‹ Léonard drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 23 sur 95 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

TKTE NOHIE. I ÉONARD.

TÊTE- NOIRE, à Léouard qui s'appuie sur lui.

Courage... nous y sommes... nous v’Ià arrivés... cesl ici... (Lui désignant une pierre.) Tiens... assieds-toi...

LÉONARD, se laissant tomber sur nnc pierre.

Il éiait temps... je n'aurais pas pu aller plus loin... (Portant la main à l'épaule blessée.) Alt ! ITturrible douteurl...

TÊTE NOIRE

La marche et le froUemenl ont enllamniô la plaie... ne l’effraie pas... cela ne sera rien... une compresse d’eau fraîche... el, demain malin, ii n'y paraîtra plus. . (Écaiiam la chemise de Léonard, et examinant sa blessure.) N'y a pas grand mal... va... une

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petite déchirure je vais l’arranger en... (Déchirant son mouchoir en hâude.) Là... maintenant... derrière ces pierres, il y a uii petit filet d'eau... (Y allant et trempant le mouchoir, revenant à Léonard, c|u’il panse.) — Eh bien! ça va-t-il mieux, hein?... remue-toi donc... que diable... ou bien repose-toi... et prends patience... au petit jour, nous partirons.. .

LÊONABD.

Pour être arrêtés, peut-être ! ' •

TÊTE -NOIRE

Allons donc personne ne nous reconnaîtra, ceci est mon affaire !... Le Sanglier est là!

J.ÉONARD, surpris.

Le Sanglier ?

TÊTE-NOIRE

Ah! c'est juste... lu ne sais pas, toi... — Le Sanglier est un de mes noms; j'en ai autant que de visages, et, moi seul... je connais le mien ! (D’un ton sombre.) Les serpents changent de peau...

LÉONARD

Fuir... toujours... sans cesse... mais ce n’est pas vivre cela... ïu m'avais promis autre chose. .

TÊTE-NOIRE, amèremenl.

Tu es trop pressé. . attends.

LÉONARD

Attendre ! quoi?... la prison !

TÊTE-NOIRE

De quoi le plains-tu? Tu es libre !

LÉONARD

Oui... mais poursuivi... traqué... saignant... forcé de me cacher, comme une hète fauve, au milieu de ces pierre.^... (Avec abaitemcni.) Ah 1 lu as raison... j’ai tort de me plaindre !

Tu t’effarouches pour un rien... A présent, n’y a plus moyen de reculer... l’es compromis... faut marcher...

LÉONARD, sombre.

Soit !

TÊTE-NOIRE

.A la bonne heure... voilà parler... C’est pas un reproche... mais l’as pas été commode à faire venir à moi... -- Je donne iiii coup de pied chez Larigole... c’est nécessaire... Toi, pendant ce emps-là... ne crains rien... dors, l’es chez toi... (Mouiraut le

TAWLKAU II 'M

pierrM.) Quand le jour paraîtra... je serai ici... Je te réveille... et nous rentrons dans Pans, en choisissant notre barrière... (Il diiparaîl an milieu des pierres.)

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