cuisses, des genoux et des pieds; le corps en s'étendant ainsi avec effort décrit une ligne oblique, c’est-à-dire inclinée en avant et tirant en haut; et ainsi le mouvement destiné à faire aller en avant, porte en avant le corps de celui qui saute, et le mouvement qui doit l’élever hausse le corps et lui fait former comme un grand arc qui est le mouvement qu'on fait en sautant, » (Tr. peint. CCLX.)

Puis c’est la physiologie de l’homme qui monte un

escalier.

« Autant: le degré que monte l’homme aura plus de hauteur, autant sa tête sera plus en avant que son pied supérieur. L'homme qui monte sur les escaliers donne autant de son poids er avant et de côté au pied le plus élevé, qu'il donne de contrépoids à la jambe plus basse, par quoi la fa-

tigue de cette jambe basse ne s'étend qu'à se mouvoir elle-.

même.

« La première chose que fait l’homme quand il monte par degré, il décharge la jambe qu’il veut élever de la pesanteur du buste, qui se posait sur cette jambe et outre cela, il charge la jambe opposée de tout le reste dela quantité de l’homme, ensemble avec l’autre jambe; ensuite il lève la jambe et il pose le pied sur ce gradin où il veut s'élever; cela fait, il rend au pied haut tout l’autre poid du buste et de la jambe et il appuie la mains sur la cuisse, et il pousse la tête en avant, et il fait le mouvement vers la pointe du pied supérieur, en soulevant avec prestesse le

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