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talon du pied inférieur et par cet élan il se fève en haut et en même temps il étend le bras qu'il appuyait sur le genou, laquelle extension du bras pousse le buste et la tête en haut et dresse ainsi l’échine inclinée. » (Anat. B. 21).
I1 faut lire aussi dans son Traité de la Peinture les explications que Léonard nous donne sur l'attitude du corps et les différents mouvements du corps dans l’action de lancer un javelot, de jeter une pierre, explications qui s’accompagnent de croquis démontrant par un simple coup d'œil que l’on peut préjuger du rendemnet de la force par l’attitude prise pour l’exécution de ces actes.
Son étude sur l’action de pousser ou de tirer (Tr. peint. CCXXXIV) est aussi à signaler. Elle s ’accompagne d’un merveïlleux dessin où notre peintre nous représente un grand nombre d'ouvriers nus occupés à soulever un canon, à l’aide d’un treuil; les uns tirent, les autres poussent, les autres retiennent des bras de leviers; l’ensemble de ces hommes, groupés par des efforts différents, est merveilleux, et l’exactitude physiologique en est saisissante.
Quiconque regarde les dessin du Vinci est immédiatement frappé par leur vérité physiologique, autant que par leur ferme netteté.
Pour Michel-Ange, pur anatomiste, ce qui importe le plus, c’est la science du muscle; pour Léonard, physiolo-
wgiste avant tout, c'est la science du mouvement; nous sur-
prenons ici la différence de leur art et aussi peut-être le secret de leur inimitié. Tandis que le sculpteur du Moïse
RE Riye, ju , à saura provoquer en « musclant » une admirable impression de force et de majesté, alors que ses imitateurs ne pourront faire que des écorchés raides et difformes « des
sacs de noix », disait le Vinci, le peintre de ia Joconde
excellera à nous donner une intense sensation de vie par la parfaite adaptation du geste à la pensée.
Grâce à l’étude de la physiologie, dit M. Séailles, le
Vinci eut au plus haut point la puissance de créer, de donner la vie. Si vous voulez savoir tout ce que l’exécution savante de l’impeccable ouvrier cache de verve et d’émotion, regardez ses croquis. Résumé en quelques traits, le corps est une machine agissante, d'un ressort extraordinaire. Les croquis des chevaux et des soldats combattants, pour la bataille d’Anghiari, font, des hommes et des bêtes, des armes vivantes, chargées de passion et de furie. Quand
les bras, au-dessus des épaules, se lèvent pour frapper, la .
tête, la poitrine, les reins, les jambes, tout frappe; tout l'être est lancé dans un même élan au même but. Chaque fois que, dans les manuscrits, d’une indication sommaire il dessine des hommes en action, il ne laisse, pour ainsi dire, du corps, que l'esprit qui l’anime, de la forme que L mouvement qui la tranfigure. » (1).
(4) Verdier in Œsculape.
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